Liste des interdictions

  1. Quel est le statut des préparations dérivées des plaquettes (PRP)?
  2. La plasmaphérèse est-elle interdite?
  3. La thérapie laser intravasculaire est-elle interdite?
  4. Quel est le statut de la méthylhéxaneamine?
  5. Quel est le rapport entre l’essence de géranium et la méthylhéxaneamine (MHA)?
  6. Quel est le statut du clenbutérol?
  7. Qu’est-ce qu’une substance spécifiée?
  8. Quel est le statut du colostrum?
  9. Pourquoi faut-il prévoir un certain délai avant de déterminer le statut de certaines substances et de les inclure sur la Liste des interdictions?
  10. Mon contrôle antidopage sera-t-il positif si je consomme le glycérol que l’on retrouve dans les produits alimentaires et les articles cosmétiques ou si je l'utilise comme lubrifiant?
  11. Les facteurs de libération d’hormones sont-ils interdits en vertu de la section S2?
  12. La dialyse est-elle une méthode interdite?

1. Quel est le statut des préparations dérivées des plaquettes (PRP)? Haut

En dépit de la présence de certains facteurs de croissance, les PRP ont été retirées de la Liste puisque les études actuelles  ne démontrent pas de potentiel d’amélioration de la performance au-delà d’un effet thérapeutique.

Il est à noter que les facteurs de croissance individuels sont interdits lorsqu’ils sont administrés séparément sous forme de substances purifiées, tel que précisé dans la section S.2.

2. La plasmaphérèse est-elle interdite? Haut

Dans le cas de la plasmaphérèse, il faut tenir compte de deux aspects :

               a)    Pour le donneur, la plasmaphérèse est interdite en vertu de la section M1.1, car les érythrocytes (et autres composants sanguins) sont réintroduits dans le système circulatoire après la séparation du plasma.

               b)    Pour le receveur, la plasmaphérèse n'est pas interdite en vertu des sections M1.1 et M1.3, parce que cette méthode n'implique pas la ré-administration de sang total ou d'érythrocytes, mais uniquement celle du plasma. La plasmaphérèse est interdite en vertu de la section M2.2 si le receveur n'a pas reçu légitimement de transfusion dans le cadre d'une hospitalisation et si le volume excède 50 ml par période de six (6) heures.

3. La thérapie laser intravasculaire est-elle interdite? Haut

Oui. Cette méthode est interdite en vertu de la section M1.3 en tant que « Toute manipulation intravasculaire de sang ou de composant(s) sanguin(s) par des méthodes physiques ou chimiques. »

4. Quel est le statut de la méthylhéxaneamine? Haut

La méthylhéxaneamine (MHA), parfois présentée comme de la diméthylamylamine, reste interdite en compétition à titre de stimulant spécifié dans la section 6.b.

Cette substance fait partie de la catégorie des stimulants depuis 2004, année où l’AMA est devenue responsable de la Liste. Elle avait été classée à nouveau sur la Liste 2011 à titre de substance spécifiée.

La méthylhéxaneamine a été vendue comme médicament jusqu’au début des années 70. Elle possède des propriétés médicinales, mais, à la connaissance de l’AMA, n’a pas été vendue comme telle depuis.

5. Quel est le rapport entre l’essence de géranium et la méthylhéxaneamine (MHA)? Haut

De récentes études ont clairement démontré que l’essence de géranium naturelle ne contient pas de méthylhéxaneamine (MHA) et que son utilisation ne peut être considérée comme étant la source de MHA, ou de ses métabolites apparentés, dans un échantillon d’urine prélevé aux fins d’antidopage.

La méthylhéxaneamine (MHA) est une substance pharmacologique classée comme stimulant qui a été commercialisée jusqu’au début des années 70. Elle est réapparue il y a quelques années en vente libre sur certains marchés et en ligne comme composant de suppléments alimentaires.

La MHA est interdite en tant que stimulant dans la section S6.b de la Liste des substances et méthodes interdites 2013.

Les sportifs doivent être conscients que la MHA a été mise en vente sous plusieurs appellations, notamment essence de géranium.

6. Quel est le statut du clenbutérol? Haut

Le clenbutérol est une substance interdite en permanence qui ne comporte pas de niveau seuil.

À l’heure actuelle, et à la lumière des avis d’experts, l’AMA ne prévoit pas d'introduire de niveau seuil pour cette substance.

