3 Janvier 2017
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Message du Nouvel An aux partenaires de la part du président et du directeur général de l’AMA

Bâtir une communauté du sport propre adaptée pour l’avenir

Chers collègues,

Au nom de l’Agence mondiale antidopage (AMA), nous vous souhaitons, à vous et à vos proches, santé, bonheur et succès pour la nouvelle année.

C’est avec énergie et optimisme que nous abordons 2017 et, dans cet esprit, il convient de revenir sur certains des défis et des occasions qui se sont présentés à l’AMA et à l’ensemble de la communauté antidopage en 2016.

En bref, outre les activités prioritaires de l’AMA – élaborer de nouvelles méthodes de détection du dopage, mener de nouvelles études (scientifiques et sociales), doter les Organisations antidopage (OAD) d’outils visant à protéger l’intégrité du sport et les aider dans la mise en œuvre de ces outils, et superviser les activités antidopage à l’échelle mondiale – les enquêtes et les activités connexes ont occupé beaucoup d’espace en 2016. 

Le mois de janvier a marqué l’aboutissement de la Commission indépendante Pound de l’AMA, qui a fait la lumière sur le dopage généralisé dans le sport en Russie. Dans la foulée de cette Commission, sportifs et autres partenaires ont appelé l’AMA à mener de nouvelles enquêtes en prévision des Jeux olympiques et paralympiques de Rio. En mai, c’est précisément ce qu’a fait l’AMA en mettant sur pied l’Enquête indépendante McLaren qui a permis, en juillet, de confirmer qu’il y avait eu des manipulations orchestrées par l’État dans les procédures de contrôle du dopage en Russie et, en décembre, d’identifier les sportifs ayant profité de ces manipulations.

Compte tenu de tout cela et d’autres dossiers encore, comme l’incident de piratage perpétré par le groupe de cyberespions « Fancy Bears », force est de constater que 2016 a été une année difficile – mais également une année où l’AMA a démontré sa ferme détermination à défendre les valeurs du sport propre. 

Indiscutablement, 2016 a aussi été une année de grande mobilisation des partenaires, ce qui est de très bon augure pour 2017. Après les Jeux, la communauté du sport propre à l’échelle mondiale – sportifs, Mouvement sportif, gouvernements, Organisations nationales antidopage (ONAD), laboratoires et autres intervenants – a commencé à se rallier autour d’un impératif : doter l’AMA de pouvoirs accrus et mettre à sa disposition les outils dont elle a besoin pour s’acquitter pleinement et entièrement de son mandat en tant que chef de file mondial indépendant du sport propre. Par conséquent, et c’est là une chose encourageante, le Conseil de fondation de l’AMA a approuvé les recommandations suivantes lors de sa réunion du 20 novembre, ce qui influencera largement les activités de l’Agence en 2017 :

