3 Mai 2021
Bookmark and Share

La recherche scientifique à l’AMA : Un élément clé des avancées de la lutte contre le dopage

Dans ce numéro de « Sous les projecteurs », qui fait le point sur les activités menées par l’Agence mondiale antidopage (AMA) et ses partenaires, nous examinons comment la recherche scientifique continue de jouer un rôle crucial dans la protection du sport propre. Vous pouvez consulter les numéros précédents de « Sous les projecteurs » sur le site Web de l’AMA.

On ne saurait trop insister sur l’importance de la science dans la protection de l’intégrité du sport. C’est pourquoi la recherche scientifique est au cœur de la mission de l’AMA. Pour continuer d’avancer dans la protection du sport sans dopage, il est essentiel que les connaissances scientifiques continuent d’évoluer, ce qui fait de la recherche un élément clé des progrès de la lutte contre le dopage.

Depuis 2001, l’AMA a aidé des chercheurs et chercheuses du monde entier à réaliser des percées dans la science antidopage. Les subventions de l’AMA pour la recherche scientifique sont primordiales, car elles permettent d’augmenter le nombre de recherches consacrées au développement et à l’amélioration des moyens de détection de substances et de méthodes interdites, mais aussi d’attirer des chercheurs ayant de nouvelles idées.

La recherche de pointe aide la communauté antidopage de différentes manières, en offrant des outils nécessaires à la protection du sport. Les objectifs de l’AMA dans ce domaine visent notamment à :

  • Améliorer les moyens actuels de détection;
  • Développer de nouveaux tests;
  • Détecter de nouvelles substances (directement ou indirectement par l’entremise de marqueurs);
  • Intégrer de nouvelles technologies au système; et
  • Prévoir les nouvelles tendances en matière de dopage.

« La recherche scientifique est la pierre angulaire de la lutte contre le dopage, note le Dr Olivier Rabin, directeur exécutif senior, Sciences et partenariats internationaux de l’AMA. C’est en comprenant le fonctionnement de certaines substances qui améliorent la performance, puis en développant des méthodes efficaces pour les détecter au moyen de contrôles et d’analyse d’échantillons, que nous pouvons notamment découvrir ceux qui trichent et décourager ceux qui pourraient être tentés de le faire. Il est absolument essentiel pour le système que nous suivions les développements les plus récents et, pour ce faire, que nous travaillions avec certains des scientifiques les plus brillants et les plus innovants du monde ».

 

 

Des percées majeures

Au cours des 20 ans de recherche financée par l’AMA, l’Agence a investi près de 83 millions de dollars américains dans plus de 500 projets, qui ont tous été utiles à l’AMA et à la communauté antidopage d’une manière ou d’une autre. Les percées réalisées grâce à ce financement comprennent notamment :

  • Le développement et l’amélioration constante de la détection de l’érythropoïétine (EPO), de l’hormone de croissance, du dopage génétique et de nombreuses autres substances et méthodes interdites (souvent avant qu’elles ne se retrouvent sur le marché);
  • L’établissement de la première Liste des substances et méthodes interdites complète, entrée en vigueur en 2004 et actualisée chaque année;
  • L’harmonisation et l’amélioration des capacités analytiques dans les laboratoires antidopage; et
  • Le développement d’innovations réjouissantes, telles que l’application du dépistage à partir de gouttes de sang séché et de l’intelligence artificielle dans le cadre de la lutte contre le dopage.

« En ligne avec le plan stratégique 2020-2024 de l’AMA, l’AMA veut effectuer des recherches qui ont un impact et des résultats importants pour mener à des changements durables dans la communauté antidopage, mais nous voulons également être davantage centrés sur les sportifs en rapprochant les résultats de recherche scientifique et médicale des préoccupations quotidiennes des sportifs, poursuit le Dr Rabin. L’un des moyens que nous comptons utiliser est l’intégration de technologies innovantes dans le cadre des procédures de prélèvement des échantillons, de la sécurisation des échantillons et du traitement des données associées à l’analyse des échantillons. Nos voulons aussi rendre les informations sur les substances interdites plus facilement accessibles et plus visibles aux sportifs et à leur entourage. »

« Il est encourageant de voir que le financement est de retour après quelques années où le budget de l’AMA en matière de recherche antidopage a été réorienté vers d’autres secteurs prioritaires de l’Agence. Je suis convaincu qu’avec un appui financier continu dans ce domaine, nous pourrons réaliser encore plus de progrès en collaboration avec nos partenaires et renforcer encore la protection du sport propre au bénéfice des sportifs. »

Le budget annuel de l’AMA provient à parts égales des gouvernements et du Comité international olympique (CIO). Certains investissements supplémentaires ont pu être effectués grâce à une initiative du CIO annoncée en novembre 2019, par laquelle le président du CIO s’est engagé à doubler toute contribution des gouvernements pour soutenir les activités de recherche ou d’enquête de l’Agence. Au total, l’initiative a permis de recueillir plus de 7 millions de dollars américains pour ces activités fondamentales, dont plus de 4,7 millions de dollars seront consacrés à la recherche.   

