23 Mars 2018
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La conformité, le financement et la voix de l'athlète parmi les thèmes principaux du Symposium annuel de l'AMA

La conformité, le financement et la voix des sportifs ont figuré parmi les thèmes principaux du 14e Symposium annuel de l’Agence mondiale antidopage (AMA) qui s’est tenu cette semaine à Lausanne, en Suisse.

Le Symposium de l’AMA, qui est généralement considéré comme le rendez-vous le plus important du calendrier de la lutte contre le dopage, a rassemblé le nombre record de 900 délégués de la communauté mondiale antidopage pendant trois jours de présentations, d’entrevues, de discussions en groupe, d’ateliers pratiques et de séances de réseautage. Des représentants de sportifs, de fédérations internationales, de gouvernements, d’organisations nationales et régionales antidopage, d’organisateurs de grandes manifestations, de laboratoires accrédités par l’AMA et d’unités de gestion du Passeport de l’athlète, ainsi que plus de 50 médias et autres intervenants se sont réunis autour du thème «Forger l’avenir du sport propre».

Le discours d’ouverture de Sir Craig Reedie, président de l’AMA, intitulé « D’une période de turbulence à un avenir serein », a donné le ton à la semaine. M. Reedie a évoqué le scandale du dopage en Russie et les efforts déployés par l’AMA pour aider l’Agence antidopage de Russie (RUSADA) à redevenir conforme au Code mondial antidopage. Il a affirmé que les autorités russes doivent prendre des mesures concrètes pour progresser et a indiqué que le scandale russe avait mené à l’établissement de nouvelles priorités qui avaient déjà été réalisées au sein de l’Agence pour mieux réagir dans les situations de non-conformité au Code.

M. Reedie a notamment parlé du Standard international pour la conformité au Code des signataires (SICCS) qui entrera en vigueur le 1er avril, des activités élargies de renseignement et d’enquête, ainsi que du nouveau programme pour les lanceurs d’alerte, Brisez le silence! Il a ensuite signalé que les activités supplémentaires de l’AMA dans ces secteurs et d’autres domaines avaient poussé l’Agence à proposer au Conseil de fondation, en novembre 2017, des augmentations budgétaires pour les années 2018 à 2021 s’élevant à 8 %, 15 %, 15 % et 5 %, respectivement.

Voici ce qu’a déclaré M. Reedie : « L’ensemble du mouvement antidopage a besoin de développer ses activités pour avoir une influence réelle, et le modèle de financement de l’AMA décidera de notre capacité à le faire. Si on retardait la hausse du financement, cela signifierait que l’AMA ne pourrait pas atteindre le niveau nécessaire pour pouvoir affronter les défis et tirer parti des possibilités, dès maintenant et dans l’avenir. Avec le financement adéquat, le budget que nous proposons nous permettrait de poursuivre pleinement toutes les activités qu’on nous a demandé d’effectuer, et plus encore. Ensemble, nous allons changer la donne pour le sport propre et renforcer la confiance des sportifs et du public ».

Le directeur général de l’AMA, Olivier Niggli, a décrit aux délégués les priorités stratégiques de l’AMA qui, outre celles présentées par M. Reedie, comprenaient les points suivants : harmoniser les règles du Code par l’entremise de la révision du Code 2021 et de l’examen simultané des standards internationaux; augmenter les activités de recherche scientifique et sociale; améliorer l’éducation, notamment par l’entremise de la création d’un standard international pour l’éducation et l’information; améliorer les capacités des organisations antidopage (OAD); et effectuer la refonte continue du Système d’administration et de gestion antidopage (ADAMS).

Voici ce qu’a affirmé M. Niggli : « Toute la communauté antidopage doit disposer des ressources nécessaires pour accomplir son importante mission. Je suis convaincu qu’une communauté antidopage solide et unie, au sein de laquelle chacun joue son rôle de manière efficace, permettra d’augmenter la confiance dans le système. Ensemble, nous pouvons réussir à nous assurer que le sport propre prédomine ».

