1 Octobre 2019
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Les programmes d’éducation de l’AMA aident les sportifs qui veulent concourir dans un sport propre

L’Agence mondiale antidopage (AMA) est heureuse de présenter « Sous les projecteurs », un nouvel outil de communication qui vise à faire connaître les activités que mènent quotidiennement l’équipe de l’AMA et ses partenaires pour protéger l’intégrité du sport. Dans ce numéro, nous braquons les projecteurs sur le rôle prioritaire de l’éducation dans le contexte élargi de la lutte contre le dopage.

Aux termes du Code mondial antidopage (le Code), les programmes d’éducation sont conçus pour préserver l’esprit sportif en évitant qu’il ne soit perverti par l’usage intentionnel ou involontaire de substances et de méthodes interdites. C’est pourquoi le département Éducation de l’AMA appuie les sportifs qui veulent s’entraîner et concourir dans un contexte de sport propre. En bref, le département vise à accroître l’accès aux programmes d’éducation et d’information pour les sportifs et leur personnel d’encadrement dans le monde entier, et fournit du soutien, des conseils et des outils aux sportifs et aux partenaires pour les aider à créer et à mettre en œuvre des programmes d’éducation. L’éducation sur le sport propre :

  • repose sur le principe fondamental que les sportifs amorcent leur carrière en étant propres et que la plupart d’entre eux veulent le rester;
  • s’appuie sur la recherche en sciences sociales, qui nous aide à comprendre les complexités des comportements caractéristiques du dopage et à prendre des décisions éclairées;
  • est un élément de base de tout programme antidopage; et
  • sera renforcé à l’issue de la révision du Code mondial antidopage 2021, en particulier avec l’introduction d’un nouveau Standard international pour l’éducation.

L'équipe Éducation de l'AMA. De gauche à droite : Tony Cunningham, responsable principal; Amanda Hudson, directrice et Kangeun Lee, responsable.

Appel à davantage d’éducation axée sur la recherche 

Lors du Symposium annuel 2019 de l’AMA, qui a eu lieu en mars 2019 à Lausanne, en Suisse, les partenaires de la communauté antidopage ont été invités à choisir les priorités stratégiques qui, selon eux, auraient l’impact le plus positif sur le Programme mondial antidopage. La réponse numéro un a été d’« accroître l’éducation axée sur la recherche ».

Certains pourraient s’en étonner, vu la plus grande visibilité publique d’autres aspects du programme antidopage. L’attention du public, et de la communauté antidopage elle-même, a plutôt été tournée vers les tricheurs. Ce qui soulève la question suivante : que se passe-t-il lorsque pratiquement le seul discours sur la lutte antidopage concerne les sportifs qui ont été démasqués pour dopage plutôt que les sportifs propres?

Est-il temps de changer notre vision de la lutte contre le dopage? Devrions-nous nous concentrer davantage sur la protection du sport propre et de la majorité des sportifs, qui font de leur mieux pour naviguer dans le système antidopage et se plier aux règles?

« Le mouvement antidopage évolue, explique la nouvelle directrice de l’Éducation de l’AMA, Amanda Hudson. Il est en train de reconnaître que la majorité des partenaires impliqués dans le sport essaient d’agir correctement et qu’en tant que communauté antidopage, nous devons en faire plus pour les aider et les promouvoir. Nos efforts pour préserver l’esprit sportif d’entrée de jeu doivent être considérablement accrus. L’éducation joue un rôle fondamental à cet égard. Elle donne aux sportifs et à leur entourage l’occasion d’en apprendre davantage sur l’importance du sport propre et sur le rôle qu’ils jouent pour le préserver et le protéger. »

« Il est clair pour la plupart des gens que le dopage est de la triche, que les stéroïdes sont interdits et que les sportifs peuvent être contrôlés, mais ce qui n’est peut-être pas aussi limpide pour tous, c’est la complexité du système antidopage, en l’occurrence les dix types de violations des règles antidopage (qui dépassent de loin le simple échec à un contrôle d’urine), la réglementation nécessaire pour harmoniser la lutte contre le dopage dans le monde – pas seulement le Code, mais aussi la Convention internationale contre le dopage dans le sport de l’UNESCO – et le simple fait que de nombreuses substances sont interdites dans le sport, dont certaines se retrouvent dans une foule de médicaments en vente libre. L’AMA et ses partenaires doivent continuer d’aider les personnes liées par les règles antidopage à les comprendre, ainsi que leurs droits et leurs responsabilités. »

Trouver un équilibre entre dissuasion et protection

Le développement du Programme mondial antidopage est très positif. Qu’un programme antidopage harmonisé ait été mis en œuvre dans presque tous les pays et tous les sports du monde moins de 20 ans après la création de l’AMA est une réalisation phénoménale pour tout secteur ou toute discipline de la santé.

Pendant la majeure partie de cette période, le principe directeur a été la dissuasion et la détection, approche essentielle dans l’écosystème de la lutte contre le dopage. Toutefois, notre compréhension s’étant améliorée grâce à la recherche, nous reconnaissons que la dissuasion et la détection ne suffisent pas à elles seules. Tout comme dans le secteur des soins de santé, nous ne pouvons pas nous contenter de détecter les maladies et d’essayer de les traiter sans nous concentrer aussi sur la prévention, le développement précoce de comportements sains, la compréhension des facteurs rendant certaines personnes plus à risque, etc. Tous ces aspects sont essentiels pour protéger la santé. Ainsi, à l’instar des acteurs de la santé, la communauté antidopage continue d’accroître ses efforts de prévention dans un souci d’équilibre entre dissuasion/détection et préservation/protection. L’éducation et la promotion de comportements sportifs propres font partie intégrante du système.

