17 Mai 2016
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L'AMA s'engage pleinement à réaliser une enquête sur les allégations de Sotchi

L’Agence mondiale antidopage (AMA) annonce qu’elle examinera immédiatement les nouvelles allégations de dopage liées aux Jeux olympiques de Sotchi 2014, dévoilées dimanche à l’émission 60 Minutes sur les ondes de CBS. Ces allégations additionnelles de comportements répréhensibles de la part de sportifs russes et de membres de leur entourage lors des Jeux de Sotchi n’avaient jamais été mises au jour auparavant.

En se fondant sur des conversations enregistrées entre Vitaly Stepanov et l’ancien directeur du laboratoire de Moscou, Grigory Rodchenkov, on allègue dans le reportage que plusieurs sportifs russes étaient dopés à Sotchi, y compris quatre médaillés d’or qui auraient pris des stéroïdes. Dans l’émission, on suggère aussi que le service fédéral de sécurité (FSB) de Russie aurait perturbé le programme antidopage des Jeux. Certains agents du FSB auraient notamment agi comme agents de contrôle du dopage (ACD). L’AMA n’a pas encore été en mesure de vérifier ces allégations de façon indépendante, mais elle réalisera une enquête approfondie sans tarder. Il lui faudra notamment amorcer le processus visant à obtenir les conversations enregistrées dans lesquelles M. Rodchenkov tient les propos rapportés dans le reportage.

« L’AMA examinera immédiatement ces nouvelles allégations, déclare Sir Craig Reedie, président de l’AMA. Les propos tenus dans le cadre du reportage ont de quoi inquiéter, car on  apprend qu’il y aurait eu des tentatives de corrompre le processus antidopage lors des Jeux de Sotchi. Bien entendu, M. Rodchenkov a été interrogé l’année dernière par la Commission indépendante de l’AMA sur le dopage généralisé dans le sport en Russie, mais, malheureusement, il n’a pas transmis d’informations de cette nature sur les Jeux de Sotchi. Il est surprenant d’entendre ses réflexions maintenant, plusieurs mois après la fin des travaux de la Commission.»

« Au nom de l’AMA, affirme M. Reedie, j’aimerais revenir sur les déclarations des Stepanov, rapportées dans l’émission 60 Minutes et dans d’autres médias, selon lesquelles l’AMA aurait tardé à agir dans la période précédant la mise sur pied de notre Commission indépendante, en janvier 2015. Il ne fait aucun doute que c’est grâce aux informations et aux renseignements cruciaux fournis par les Stepanov que la Commission a pu être établie, et sans laquelle le dopage généralisé dans le sport en Russie n’aurait peut-être jamais été révélé au grand jour. Cela dit, ce qui a pu passer pour de l’inaction est attribuable au fait qu’avant l’entrée en vigueur du Code mondial antidopage révisé, le 1er janvier 2015, l’AMA n’avait pas l’autorité de mener ses propres enquêtes. À l’époque, l’Agence pouvait uniquement recueillir des informations et les transmettre aux intervenants habilités à enquêter, soit les autorités russes dans le cas qui nous concerne. L’AMA estime que si l’information des lanceurs d’alerte avait été transmise aux autorités russes, les mesures qui s’imposent n’auraient pas été prises. »