6 Novembre 2019
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La Conférence mondiale se penche sur les règles au profit des sportifs

Aujourd’hui, la Conférence mondiale sur le dopage dans le sport de l’Agence mondiale antidopage (AMA) – qui a lieu du 5 au 7 novembre à Katowice, en Pologne –, a principalement abordé la question des Standards internationaux du programme mondial antidopage, qui seront soumis demain à l’approbation du Comité exécutif de l’AMA. Une séance a été consacrée à chacun des Standards durant la Conférence, et des experts étaient présents pour expliquer les technicalités propres à chacun, ainsi que l’impact positif qu’ils auront sur le sport propre.

L’ensemble complet de Standards, y compris les deux nouveaux sur la gestion des résultats et sur l’éducation, traitent notamment des contrôles et des enquêtes, des autorisations d’usage à des fins thérapeutiques, de la Liste des interdictions, des laboratoires, de la protection des données ainsi que de la conformité des signataires au Code mondial antidopage (le Code). Une fois approuvés, tous les Standards entreront en vigueur le 1er janvier 2021, à l’exception de la Liste qui est mise à jour annuellement.

En décembre 2017, l’AMA a lancé un processus de révision transparent comprenant trois phases de consultation distinctes sur le Code et deux phases sur les Standards internationaux. Depuis, les parties concernées ont eu de multiples occasions d’apporter leur contribution et de formuler des recommandations sur la manière de renforcer les règles antidopage mondiales.

Le nouveau Standard international sur la gestion des résultats vise à rendre les cas de dopage soupçonné plus harmonisés, équitables et efficaces, et leur règlement plus opportun, de sorte que les sportifs soient traités de la même façon sans égard à leur sport ou à leur pays, tandis que le Standard international sur l’éducation permettra aux signataires de déterminer quels membres de leur univers sportif bénéficieraient de programmes d’éducation, de planifier les façons de les approcher, de leur offrir des occasions d’éducation et de solliciter leurs commentaires sur les possibilités d’amélioration.

« De concert avec le Code, les Standards internationaux sous-tendent l’ensemble du programme mondial antidopage et ils ont prouvé au fil du temps leur grande efficacité, a déclaré le président de l’AMA, Sir Craig Reedie. Pour qu’ils demeurent robustes, ils doivent évoluer et s’adapter aux réalités changeantes. Dans le cadre du processus de consultation exhaustif qui nous a amenés jusqu’ici, nous avons reçu un grand nombre de commentaires et de contributions de la part de partenaires, ce qui a donné lieu à une réglementation plus serrée qui protégera encore mieux les sportifs et le sport propre. »

Durant l’après-midi, Beckie Scott et Ben Sandford, respectivement présidente et membre du Comité des sportifs de l’AMA, ont présenté la plus récente version de la Déclaration des droits antidopage des sportifs, précédemment appelée Charte antidopage des droits des sportifs. Le but de ce document est de veiller à ce que les droits des sportifs dans le cadre de la lutte antidopage soient clairement énoncés, accessibles et universellement applicables. Beckie Scott et Ben Sandford ont entretenu les participants à la Conférence de l’évolution de la Déclaration pendant les deux dernières années, expliqué en détail son contenu et répondu aux questions et aux commentaires soulevés par les participants. La Déclaration, ainsi que les Standards internationaux, seront étudiés demain par le Comité exécutif de l’AMA.

Autre fait saillant de la journée concernant les sportifs, une séance était axée sur le programme « Take the Podium » du Comité international olympique (CIO), un programme de réattribution des médailles lancé en 2018 à la recommandation de la Commission des athlètes du CIO. De nombreux sportifs se sont vu retirer la médaille qu’ils avaient reçue lors de Jeux olympiques ou d’autres grandes manifestations après que la réanalyse des échantillons de contrôle du dopage stockés par le CIO et d’autres organisations antidopage eut révélé la présence de substances ou de méthodes interdites, grâce à des méthodes de détection nouvelles ou améliorées. Le CIO a donc mis en œuvre un programme permettant aux sportifs qui se sont fait voler leurs médailles aux Jeux olympiques de profiter de leur moment de gloire et de reconnaissance.

Animée par Danka Bartekova, vice-présidente de la Commission des athlètes du CIO et membre du Comité des sportifs et du Comité exécutif de l’AMA, cette séance a mis l’accent sur la lanceuse de javelot britannique Goldie Sayers et la lanceuse de marteau polonaise Anita Wlodarczyk, qui ont rejoint Danka Bartekova sur la scène afin de raconter leur expérience aux représentants de la communauté antidopage réunie à Katowice.

