21 Mai 2021

Le Comité exécutif de l’AMA approuve un Document Technique sur la méthode innovante de dépistage à partir de gouttes de sang séché

  • Le Comité exécutif approuve également une nouvelle approche pour les sportifs dans des cas de contamination.
  • Le Groupe de travail sur les réformes de la gouvernance de l’AMA présente son premier rapport intermédiaire.
  • Les organes dirigeants de l’AMA ont aussi discuté de la COVID-19 et de son incidence sur l’antidopage.

Le Comité exécutif et le Conseil de fondation (Conseil) de l’Agence mondiale antidopage (AMA) se sont réunis virtuellement hier (20 mai) et aujourd’hui (21 mai), respectivement, pour discuter de divers sujets importants pour l’AMA et la lutte contre le dopage dans le sport, et pour prendre un certain nombre de décisions. Ces sujets ont notamment inclus des avancées scientifiques et juridiques dans les domaines du dépistage à partir de gouttes de sang séché et des contaminants, les réformes de la gouvernance de l’AMA en cours et la réponse de la communauté antidopage aux défis liés à la COVID-19.

Le Conseil, composé de 38 membres, est la plus haute instance décisionnelle de l’AMA. Il délègue la direction et la gestion pratique de l’Agence au Comité exécutif de 14 membres. En conséquence, le Comité exécutif prend des décisions de son propre chef et formule des recommandations au Conseil concernant la réalisation de certaines activités et l’administration des fonds.

Compte tenu de la nature virtuelle des réunions de cette semaine en raison des restrictions liées à la COVID-19, les décisions émanant de la réunion du Conseil, qui était ouverte aux médias et aux observateurs conformément aux Statuts de l’AMA, seront prises au moyen d’un vote par correspondance étalé sur deux semaines. Cela garantira l’intégrité du processus de vote et atténuera les difficultés qui pourraient surgir de la tenue d’une réunion virtuelle impliquant un groupe de participants aussi important. L’AMA communiquera publiquement les décisions du Conseil une fois qu’elles seront confirmées. Entretemps, les principales décisions prises par le Comité exécutif et discussions de ses membres et de ceux du Conseil sont présentées ci-après.

Tests de dépistage à partir de gouttes de sang séché

Le Comité exécutif a approuvé à l’unanimité un important Document Technique sur la méthode innovante de dépistage à partir de gouttes de sang séché. Ce document harmonise ce type de dépistage en fournissant aux organisations antidopage (OAD) et aux laboratoires accrédités par l’AMA des exigences et des procédures précises liées au prélèvement, au transport, à l’analyse et à la conservation des échantillons de sang séché.

L’AMA, en collaboration avec le Comité international olympique, l’Agence de contrôles internationale et les organisations nationales antidopage de l’Australie, de la Chine, du Japon, de la Suisse et des États-Unis, travaille depuis 2019 au développement de cette méthode de dépistage qui a le potentiel d’avoir impact positif important.

« L’AMA pense que l’analyse des gouttes de sang séché pourrait devenir un ajout très intéressant aux programmes de contrôle existants, a déclaré le président de l’AMA, Witold Bańka. Cette méthode peut être utilisée pour compléter les pratiques antidopage actuelles, en particulier pour faciliter l’analyse de composés instables et augmenter le nombre de sportifs pouvant être contrôlés dans des régions du monde les plus éloignées, d’où les échantillons de sang traditionnels sont difficiles à transporter. Ces avantages logistiques et financiers du dépistage à partir de gouttes de sang séché devraient permettre aux autorités de contrôle de cibler davantage de sportifs et de prélever plus d’échantillons. »

« L’AMA a coordonné cette collaboration entre les organisations antidopage pour relever les défis techniques et adapter les règles antidopage afin de permettre la mise au point de tests de dépistage à partir de gouttes de sang, a ajouté le Dr Olivier Rabin, directeur exécutif senior, Science et partenariats internationaux de l’AMA. Ce partenariat s’appuie sur les recherches menées par plusieurs organisations antidopage et laboratoires dans le monde, que je tiens à remercier. L’approbation de ce Document Technique est une étape importante vers l’harmonisation de la pratique de dépistage à partir de gouttes de sang dans la lutte contre le dopage. Nous avons l’intention de tester certains éléments de dépistage lors des Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo, cette année, avant de les mettre en place de manière systématique lors des Jeux de Pékin au début de l’année prochaine. »