La vice-présidente de l’AMA, Linda Helleland, a fait écho aux paroles de M. Reedie pour ce qui est du financement et a réitéré le fait que l’AMA doit être solide et indépendante, tout en réaffirmant sa détermination à s’assurer que les sportifs restent au cœur des préoccupations de la communauté antidopage.

Les sportifs eux-mêmes étaient bien représentés pendant le Symposium. En particulier, la présence de membres du Comité des sportifs de l’AMA et de présidents des commissions des athlètes des fédérations internationales a renforcé l’importance du rôle actif des sportifs dans les initiatives relatives au sport propre. Les membres du Comité des sportifs de l’AMA, Beckie Scott (présidente) et Ben Sandford, ont fait le point sur les progrès de la Charte antidopage des droits des athlètes, dont ils espèrent l’inclusion dans le Code 2021.

Mme Scott a également fait savoir aux délégués que l’AMA tiendra son tout premier Forum mondial des athlètes du 3 au 5 juin, à Calgary, au Canada, ce qui donnera l’occasion aux sportifs de contribuer activement à définir l’avenir du sport propre.

L’un des éléments importants de la première journée du Symposium a été le groupe de discussion sur la reconstruction de la structure antidopage en Russie, qui comprenait des représentants de RUSADA et l’un de ses experts indépendants, ainsi que le Comité international olympique, l’Agence antidopage du Royaume-Uni et l’AMA. Le groupe a mis l’accent sur les progrès réalisés jusqu’à maintenant par RUSADA et sur le travail qu’il reste à faire pour qu’elle atteigne son objectif final de se joindre à nouveau à la communauté antidopage internationale d’une façon crédible et durable qui rétablirait la confiance en l’intégrité du sport russe. En novembre 2017, le Conseil de fondation de l’AMA a maintenu la situation de non-conformité de RUSADA jusqu’au moment où la Russie répondra aux deux critères restants de la Feuille de route vers la conformité au Code de RUSADA.

Le premier jour également, les participants ont entendu le président du Comité indépendant de révision de la conformité de l’AMA, Jonathan Taylor, décrire les réalisations importantes du Programme de supervision de la conformité au Code et, en particulier, le SICCS, qui officialisera les façons dont l’AMA aide les signataires à être conformes au Code, à le rester ou à le redevenir, le cas échéant. Le SICCS précise également les sanctions calibrées, prévisibles et proportionnées qui peuvent être imposées en cas de non-conformité au Code par les signataires, ainsi qu’un processus pour déterminer la non-conformité et les conséquences.

Valérie Fourneyron a ensuite fait le point sur la nouvelle Agence internationale de contrôles, dont elle est la présidente.

La deuxième journée a commencé par une discussion de groupe sur le besoin d’investissements accrus dans la lutte antidopage pour protéger le sport propre. Cela a été suivi d’une séance sur le programme Brisez le silence!, qui a vraiment su inspirer confiance aux partenaires au cours de ses douze premiers mois d’existence : 209 rapports ont été soumis en 2017.

L’AMA a ensuite fait le point sur la protection de l’intégrité du processus de contrôle du dopage qui passe par un approvisionnement durable en flacons de sécurité, dans la foulée de la décision prise ce mois-ci par le fabricant de flacons Berlinger Special AG de se retirer des activités liées au contrôle du dopage après avoir connu des problèmes d’intégrité touchant certains de ses flacons.

Des séances interactives ont eu lieu les jours suivants, qui portaient notamment sur la collaboration accrue par l’entremise de la plateforme d’éducation en ligne de l’AMA (ADeL) et l’optimisation d’ADAMS visant à assurer des performances élevées, la facilité d’utilisation et l’assurance de la protection des données. De plus, des ateliers pratiques ont été présentés sur presque tous les sujets liés à la lutte contre le dopage.