« L’AMA est très reconnaissante envers le CIO et les nombreux gouvernements qui ont répondu à son appel jusqu’à maintenant, ajoute le Dr Rabin. Nous encourageons les autres gouvernements à tirer parti de cette excellente occasion autant qu’ils peuvent le faire. »

Des collaborations fructueuses

Ce soutien financier accru donnera aux chercheurs financés par l’AMA davantage de latitude pour mettre en place des collaborations innovantes. « Notre recherche – comme bien des choses dans le monde de la science – se fait en collaboration, remarque la Dre Marcia MacDonald, directrice adjointe, Science et médecine de l’AMA. Nous reconnaissons la valeur des partenariats. Nous travaillons avec diverses organisations, telles que les Nations Unies (par l’entremise d’agences telles que l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, l’UNESCO et l’Organisation mondiale de la Santé), l’Union européenne, le Conseil de l’Europe, le ‘Partnership for Clean Competition’, l’Agence de contrôles internationale, des organisations antidopage, l’industrie pharmaceutique, des universités et d’autres organismes de recherche, ainsi que de nombreux gouvernements nationaux et régionaux dans le monde. »  

 

« Même lorsqu’il n’y a pas d’appel d’offres officiel, nous sommes toujours prêts à accueillir les scientifiques du monde entier qui veulent participer à ces recherches. Si quelqu’un a une idée qui pourrait avoir une application intéressante dans la lutte contre le dopage, nous l’invitons à nous le faire savoir. Nous voulons entendre ces personnes. »

En tant que scientifique dans le domaine de la biochimie et de la génétique, la Dre MacDonald estime que le secteur de la recherche antidopage est l’un des plus enrichissants qui soient. « L’une des choses qui me stimulent dans mon travail à l’AMA est la relative facilité de mise en application des résultats de recherche dans les pratiques antidopage. Outre cela, et la communauté très collaborative et inclusive des scientifiques antidopage, j’aime le fait que ce travail allie de nombreux sujets scientifiques avec la mise en place de politiques. Il y a tellement d’aspects du Code mondial antidopage et d’autres documents d’harmonisation qui sont liés à la science antidopage d’une façon ou d’une autre qu’il y a toujours un sujet stimulant sur lequel on peut travailler. »

L’une des fonctions essentielles de l’AMA est de repousser les limites des connaissances antidopage. C’est le Comité Santé, médecine et recherche (CSMR), présidé par le Norvégien Lars Engebretsen, qui supervise ce travail. Ce comité suit de près les développements scientifiques dans le sport pour protéger la pratique du sport sans dopage. À cette fin, le Comité Santé, médecine et recherche assure la supervision de divers groupes d’experts de l’AMA responsables de la Liste des substances, des autorisations d’usage à des fins thérapeutiques (AUT), des laboratoires et du dopage génétique et cellulaire. Ce Comité participe aussi à la sélection des projets de recherche scientifique subventionnés par l’AMA et surveille les tendances les plus récentes pour s’assurer que ces projets soient toujours pertinents.

Un appel à projets annuel

Chaque année, l’AMA fait la promotion et assure le financement de projets de recherche scientifique dans des domaines tels que l’optimisation des outils analytiques pour la détection des substances et méthodes dopantes, l’amélioration continue du Passeport biologique de l’athlète, les effets pharmacologiques de substances dopantes, ainsi que les effets des combinaisons de substances. Dans ce contexte, l’AMA accorde une priorité élevée aux projets ayant un impact immédiat et direct sur la lutte contre le dopage dans le sport. Plus précisément, les candidats sont invités à proposer des projets de recherche translationnelle qui vont au-delà de l’étape de découverte, et les projets proposés sont toujours encouragés à livrer des résultats concrets à la fin de la période de financement.   

Pour 2021, l’AMA a reçu 66 propositions de recherches, qui sont actuellement passées en revue par des examinateurs externes indépendants et un autre groupe d’experts. Le classement final et les recommandations seront établis par le Comité Santé, médecine et recherche et transmis au Comité exécutif de l’AMA.

 « Recevoir et évaluer ces demandes de subvention constitue l’un des temps forts de l’année, se réjouit le Dr Rabin. Nous recevons des projets intéressants proposés par des scientifiques doués et ambitieux, et nous réfléchissons à la manière dont ils pourraient cadrer avec notre vision globale du sport propre. C’est toujours inspirant et cela nous rappelle tous les ans qu’il y a de nombreuses personnes qui se soucient de la protection des sportifs et de l’intégrité du sport. Et c’est exactement la raison d’être de l’AMA.