Il se peut que, dans certaines circonstances, la présence d’un faible niveau de clenbutérol dans l’échantillon d’un sportif puisse être le résultat d’une contamination alimentaire. Cependant, chaque cas est différent et tous les facteurs doivent être pris en compte selon le contexte.

En vertu du Code mondial antidopage, la gestion des résultats des cas prévoit qu’un sportif a la possibilité d’expliquer comment une substance interdite a pénétré dans son organisme.

L’AMA collabore étroitement avec les pays, les fédérations internationales et les organisations responsables de grandes manifestations sportives afin de réduire les risques de contamination en analysant la viande des restaurants et hôtels officiels. Cette responsabilité incombe aux gouvernements et non à l’AMA.

7. Qu’est-ce qu’une substance spécifiée? Haut

Une substance spécifiée est une substance qui permet, sous des conditions définies, de justifier une réduction plus importante d'une suspension de deux ans lorsque le contrôle du sportif quant à cette substance est positif.

Le but est de reconnaître qu'il est possible qu’une substance se retrouve dans le corps d'un sportif par inadvertance, ce qui accorde au tribunal une certaine souplesse pour déterminer la sanction.

Les substances spécifiées ne sont pas nécessairement des agents de moindre gravité à des fins de dopage que les autres substances interdites. Leur présence ne dégage pas le sportif du principe de la responsabilité objective qui signifie que chaque sportif est objectivement responsable des substances décelées dans son échantillon.

Cependant, il est plus vraisemblable que la présence de ces substances puisse s’expliquer par une cause crédible non liée au dopage, tel que spécifié dans l'article 10.4 du Code mondial antidopage.

Cette plus grande probabilité est écartée dans le cas de certaines substances comme les stéroïdes et les hormones de croissance humaine. C’est pourquoi ces dernières ne font pas partie de la catégorie des substances spécifiées.

8. Quel est le statut du colostrum? Haut

Le colostrum n’est pas interdit en soi. Cependant il renferme certaines quantités d’IGF-1 et d’autres facteurs de croissance interdits qui peuvent influencer les résultats des tests de dopage. Par conséquent, l’AMA ne recommande pas la prise de ce produit.

9. Pourquoi faut-il prévoir un certain délai avant de déterminer le statut de certaines substances et de les inclure sur la Liste des interdictions? Haut

La Liste des interdictions de l’AMA vise à inclure le plus de substances et de méthodes connues possibles répondant à deux des trois critères suivants :

  1. La substance ou la méthode contribue ou est susceptible de contribuer à l'amélioration de la performance sportive
  2. La substance ou la méthode présente un risque potentiel ou réel pour la santé du sportif
  3. L'usage de la substance ou le recours à la méthode est contraire à l'esprit sportif (défini dans le Code)

Sont également interdites, les substances ou les méthodes qui masquent les effets des substances interdites. En outre, une substance dont l’utilisation chez l’humain n’a pas été approuvée sera vraisemblablement considérée comme interdite

Les substances sont regroupées sous les catégories S. Celles-ci peuvent être :

      i.        Des catégories fermées, où toutes les substances interdites sont inscrites selon leur nom (par ex., S6 a - stimulants non spécifiés), S7 (narcotiques).

     ii.        Des catégories ouvertes avec exemples : ces catégories renferment une liste non exhaustive d’exemples représentant les substances les plus typiques du groupe, en fonction de leur structure chimique et/ou de leur mécanisme d’action (par ex., S2 – hormones peptidiques, facteurs de croissance et substances apparentées, S6.b - stimulants spécifiés). Les autres substances de cette catégorie sont incluses soit selon le nom de la famille du composé (par ex., corticotrophines), soit selon des descriptifs plus généraux tels que :

  1. « autres substances possédant une structure chimique similaire ou un (des) effet(s) biologiques similaires »
  2. « incluant sans s’y limiter »
  3. « tout autre facteur de croissance influençant... »

    iii.        Des catégories ouvertes sans exemples : ces catégories ne renferment pas de nom de substances en particulier, mais présentent une définition des substances appartenant à une classe pharmaceutique précise (par ex. S9 – glucocorticostéroïdes) ou répondant à un critère précis, par ex., S0 – catégorie qui se réfère aux substances dont l’utilisation à des fins thérapeutiques chez l’humain n’a pas été approuvée [1] .