Les avantages des tests de dépistage à partir de gouttes de sang séché incluent notamment :

  • La simplification du prélèvement d’échantillon (par ex., piqûre au doigt ou dans le haut du bras);
  • Une technique moins invasive que les méthodes actuelles de prélèvement d’échantillons d’urine ou de sang, ce qui contribue à améliorer l’expérience des sportifs;
  • Un très petit volume de sang nécessaire pour le test;
  • Un prélèvement et un transport des échantillons moins chers;
  • Moins d’espace nécessaire pour conserver les échantillons; et
  • Des avantages potentiels quant à la stabilité des échantillons.

Le Document Technique entrera en vigueur le 1er septembre 2021, et l’AMA aidera les OAD et les laboratoires accrédités par l’Agence à mettre en œuvre cette méthode progressivement pour s’assurer qu’elle sera utilisée couramment à compter des Jeux de Pékin 2022.

Les Documents Techniques sont des documents obligatoires qui complètent certains Standards internationaux de l’AMA en fournissant des recommandations techniques précises aux OAD et aux laboratoires accrédités par l’Agence.

Niveaux minimaux de rendu pour les contaminants

Dans le cadre d’une autre avancée rendue possible grâce à la recherche scientifique, le Comité exécutif a approuvé à l’unanimité les recommandations du Groupe de travail sur les contaminants de l’AMA relatives à l’approbation de niveaux minimaux de rendu pour les diurétiques et les stimulateurs de croissance, alors que la communauté antidopage continue de faire face à la question complexe de la contamination par des substances figurant dans la Liste des interdictions de l’AMA, notamment en ce qui concerne la viande et les médicaments. Le Comité exécutif a également approuvé deux Lettres Techniques associées, qui entreront en vigueur le 1er juin 2021 et permettront aux laboratoires accrédités par l’AMA d’adapter les niveaux de certains diurétiques et stéroïdes anabolisants/stimulateurs de croissance devant être signalés comme résultats d’analyse anormaux à l’avenir.

Ce groupe de travail, qui comprend des experts internationaux dans les domaines pertinents de la science et du droit, a été créé en 2019 à la suite des travaux qui ont conduit l’AMA à fournir des directives sur la gestion des cas de clenbutérol, afin d’évaluer les risques de présence de contaminants dans des denrées alimentaires naturelles et non transformées, en particulier la viande, dans certaines régions du monde. Il a été demandé au groupe d’évaluer le risque associé à des médicaments légitimes sur la base de cas réels (par ex., des diurétiques dans des médicaments contre la douleur), puis de recommander des niveaux minimaux de rendu en deçà desquels les concentrations des contaminants pourraient ne pas être signalées systématiquement comme des résultats d’analyse anormaux par les laboratoires. « Le dopage involontaire dû à une contamination de la viande ou des médicaments est une question très complexe, a commenté le Dr Rabin, surtout à la lumière des niveaux de sensibilité toujours plus élevés en matière de détection des substances interdites par les laboratoires accrédités par l’AMA. L’équité pour les sportifs est l’une des pierres angulaires du Code mondial antidopage et il est normal qu’à mesure que progresse la science, nous fassions tout en notre pouvoir pour déterminer qui doit répondre à des accusations et qui n’est véritablement pas responsable d’une situation. Les seuils minimaux de rendu des contaminants permettront à la communauté antidopage d’atteindre cet équilibre plus efficacement, ce qui ne peut être que bénéfique pour les sportifs. »

En ligne avec cette décision, le Comité exécutif a également approuvé deux Lettres Techniques, TL23 et TL24, qui traitent de la question des contaminants potentiels dans la viande et les produits pharmaceutiques, respectivement. Ces lettres sont directement liées au Standard international pour les laboratoires et sont classées comme des documents obligatoires.

Le groupe de travail va maintenant continuer son mandat en étudiant un certain nombre d’autres substances.

