Passeport biologique de l'Athlète

  1. Qu'est-ce que le Passeport biologique de l'Athlète?
  2. Quels sont les modules du Passeport biologique de l’Athlète (PBA)?
  3. Quel est l’objectif du PBA?
  4. Que fait l’AMA pour développer le PBA?
  5. Le PBA remplace-t-il les méthodes classiques de contrôle du dopage?
  6. Y a-t-il des règles qui encadrent l’utilisation du PBA?
  7. Les organisations antidopage (OAD) sont-elles tenues d’utiliser les deux modules?
  8. L’OAD doit-elle d’abord mettre en place le module hématologique pour pouvoir utiliser le module stéroïdien?
  9. Et si la pratique d’un sport particulier n’exige pas d’endurance ou de force? L’OAD devrait-elle quand même mettre en place un module du Passeport?
  10. Qu’est-ce qu’une Unité de gestion du Passeport biologique de l’Athlète (UGPBA)?
  11. Les OAD devront-elles engager une UGPBA?
  12. Comment l’OAD doit-elle procéder pour choisir son UGPBA?
  13. Une liste des Unités de gestion du Passeport biologique de l'athlète (UGPBA) disponibles pour les modules hématologique et stéroïdien existe-t-elle?
  14. Les OAD devraient-elles avoir leur propre groupe d’experts?

1. Qu'est-ce que le Passeport biologique de l'Athlète? Haut

Le principe du Passeport biologique de l’Athlète (PBA) est basé sur le suivi au fil du temps de variables biologiques sélectionnées (biomarqueurs de dopage) qui révèlent indirectement les effets du dopage, par opposition à la détection directe traditionnelle du dopage au moyen d’analyses.

2. Quels sont les modules du Passeport biologique de l’Athlète (PBA)? Haut

Le PBA comprend actuellement deux modules :

  •   Le Module hématologique, introduit en décembre 2009, vise à détecter les méthodes d’amélioration du transport de l’oxygène, y compris le recours aux agents stimulants de l’érythropoïèse et toutes les formes de transfusion ou de manipulation sanguine.
  •   Le Module stéroïdien, qui sera introduit le 1er janvier 2014, vise à détecter les stéroïdes anabolisants androgènes endogènes (qui n’ont pas été produits par l’organisme du sportif) et les autres agents anabolisants, dont les modulateurs sélectifs des récepteurs des androgènes.

Le module hématologique évalue les variables liées à la manipulation sanguine par l’intermédiaire de l’analyse de l’échantillon de sang du sportif. Le module stéroïdien évalue les variables liées à la prise de stéroïdes anabolisants par l’intermédiaire de l’analyse de l’échantillon d’urine du sportif.

3. Quel est l’objectif du PBA? Haut

L’intégration du PBA dans le cadre élargi d’un programme antidopage efficace a deux objectifs :

1)   Identifier et cibler les sportifs devant se soumettre à des contrôles du dopage particuliers par une interprétation intelligente et opportune des données du Passeport.

  •   Le module hématologique prévoit entre autres des contrôles visant à détecter l’érythropoïétine recombinante (ÉPO) et les transfusions de sang homologue.
  •   Le module stéroïdien prévoit entre autres la spectrométrie de masse de rapport isotopique (SMRI) pour détecter les stéroïdes anabolisants exogènes endogènes qui n’ont pas été produits par l’organisme.

2)   Intervenir en cas de violations des règles antidopage (VRAD) conformément à l’article 2.2 du Code : Usage ou tentative d’usage par un sportif d’une substance interdite ou d’une méthode interdite du Code mondial antidopage (le Code).

4. Que fait l’AMA pour développer le PBA? Haut

En collaboration avec des experts et ses partenaires, l’AMA s’est engagée à développer le PBA. À l’heure actuelle, ils en sont à l’élaboration d’un module endocrinien visant à détecter l’abus de facteurs de croissance, dont l’hormone de croissance. L’objectif à long terme du PBA est l’établissement d’un spectre large de biomarqueurs du dopage. L’établissement du spectre sera fondé sur les récentes percées en chimie analytique et sur les connaissances acquises sur la biologie des systèmes grâce aux disciplines du champ des « omiques », dont la protéomique et la métabolomique.