« Les cas individuels comme ceux de Goldie et d’Anita sont une source d’inspiration, a déclaré Sir Craig Reedie. Cette Conférence vise surtout à discuter des règles, du Code et des Standards. Ces débats peuvent sembler un peu abstraits ou même ennuyeux, mais il faut se réjouir que ces règles aient permis d’étendre la période de prescription à dix ans et de procéder à des réanalyses, ce qui a eu une influence positive importante dans la vie des sportifs. C’est pour cela que nous sommes ici – pour les servir. Et cela envoie un message clair que nous n’arrêterons pas de réclamer justice pour ceux qui ont été victimes de la tricherie des autres et que nous nous tiendrons toujours aux côtés des sportifs qui font le choix de concourir dans un contexte de sport propre. »

Aux Jeux olympiques de Beijing 2008, Goldie Sayers n’a pas pu obtenir la médaille de bronze à cause d’un sportif dopé. Onze ans plus tard, elle a reçu la récompense qu’elle méritait des mains de Sir Craig Reedie, devant ses partisans, à l’occasion d’une manifestation internationale d’athlétisme à Londres.

Mme Sayers s’est exprimée comme suit : « Le sport m’a formée en tant que personne. Il m’a enseigné qu’on peut accomplir beaucoup plus de choses qu’on pense. Quand on m’a présenté la médaille à Londres, je me tenais derrière le podium et je me disais en moi-même ‘profite du moment, profite du moment’, puis je suis devenue très émotive. Bien sûr, ce n’est pas dans ces circonstances que je rêvais de recevoir ma médaille, mais c’est important que les sportifs obtiennent justice, peu importe le temps que ça prend.

« C’est un grand privilège d’exprimer le point de vue d’une sportive concernant le processus de réattribution des médailles et ce que cela signifie de voir justice enfin rendue. Le programme de réanalyse est un aspect important de la lutte contre le dopage, et je souhaite remercier toutes les personnes dévouées qui consacrent beaucoup d’efforts au sport propre et qui ont rendu ce dénouement possible. »

S’adressant directement au public, elle a ajouté ceci : « Parfois, dans le monde de l’antidopage, vous avez peut-être un peu l’impression que la lutte est vaine et que personne n’est reconnaissant. Mais les cas comme le mien montrent que cela en vaut la chandelle, et je sais que les sportifs accordent beaucoup de valeur au mouvement antidopage. Vous êtes tous très importants et nous avons besoin de vous. Continuez de vous battre comme vous le faites. »

Aux Jeux de Londres 2012, Anita Wlodarczyk est arrivée deuxième derrière un sportif qui a plus tard été disqualifié dans le cadre du programme de réanalyse du CIO. Il y a deux semaines, lors d’une cérémonie spéciale qui s’est tenue au Grand théâtre de Varsovie, elle a reçu sa médaille d’or des mains du président du CIO, Thomas Bach.

Mme Wlodarczyk a dit ceci : « À l’époque, en 2012, quand je suis arrivée deuxième aux Jeux olympiques de Londres, j’étais très heureuse, car mon plus grand rêve était de remporter une médaille olympique. Je me souviens de chaque détail de la cérémonie et j’étais très fière de gagner une médaille pour la Pologne. Mais cinq ans plus tard, j’apprends que le sportif qui est arrivé premier a été coincé pour dopage à la suite d’une réanalyse. Le CIO m’a informée de la décision officielle et m’a demandé où et quand je désirais recevoir la médaille d’or.

« C’était un moment euphorique, et j’étais très contente de recevoir la médaille ici, en Pologne, à l’occasion d’un gala spécial entourant le centenaire du Comité olympique polonais. Cela représentait beaucoup pour moi. Je suis ravie d’avoir maintenant deux médailles d’or à mon actif. Au bout du compte, ce sont les sportifs propres qui sont perdants quand d’autres sportifs prennent des substances dopantes. J’ai entendu parler de nouvelles méthodes de contrôle du dopage ici, à la Conférence mondiale, et je suis très heureuse que l’AMA aide à protéger les sportifs et cherche toujours des moyens d’améliorer le système. »

La Conférence mondiale est l’occasion pour les participants de faire le point sur l’évolution du sport propre et de prendre part à des discussions et des débats sur le programme mondial antidopage. Elle réunit plus de 1 500 représentants du Mouvement sportif, des autorités publiques et des organisations antidopage, ainsi que des sportifs, d’autres spécialistes de la lutte contre le dopage et des représentants des médias.