Le Standard international pour l’éducation

Comprendre la complexité des comportements dopants et ce qui motive la décision du sportif est essentiel pour toutes les composantes du système antidopage. Une meilleure compréhension de la lutte contre le dopage chez les partenaires passe en grande partie par une éducation accrue, non seulement des sportifs, mais aussi des réseaux de soutien qui les entourent et surtout des personnes qui œuvrent au sein du système antidopage lui-même. Le 1er janvier 2021, un pas important sera fait vers une composante éducative renforcée dans le cadre du Code 2021, mais surtout grâce à l’introduction d’un nouveau Standard international pour l’éducation. Ce Standard permettra aux partenaires de déterminer quels membres de leur univers sportif bénéficieraient de programmes d’éducation, de planifier les façons de les approcher, de leur offrir des occasions d’éducation et de solliciter leurs commentaires sur les possibilités d’amélioration.

Ce nouveau Standard reconnaît que chaque organisation antidopage devra établir ses priorités, atteindre ses objectifs selon ses moyens et, dans certains cas, s’aider d’autres outils tels que le matériel éducatif de l’Agence. Sur sa plateforme d’apprentissage en ligne ADeL (« Anti-Doping e-Learning » en anglais), l’AMA offre des programmes d’éducation conçus pour les principaux publics cibles (sportifs, entraîneurs, professionnels de la santé, parents, etc.) ainsi que d’autres ressources pour les responsables de programmes antidopage et les étudiants universitaires. Cela signifie qu’au moment où nous entrons dans une nouvelle phase du Code, il devrait y avoir un engagement ferme à offrir des possibilités d’éducation à ceux qui en ont besoin, et très peu de raisons de ne pas le faire. « L’AMA investit dans sa plateforme ADeL et dans d’autres outils parce que nous croyons que les sportifs et leur entourage doivent avoir l’occasion d’en apprendre davantage sur le sport propre et de connaître les règles antidopage, explique Kangeun Lee, responsable Éducation à l’AMA. Nous sommes déterminés à aider nos partenaires à répondre au droit à l’éducation de tout sportif dans le cadre d’un programme antidopage équilibré. »

Ce que nous dit la recherche

Qu’est-ce que cela changera? Nous savons, grâce à un projet de recherche de l’Université de Leeds Beckett publié par l’AMA en 2016, qu’il existe une connaissance raisonnablement large de ce qu’est le dopage chez les parents, les entraîneurs  et le personnel médical – que l’on appelle collectivement le « personnel d’encadrement du sportif ».

Le rapport a également mis en lumière une minorité importante se déclarant susceptible d’encourager les sportifs à se doper « si elle était convaincue que cela les aiderait et n’aurait pas d’incidence négative sur leur santé ». Ce constat nous montre qu’il reste encore du chemin à parcourir avant que tous les acteurs du sport disposent des connaissances pertinentes et approfondies nécessaires pour prévenir le dopage intentionnel et non intentionnel, et que seul un effort planifié et ciblé peut changer la situation à long terme.

Tony Cunningham, responsable principal, Éducation, à l’AMA et chargé du programme de bourses de recherche en sciences sociales de l’Agence, est d’avis que pour réagir à cet état de fait, « une première étape importante est un simple changement de perspective plutôt que de paradigme. Il faut reconnaître que tout système de prévention doit avoir des moyens de détection et de dissuasion et qu’un principe de base doit aller dans le sens du soutien des sportifs qui souhaitent concourir dans un sport propre. Il est encourageant que le nouveau Code 2021 promeuve cette approche holistique de la prévention. Cela pourrait avoir un impact profond sur la façon dont l’antidopage et le sport propre sont perçus et, en retour, soutenir un environnement plus favorable à la réalisation des objectifs du sport propre. Nous savons grâce à la recherche que la majorité des sportifs – même ceux qui se dopent déjà – veulent concourir dans un contexte de sport propre. Nous voyons également des cas de dopage par inadvertance dans tout le système. Il est en grande partie possible de les prévenir si les sportifs et leur personnel d’encadrement sont éduqués et informés pour faire face aux risques quotidiens et si leur environnement nourrit et renforce un comportement sportif propre. »

« Nous devons chercher davantage à aider cette majorité de sportifs à s’entraîner et à participer à des compétitions propres, poursuit-il, en renforçant les valeurs fondamentales dès le début de leur expérience, puis en leur inculquant les comportements dont ils ont besoin pour participer en respectant les règles antidopage – le tout par le biais de l’éducation. Les sportifs commencent propres. Le manque de connaissances ne devrait pas être la raison pour laquelle leur carrière prend fin. En tant que communauté antidopage, nous devons travailler ensemble pour éduquer les sportifs, afin de les aider à se protéger et à protéger leur santé et l’intégrité du sport. »

Pour en apprendre davantage, nous vous invitons à visiter la section du site Web de l’AMA sur les activités d’éducation de l’Agence.