Réformes de la gouvernance de l’AMA

Le Comité exécutif et le Conseil ont reçu le premier rapport intermédiaire du Groupe de travail sur la révision des réformes de la gouvernance de l’AMA, incluant les contributions reçues dans le cadre de la première phase de consultation. Ce groupe de travail a été mis sur pied en novembre 2020 pour évaluer l’impact des réformes de la gouvernance de l’AMA approuvées en 2018, consulter les différentes parties prenantes et proposer d’autres réformes appropriées. Ce groupe de sept personnes, composé d’experts en gouvernance, comprend deux sportifs et un président indépendant.

Les membres ont exprimé leur satisfaction concernant le travail réalisé jusqu’à présent par groupe et ont fourni diverses directives à son président, le professeur Ulrich Haas, pour la deuxième partie du travail, qui comprendra la poursuite de la consultation et l’élaboration de recommandations à des fins de discussion et potentiellement d’approbation par le Comité exécutif et le Conseil lors de leurs réunions de novembre 2021. Suite à une recommandation du groupe de travail, le Comité exécutif a également accepté de reporter sa décision sur la question de l’établissement d’un code d’éthique et de la formation d’un comité d’éthique indépendant, ou d’une structure similaire, afin d’intégrer cette discussion dans le cadre du travail en cours coordonné par le groupe de travail.

« L’AMA est convaincue qu’un modèle de gouvernance moderne et robuste est essentiel et adhère pleinement à ce processus de réforme pour s’assurer que sa gouvernance évolue au même rythme que sa mission globale en faveur du sport sans dopage, a indiqué Witold Bańka, le président de l’AMA. Nous continuons d’accorder une attention particulière au renforcement de notre modèle de gouvernance et de notre indépendance, tout en veillant à ce que les sportifs restent au premier plan de tout ce que fait l’Agence. D’importants progrès ont déjà été réalisés dans ce domaine, et j’ai hâte que le Comité exécutif et le Conseil reçoivent des recommandations plus détaillées du groupe de travail dans les mois à venir. Je remercie les membres de ce groupe pour leur rapport intermédiaire et toutes les personnes qui ont participé à la première phase de consultation. Nous continuerons de collaborer avec tous nos partenaires pour nous assurer que le modèle de gouvernance de l’AMA continue d’évoluer selon les meilleures pratiques. »

Impact de la COVID-19

Le Comité exécutif et le Conseil ont été informés de l’impact de la pandémie de COVID-19 sur les activités antidopage et celles de l’AMA en vue des Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo.

« La communauté antidopage a répondu de manière convaincante aux défis de la COVID-19 en s’assurant d’un retour à la normale aussi rapide et sécuritaire que possible, a déclaré le directeur général de l’AMA, Olivier Niggli. À l’heure actuelle, le niveau des contrôles hors compétition est supérieur à celui enregistré à pareille date en 2019. L’AMA suit de près l’évolution des contrôles antidopage dans le contexte de la pandémie et continue de fournir régulièrement des conseils aux organisations antidopage et aux sportifs.

« Les contrôles sont importants mais à l’approche des Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo et de ceux de Pékin en 2022, la communauté antidopage utilise aussi d’autres outils à sa disposition, tels que le Passeport biologique de l’athlète, la conservation à long terme d’échantillons, le renseignement et les enquêtes, sans oublier l’éducation, qui vise à prévenir le dopage. »

Le Comité exécutif et le Conseil ont noté que l’Agence encourageait les organisations antidopage du monde entier à utiliser tous les outils à leur disposition et à gérer leurs programmes antidopage du mieux qu’elles le pouvaient dans la perspective des Jeux de Tokyo. L’AMA appuie également le travail du groupe responsable des contrôles pré-Jeux, coordonné par l’Agence de contrôles internationale. L’objectif de ce groupe est de veiller à ce que tous les sportifs qui participent aux Jeux fassent l’objet des contrôles appropriés en amont de l’événement. De plus, l’Agence veille à ce que le laboratoire accrédité par l’AMA à Tokyo soit prêt pour le défi qui l’attend et a mis sur pied des équipes d’observateurs indépendants qui seront présentes à Tokyo pour superviser les activités antidopage et contribuer à faire en sorte qu’elles soient aussi efficaces que possible.

Malheureusement, le Programme de sensibilisation de l’AMA, qui vise à mobiliser et sensibiliser les sportifs durant les Jeux, ne pourra être offert à Tokyo en raison des restrictions liées à la COVID-19.