5. Le PBA remplace-t-il les méthodes classiques de contrôle du dopage? Haut

Non. La lutte contre le dopage repose sur plusieurs stratégies comprenant le contrôle direct des sportifs, mais aussi des preuves réunies dans le contexte de violations des règles antidopage sans contrôle positif. En combinant ces stratégies, et en en développant d'autres pour répondre aux menaces émergentes, la lutte contre le dopage gagne en efficacité.

La méthode typique de contrôle du dopage, qui consiste à détecter les substances interdites ou leurs métabolites dans les échantillons du sportif, demeure efficace. Cependant, cette approche atteint ses limites lorsqu’un sportif fait l’usage de substances de façon intermittente ou à faibles doses. De plus, les nouvelles substances ou les substances interdites qui ont été modifiées (p. ex. les substances dont la structure a été modifiée) peuvent être difficiles à détecter à l’aide des méthodes analytiques classiques. Au cours des dernières années, les protocoles de dopage sont de plus en plus planifiés scientifiquement et ont su profiter des failles dans les protocoles traditionnels. Le PBA complète le processus de contrôle antidopage classique dans le but d’accroître la rentabilité des programmes antidopage.

6. Y a-t-il des règles qui encadrent l’utilisation du PBA? Haut

En vertu des Lignes directrices de l’AMA, le PBA doit être utilisé de façon constante et uniforme, mais ces directives n’imposent pas de règles administratives procédurales. Chaque organisation antidopage est libre de mettre en place les processus recommandés dans les Lignes directrices en tenant compte des ressources dont elle dispose et du contexte dans lequel elle exerce ses activités.

Quoi qu’il en soit, un ensemble de protocoles de collecte et d’analyse d’échantillons et de considérations juridiques doit être suivi pour garantir le respect des lois et la rigueur scientifique en plus de favoriser la reconnaissance mutuelle et le partage des données entre organisations. Ces protocoles sont décrits dans les annexes des Lignes directrices. Seuls les programmes qui sont parfaitement conformes à ces protocoles et dans le cadre desquels le système ADAMS est utilisé de façon rigoureuse peuvent être considérés comme des programmes officiels de PBA et non comme des programmes généraux de « profilage ».

7. Les organisations antidopage (OAD) sont-elles tenues d’utiliser les deux modules? Haut

Non. Une évaluation du risque physiologique associé aux sports et à leurs disciplines doit être réalisée pour déterminer le ou les modules qui pourraient être applicables.

Le module hématologique évalue les variables liées aux globules rouges. Puisque ces érythrocytes sont responsables de l’approvisionnement en oxygène des cellules, il est probable que l’on pratique la manipulation sanguine (p. ex. le recours aux agents stimulants  de l’érythropoïèse ou aux transfusions sanguines) dans les sports où l’endurance est un atout pour les sportifs. Toutefois, les avantages d’une amélioration de l’apport en oxygène s’étendent à des sports qui ne sont pas forcément des épreuves d’endurance, mais qui renferment néanmoins une importante composante aérobique. Dans le cas du module hématologique, les OAD doivent identifier les sportifs qui font partie du programme de PBA, car des analyses sanguines précises doivent être effectuées.

Le module stéroïdien concerne les stéroïdes anabolisants androgènes, qui peuvent être utilisés surtout par les athlètes pratiquant des sports exigeant de la force et de la puissance. Ces substances peuvent également accroître la production de globules rouges et influer sur la récupération. Conséquemment, les sportifs d’endurance peuvent aussi y avoir recours.