En somme, si le statut de certaines substances est sans équivoque, notamment les substances classées selon leur nom, ce n’est pas nécessairement le cas pour les substances qui ne sont pas classées de la sorte sur la Liste. Ces substances doivent faire l’objet de recherches plus approfondies (par ex., structure chimique, effets pharmacologiques ou biologiques et utilisation à des fins thérapeutiques chez l’humain qui soit approuvée quelque part dans le monde). La validation de ces données peut prendre un certain temps, surtout dans le cas des substances non approuvées (par ex., les médicaments à façon, les médicaments en développement préclinique ou clinique) pour lesquelles peu de données scientifiques sont disponibles. Dans le cas de ces substances, l’AMA ne sera pas en mesure d’en déterminer immédiatement le statut. Il est dans le meilleur intérêt des sportifs de s’abstenir de prendre toute substance – ou de recourir à toute méthode – dont le statut est inconnu ou ambigu.

Ce processus rigoureux de cueillette et d’analyse d’informations sur les substances et les méthodes constitue le moyen optimal de gérer la Liste des interdictions. Cette dernière comprend des milliers de substances et de méthodes et a le potentiel d’en inclure des milliers d’autres qui n’ont pas encore retenu l’attention du Mouvement antidopage.

[1] La définition complète de la catégorie S0 est la suivante : Toute substance pharmacologique non incluse dans une section de la Liste ci-dessous et qui n’est pas actuellement approuvée pour une utilisation thérapeutique chez l’humain par une autorité gouvernementale réglementaire de la Santé (par ex. médicaments en développement préclinique ou clinique ou qui ne sont plus disponibles, médicaments à façon, substances approuvées seulement pour usage vétérinaire) est interdit en permanence.

10. Mon contrôle antidopage sera-t-il positif si je consomme le glycérol que l’on retrouve dans les produits alimentaires et les articles cosmétiques ou si je l'utilise comme lubrifiant? Haut

Le glycérol est interdit en tant que succédané de plasma. Pour qu’un contrôle soit positif, il faut ingérer des quantités largement supérieures à celle que l’on retrouve habituellement dans les produits alimentaires et les articles cosmétiques (par ex., aliments, boissons, produits d’hygiène personnelle, comprimés médicinaux, sirop contre la toux). L’interdiction ne vise pas à empêcher l’ingestion de cette substance dans des quantités normales retrouvées dans les produits alimentaires et les articles cosmétiques, puisque de telles petites quantités ne révéleront pas de résultat positif à cette substance interdite lors d’un contrôle antidopage.

De plus, les athlètes handicapés pourraient utiliser le glycérol comme agent lubrifiant pour un cathéter; cette utilisation ne posera toutefois pas problème lors d'un contrôle antidopage, pour les raisons évoquées ci-dessus.

11. Les facteurs de libération d’hormones sont-ils interdits en vertu de la section S2? Haut

Oui, les facteurs agissant sur la libération d'hormones peptidiques, facteurs de croissance et substances apparentées compris dans la section S2 sont interdits en tout temps. Ils comprennent des produits naturels et synthétiques.

Voici des exemples de facteurs de libération de l’hormone de croissance : les sécrétagogues peptidyl et non-peptidyl de synthèse comme l’hexaréline, l’alexamoréline, le GHRP-1, le GHRP-2 (pralmoréline), le GHRP-4, le GHRP-5, le GHRP-6, la ghréline et les mimétiques de la ghréline comme l’ipamoréline , l’anamoréline et la macimoréline ainsi que hormone de libération de l'hormone de croissance (GHRH) et les mimétiques de la GHRH comme la sermoréline, le CJC1295 et la tésamoréline.

Voici des exemples de facteurs de libération des gonadotrophines : la leuprolide, la buséréline, la nafaréline, l’histréline, la goséréline et la desloréline. Des exemples des facteurs de libération de la corticotrophine comprennent l’hormone de libération de la corticotrophine (corticolibérine) et l'acétate de corticoréline.

Cette liste n'est pas exhaustive et les athlètes doivent être conscients qu’il existe d'autres médicaments libérant des hormones peptidiques, des facteurs de croissance et des substances apparentées, qui sont visés par l'article S2 de la Liste des interdictions.

12. La dialyse est-elle une méthode interdite? Haut

Oui, l’hémodialyse est une méthode interdite en vertu de la section M1.1, puisque le sang est prélevé d’un patient (en circuit fermé) et ensuite réintroduit dans le système circulatoire. Un sportif devant subir un tel traitement doit obtenir une AUT.