16 Juillet 2021

Déclaration de l’AMA sur le documentaire de la chaîne de télévision allemande ARD

L'Agence mondiale antidopage (AMA) prend note du contenu du documentaire diffusé le 16 juillet 2021 par la chaîne de télévision allemande ARD. Ce documentaire fait un certain nombre d’allégations concernant la possibilité que des substances interdites passent à travers la peau d’un sportif par un processus de sabotage.

L'AMA comprend que certains sportifs peuvent être inquiets à la vue de ce documentaire. Cependant, cette possibilité de transmission est bien connue au sein de la communauté antidopage. Elle est considérée comme très rare compte tenu du petit nombre de cas concernés qui se sont produits dans le passé, et son potentiel est scientifiquement limité à un très petit nombre de substances interdites qui pourraient être absorbées par la peau dans le système d'une personne (par exemple, le stéroïde anabolisant clostébol).

L'AMA n’est pas au courant des détails de l'expérience réalisée dans le cadre du documentaire, notamment quant aux substances utilisées et aux niveaux détectés. L'Agence est en contact avec les réalisateurs du documentaire et leur demandera de bien vouloir partager toute preuve pertinente. En outre, l'AMA se réjouit de la publication d'un article revu par des pairs dans un journal scientifique, tel qu’annoncé par les auteurs de l'expérience dans le documentaire, afin que leurs résultats puissent être analysés. Grâce à ces informations, l'AMA sera en mesure d'évaluer si de nouvelles données ont été mises en lumière. L'AMA adapte en effet continuellement ses méthodes et processus au fur et à mesure que des preuves scientifiques sont révélées. Ceci se fait en particulier par l'ajustement des limites de décision pour certaines substances, comme le démontrent les récentes mesures prises par l'Agence en relation avec des cas de contamination potentielle liés à la viande et aux diurétiques.

Il est important de noter que la manipulation des échantillons de sportifs, telle qu’alléguée dans le documentaire, est un acte criminel. L'AMA a reçu l'autorité de mener des enquêtes dans le cadre de la version du Code mondial antidopage entrée en vigueur le 1er janvier 2015. Depuis lors, l'Agence, ainsi que d'autres organisations antidopage, collabore avec des organismes chargés de faire respecter la loi dans le monde pour s'assurer que les auteurs de crimes liés au dopage soient traduits en justice.

Le documentaire met également en évidence le principe important de la responsabilité objective au sein du système antidopage. Ce principe stipule qu’un sportif est responsable des substances trouvées dans son organisme après l'analyse de son échantillon (étape à laquelle le sportif a la possibilité de demander la confirmation des résultats de son premier échantillon par l'analyse d'un second échantillon). Le principe de la responsabilité objective inclus dans le Code mondial antidopage (le Code) est bien reçu et a été constamment confirmé dans les décisions des cours et des tribunaux antidopage, y compris le Tribunal arbitral du sport (TAS) et le Tribunal fédéral suisse. Le Code a également été rédigé en tenant compte des principes de proportionnalité et des droits de l'Homme.

Ce n'est pas parce qu'un sportif reçoit un contrôle positif qu'il est coupable d'une violation des règles antidopage ou qu'il recevra une suspension. Les organisations antidopage doivent être en mesure de démontrer qu'une violation des règles antidopage a eu lieu. Dans le cadre du principe de la responsabilité objective en matière de lutte contre le dopage, qui vise à garantir l'équité pour tous les sportifs, il existe une flexibilité pour le sportif, qui peut démontrer durant les différentes étapes de la procédure, y compris en première instance et en appel, qu'il n'était pas en faute. Dans les rares cas où un sportif pourrait avoir subi un sabotage, un mécanisme existe au cours de la phase gestion des résultats qui lui permet de fournir des explications contextuelles sur l'origine suspectée du cas. Ce point est clairement démontré dans le documentaire lui-même, puisque dans presque tous les cas de sabotage ou de contamination présumés qui sont cités, les sportifs ont été disculpés.

Les sportifs peuvent continuer d’avoir confiance dans le fait que le système conçu pour les protéger, qui a été bâti et a évolué grâce à la contribution de toutes les parties prenantes de la lutte contre le dopage dans le monde, continuera d’inclure de multiples mécanismes de sécurité et d’être ajusté au fil des progrès de la science.