Les variables stéroïdiennes de tous les échantillons d’urine seront automatiquement analysées, ce qui signifie en somme que tout sportif ayant fait l’objet d’une analyse fait partie d’un programme de Passeport. Dès que l’on analyse plus d’un échantillon d’urine appartenant à un sportif, un profil longitudinal stéroïdien est créé dans ADAMS.

8. L’OAD doit-elle d’abord mettre en place le module hématologique pour pouvoir utiliser le module stéroïdien? Haut

Non. Les variables stéroïdiennes de tous les échantillons d’urine seront automatiquement analysées, et les résultats de ces analyses seront entrés dans ADAMS par le personnel des laboratoires accrédités par l’AMA. Cette procédure sera suivie même si un échantillon de sang a été prélevé en même temps que la collecte de l’échantillon d’urine et même si l’OAD a déjà mis en place le module hématologique.

9. Et si la pratique d’un sport particulier n’exige pas d’endurance ou de force? L’OAD devrait-elle quand même mettre en place un module du Passeport? Haut

Le module stéroïdien sera appliqué de façon systématique. Autrement dit, les contrôles urinaires courants feront partie du module stéroïdien. L’OAD peut décider que le module hématologique n’est pas essentiel à sa stratégie générale de lutte contre le dopage et qu’il ne doit donc pas être mis en place.

10. Qu’est-ce qu’une Unité de gestion du Passeport biologique de l’Athlète (UGPBA)? Haut

L’UGPBA est constituée de personnes désignées par l’OAD pour administrer le PBA. Cette unité, qui sera idéalement associée à un laboratoire accrédité par l’AMA, est responsable de la gestion administrative des passeports d’athlètes, de conseiller l’OAD sur des contrôles ciblés et intelligents, d’assurer la liaison avec le panel d’experts, de compiler et d’approuver le dossier de documentation relative au PBA et de déclarer les résultats d’analyse anormaux du Passeport.

11. Les OAD devront-elles engager une UGPBA? Haut

Il est possible que certaines OAD importantes aient une UGPBA à l’interne. Il est conseillé aux autres OAD d’établir une relation avec une UGPBA associée à un laboratoire accrédité par l’AMA. L’UGPBA peut ou non gérer à la fois le module hématologique et le module stéroïdien. Si l’OAD n’applique pas le module hématologique, l’UGPBA devra seulement être engagée pour gérer le module stéroïdien ou l’intégrer aux processus administratifs déjà en place.

Si, pour une raison quelconque, une OAD n’a pas encore fait appel à une UGPBA et qu’un résultat d’analyse atypique du Passeport est rapporté avec une SMRI négative, l’OAD responsable devra alors consulter le laboratoire ayant effectué l’analyse pour obtenir des conseils supplémentaires. (Pour obtenir un complément d’information, cliquez sur le lien « Questions-réponses : PBA – Module stéroïdien » dans le menu ci-contre.)

12. Comment l’OAD doit-elle procéder pour choisir son UGPBA? Haut

Il est conseillé aux OAD d’établir une relation avec une UGPBA associée à un laboratoire accrédité par l’AMA, puisque c’est auprès des UGPBA que les OAD accèdent le plus facilement à l’expertise requise pour interpréter les données. Il est possible que certaines OAD importantes possèdent le savoir-faire scientifique, analytique et médical nécessaire pour former leur propre UGPBA. Les OAD qui n’appliquent pas le module hématologique du PBA et qui s’occupent de sports où le risque de dopage aux stéroïdes anabolisants est très faible peuvent choisir de gérer les résultats d’analyse atypiques du Passeport au fur et à mesure qu’ils se présentent.

13. Une liste des Unités de gestion du Passeport biologique de l'athlète (UGPBA) disponibles pour les modules hématologique et stéroïdien existe-t-elle? Haut

14. Les OAD devraient-elles avoir leur propre groupe d’experts? Haut

Pas nécessairement. L’AMA encourage les OAD à engager des UGPBA qui se sont déjà associées à des experts. Cependant, les OAD peuvent décider de choisir leurs propres experts.