  • Le Conseil a approuvé le cadre de sanctions calibrées en cas de non-conformité proposé par le Comité indépendant de révision de la conformité (CRC). Les prochaines étapes consisteront à tenir d’autres consultations et, une fois mis en œuvre, ce cadre permettra au système antidopage d’avoir la capacité d’imposer aux OAD des sanctions significatives, prévisibles et proportionnées en cas de non-conformité au Code mondial antidopage (le Code). Le nouveau cadre, qui inclura l’élaboration d’un instrument juridique approprié, donnera lieu à de nombreuses consultations avec les partenaires au cours des prochains mois, avant sa mise en œuvre.
  • Le programme de lanceurs d’alerte de l’AMA a été approuvé par les membres du Conseil. Ce programme, qui entrera en vigueur au début de 2017, officialisera pour la première fois le processus visant à protéger les lanceurs d’alerte et à leur garantir la confidentialité. Les sportifs, les administrateurs et les autres intervenants, dans tous les sports et dans tous les pays, seront encouragés à exprimer leurs préoccupations en toute bonne foi s’ils soupçonnent, pour des motifs raisonnables, des cas de dopage. Le programme vise à les inciter à divulguer ces informations précieuses tout en leur assurant une confidentialité accrue. En vertu de ce programme, l’AMA entendra les préoccupations des lanceurs d’alerte, leur fournira des conseils, les tiendra au courant de ses enquêtes, et les appuiera, les protégera et les récompensera de manière appropriée tout au long du processus.
  • Pour assurer l’indépendance du système antidopage par rapport aux organisations sportives et aux gouvernements, le Conseil a approuvé la mise sur pied d’un groupe de travail composé de représentants des divers partenaires, soit les gouvernements, le Mouvement sportif, les Organisations nationales antidopage (ONAD), les sportifs et d’autres experts. Ce groupe de travail étudiera les moyens de renforcer la structure de gouvernance de l’AMA et fera son rapport lors de la prochaine réunion du Conseil en mai 2017.
  • Afin de maintenir le système renforcé de surveillance des accréditations de laboratoires de l’AMA, il a été décidé qu’un groupe de travail serait formé pour revoir le processus d’accréditation.
  • Le Conseil a convenu de poursuivre le processus d’évaluation de l’établissement d’une autorité de contrôle indépendante, demande qui avait été formulée par le Sommet olympique. Le groupe responsable fera un rapport sur cette proposition lors de la prochaine réunion du Conseil de fondation en mai 2017.
  • Compte tenu des récentes cyberattaques, l’AMA a confirmé qu’elle maintenait les mesures de sécurité mises en place pour protéger les données personnelles des sportifs et l’ensemble du Système d’administration et de gestion antidopage (ADAMS).
  • Pour faire avancer l’application de ces recommandations et prendre en considération la hausse considérable des activités nécessaires, le Comité des finances de l’AMA a convenu de dresser, en 2017, un budget provisoire pour 2018 tenant compte des nouvelles activités stratégiques qui seront menées par l’Agence.

Peu de temps après, le 29 novembre, le Conseil de l’Europe a également réaffirmé son appui aux recommandations ci-dessus ainsi qu’à l’AMA à titre de seul organisme de réglementation indépendant voué à la défense du sport propre à l’échelle internationale.

Assurer une application rigoureuse de règles antidopage harmonisées partout dans le monde, voilà ce à quoi l’AMA devra surtout s’employer en 2017 et au-delà. L’année 2016 a mis en évidence plusieurs choses : certains aspects de la lutte contre le dopage doivent être renforcés, mais les assises du mouvement antidopage sont solides, tout comme le Code, et le programme  de contrôle de la conformité de l’AMA permet d’assurer une meilleure pratique du Code de la part des OAD – ce que les recommandations du Conseil viendront encore plus étoffer. En outre, il a été démontré en 2016 que le nouveau pouvoir d’enquête dont l’AMA a été investie par l’entremise du Code de 2015 peut aider l’Agence à réaliser des progrès importants pour détecter et décourager le dopage.

En termes simples, la lutte contre le dopage a franchi un jalon important : un cadre réglementaire solide a été établi et mis en œuvre légalement dans tous les sports et dans tous les pays. Maintenant que le Code de 2015 a été adopté au sens de la loi par tous les signataires du Code et la plupart des pays, nous devons atteindre le prochain jalon, c’est-à-dire nous assurer que les programmes antidopage des ONAD, des fédérations sportives internationales, des organisateurs de grandes manifestations et des autres signataires du Code sont aussi efficaces que possible et que l’AMA dispose de tous les pouvoirs nécessaires pour remplir son mandat de surveillance.

Nous, et toute l’équipe de l’AMA, sommes remplis d’énergie et d’optimisme en ce début de 2017. Nous sommes convaincus qu’avec vous, qui êtes nos partenaires dans le cadre de nos efforts visant à promouvoir le sport propre, nous allons pouvoir mettre à profit nos réalisations de 2016 et devenir, à terme, une communauté encore plus solide et efficace, véritablement adaptée pour l’avenir et apte à concrétiser les rêves des sportifs. 
 

Sincères salutations,
 

Sir Craig Reedie                                                         Olivier Niggli
Président                                                                     Directeur général