Russie

Les membres ont reçu des mises à jour sur le travail considérable que l’AMA mène encore à l’égard de la Russie. Ceci comprend notamment la supervision de l’application par tous les signataires du Code mondial antidopage de la décision rendue en décembre 2020 par le Tribunal arbitral du sport concernant la non-conformité de l’Agence russe antidopage, ainsi que le suivi des cas de dopage identifiés dans le cadre de l’Opération LIMS de l’Agence en lien avec les données et les échantillons de contrôle du dopage récupérés par l’AMA dans l’ancien laboratoire de Moscou.

L’AMA continue d’apporter son soutien, s’il y a lieu, aux fédérations sportives internationales (FI) pour faire avancer des cas susceptibles de mener à l’identification de violations des règles antidopage, de superviser les décisions des FI dans les dossiers de preuve qui leur ont été transmis par l’AMA, et de faire appel de décisions quand l’Agence considère qu’elles ne sont pas conformes au Code mondial antidopage. En amont des Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo, le département des affaires juridiques et le département indépendant Renseignement et enquêtes de l’AMA accordent notamment une attention particulière aux sportifs et aux membres de leur personnel d’encadrement identifiés dans le cadre de l’Opération LIMS qui pourraient participer aux Jeux, afin d’éviter que ce ne soit le cas.

Comités permanents

Le Comité exécutif et le Conseil ont reçu des rapports des cinq comités permanents de l’AMA, à savoir le Comité des sportifs, le Comité de révision de la conformité, le Comité Éducation, le Comité Finance et administration, et le Comité Santé, médecine et recherche.

Le président du Comité des sportifs, Ben Sandford, a notamment fait le point sur les avancées réalisées dans le développement du concept d’un ombudsman antidopage pour les sportifs et sur les travaux menés par le sous-groupe du Comité des sportifs chargé de développer des modèles de représentation des sportifs au sein du Comité et de faire des propositions pour renforcer la représentation des sportifs au sein de l’AMA. Le président du Comité des sportifs a également souligné les efforts déployés par son Comité pour sensibiliser et mobiliser les sportifs, notamment en leur proposant des webinaires tels que celui intitulé « Mise à jour sur la COVID-19 et le sport propre en 2021 », qui a récemment attiré plus de 1 000 sportifs et autres acteurs intéressés.

Autres décisions

En outre, le Comité exécutif :

  • a approuvé les recommandations du Comité Éducation de l’AMA concernant l’octroi de 18 bourses de recherche en sciences sociales totalisant 474 480 $ US, dans le cadre du Programme de bourses de recherche en sciences sociales 2021. En ligne avec la stratégie de recherche en sciences sociales de l’Agence, le programme de bourses de cette année s’est efforcé d’identifier des projets favorisant l’investissement dans des régions traditionnellement sous-financées. Les projets approuvés viennent ainsi de 14 pays sur cinq continents, 72 % de ces projets ont été proposés par des chercheurs de pays à l’extérieur de l’Europe de l’Ouest et de l’Amérique du Nord. Les détails de ces projets approuvés seront publiés dès que possible dans la section Recherche en sciences sociales du site Web de l’AMA.
  • a approuvé, conformément à la Politique d’enquête de l’AMA, le renouvellement de la nomination de Jacques Antenen, chef de la Police cantonale vaudoise, en Suisse, pour un mandat de trois ans à titre de superviseur indépendant du département Renseignement et enquêtes de l’Agence.
  • a approuvé une série de modifications mineures apportées au Standard international pour la gestion des résultats (SIGR) afin de l’harmoniser avec divers Documents Techniques et la dernière version du Standard international pour les laboratoires. La version révisée du SIGR sera publiée dans le prochains jours.

Prochaines réunions

La prochaine réunion du Comité exécutif aura lieu le 15 septembre 2021 à Istanbul, en Turquie, si les restrictions le permettent, ou en mode virtuel. Les réunions suivantes du Comité exécutif et du Conseil sont prévues en novembre 2021.

Les décisions de la réunion d’aujourd’hui du Conseil seront annoncées une fois que la période de vote par correspondance de deux semaines sera écoulée. L’AMA publiera également prochainement des informations et des détails concernant les décisions prises par le Comité exécutif qui peuvent ne pas figurer dans ce communiqué.