24 Juillet 2016
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L'AMA reconnaît la décision du CIO sur la Russie et maintient son appui aux recommandations de son Comité exécutif

L’AMA appuiera les fédérations internationales de manière à assurer le meilleur dénouement possible pour les sportifs propres

L’Agence mondiale antidopage (AMA) a été informée aujourd’hui de la décision de la Commission exécutive du Comité international olympique (CIO) de demander aux fédérations internationales de s’occuper de la sélection des sportifs russes pour les Jeux de Rio 2016, et elle s’en tient aux recommandations de son Comité exécutif du 18 juillet. Le Comité exécutif de l’AMA avait recommandé que le CIO envisage, en vertu de sa charte, de refuser l’admission aux Jeux de Rio 2016 à tous les sportifs envoyés par le Comité olympique russe.

Le 18 juillet, l’Enquête indépendante McLaren de l’AMA a révélé que l’État russe était intervenu dans les procédures de contrôle du dopage. Le Rapport de cette enquête corrobore les allégations faites par Grigory Rodchenkov, ancien directeur du laboratoire de Moscou accrédité par l’AMA, à l’émission 60 Minutes, sur les ondes de CBS, et dans le New York Times, les 8 et 12 mai derniers.

« L’AMA est déçue, que le CIO n’ait pas tenu compte des recommandations du Comité exécutif de l’Agence, qui étaient fondées sur les conclusions de l’Enquête McLaren et auraient assuré une approche honnête, solide et harmonisée, a déclaré son président, Sir Craig Reedie,. Le Rapport McLaren a confirmé, hors de tout doute raisonnable, l’existence en Russie d’un programme de dopage dirigé par l’État qui compromet sérieusement les principes du sport propre contenus dans le Code mondial antidopage. » 

« L’AMA respecte entièrement le droit du CIO de prendre des décisions en vertu de la Charte olympique, a affirmé Olivier Niggli, directeur général de l’AMA, mais l’approche adoptée et les critères mis de l’avant conduiront inévitablement à un manque d’harmonisation, à d’éventuelles difficultés et à une moins grande protection des sportifs propres. »

Au sujet de Yulia Stepanova, M. Niggli a déclaré que : « L’AMA a énergiquement pris parti pour Mme Stepanova dans son désir de concourir comme sportive indépendante. Elle a joué un rôle déterminant dans le dévoilement du plus grand scandale de dopage de tous les temps. L’AMA est très préoccupée par le message que cette décision envoie aux lanceurs d’alerte pour l’avenir. »

Le CIO a demandé à plusieurs reprises à l’AMA de revoir le système antidopage et l’Agence est fermement déterminée à le renforcer au bénéfice de ses partenaires à l’échelle mondiale. Elle a d’ailleurs annoncé comme première mesure qu’elle réunira au mois de septembre un groupe de réflexion comprenant de nombreux partenaires, qui se penchera sur la lutte contre les pratiques de corruption dans les procédures antidopage, la mise en place de conséquences pour les cas de non-conformité et la révision de la structure de gouvernance de l’AMA; d’autres rencontres suivront. Il sera question en particulier des responsabilités, de la transparence et de l’indépendance de l’AMA, qui sont d’une importance primordiale et doivent être discutées par les gouvernements et le Mouvement sportif. L’AMA reste fermement résolue à protéger les sportifs propres en faisant preuve d’intégrité et dans les limites de ses pouvoirs d’enquête et de ses ressources financières.

L’AMA peut aussi confirmer que, depuis la publication du Rapport par M. McLaren le 18 juillet, elle a facilité la transmission de preuves de l’équipe de l’Enquête McLaren au Comité international paralympique, qui agit comme fédération internationale pour plusieurs sports paralympiques et détient l’autorité sur les Jeux paralympiques, ainsi qu’aux fédérations internationales de sports olympiques qui sont visées par le Rapport. L’Agence a notamment transmis aux fins de suivi, vu l’urgence du dossier, les noms de sportifs sous son autorité – ainsi que les détails pertinents – qui ont échappé aux sanctions grâce à la méthode de « dissimulation des résultats positifs » décrite dans le Rapport et qui sont susceptibles d’être inscrits aux compétitions des Jeux de Rio 2016.

Le 18 juillet, M. McLaren a confirmé les points suivants :

  1. il a rassemblé et passé en revue autant de preuves que possible dans le délai de 57 jours qui lui avait été imparti pour produire son rapport;
  2. son rapport est partiel;
  3. compte tenu de son mandat, d’autres preuves devraient être examinées pour identifier les sportifs susceptibles d’avoir profité des manœuvres visant à dissimuler les résultats positifs des contrôles de dopage;
  4. il serait heureux de terminer son mandat.

L’AMA a le plaisir de confirmer la prolongation du mandat de M. McLaren pour qu’il puisse mener à terme le travail qu’il a entrepris. Elle veillera à donner suite à l’Enquête McLaren et à fournir aux organisations antidopage d’autres informations à mesure qu’elles seront mises à sa disposition dans le cadre de cette enquête.

L’Agence a noté la référence du CIO à une lettre datée du 23 juillet de la Fédération internationale de tir sportif (ISSF). Elle peut confirmer que le sujet a été abordé directement avec l’ISSF et qu’il n’y a aucune erreur ni divergence dans le Rapport McLaren quant aux échantillons cités. L’inclusion d’échantillons de tireurs dans le Rapport s’explique par la présence de trois échantillons dans la base de données McLaren, ce qui indique qu’ils faisaient partie du système dirigé par l’État, sans avoir bénéficié d’une protection visant à les dissimuler.