9 Décembre 2016
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Déclaration de l’AMA concernant l’aboutissement de l’Enquête McLaren

La deuxième partie du Rapport de l’enquête McLaren reconfirme les manipulations institutionnalisées des procédures de contrôle du dopage en Russie.

Cette deuxième partie met l’accent sur le nombre de sportifs ayant profité de ces manipulations.

9 décembre 2016, Montréal, Canada - L’Agence mondiale antidopage (AMA) a pris connaissance des conclusions formulées dans la deuxième partie du Rapport de l’enquête McLaren, dont la publication a été annoncée plus tôt aujourd’hui par le professeur Richard H. McLaren pendant une conférence de presse qui s’est tenue à Londres, en Angleterre. La deuxième partie du Rapport reconfirme les manipulations institutionnalisées des procédures de contrôle du dopage en Russie, manipulations qui ont d’abord été dévoilées dans le Rapport I publié le 18 juillet 2016, et met l’accent sur le nombre de sportifs qui en ont profité. Cette deuxième partie est accompagnée d’un site Web amenant le dossier des preuves, qui contient les éléments de preuve non confidentiels ayant été examinés par l’équipe d’enquête.

Le 18 mai, l’AMA a retenu les services du Pr. McLaren, à titre de personne indépendante, pour enquêter sur les allégations de manipulation faites par Grigory Rodchenkov, ancien directeur du laboratoire de Moscou accrédité par l’AMA.  Plus précisément, conformément au mandat de l’enquête McLaren, le Pr. McLaren avait pour tâche d’établir les faits suivants :

1. déterminer s’il y avait eu manipulation des procédures de contrôle du dopage lors des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de Sotchi 2014, y compris, sans s’y limiter, des actes de falsification des échantillons au laboratoire satellite de Sotchi accrédité par l’AMA (le « laboratoire de Sotchi »), qui avait été mis sur pied pour les Jeux;

2. déterminer le « modus operandi » et l’identité des personnes en cause;

3. identifier tout sportif ayant pu bénéficier d’actes de falsification visant à dissimuler des résultats de contrôle du dopage positifs;

4. déterminer si le laboratoire de Moscou avait agi selon le même « modus operandi » en dehors de la période des Jeux de Sotchi 2014;

5. vérifier si le Dr. Rodchenkov détenait d’autres informations ou preuves.

Étant donné que lr Pr. McLaren n’a disposé que de 57 jours pour mener son enquête avant les Jeux olympiques et paralympiques 2016 de Rio de Janeiro, au Brésil, il a été annoncé le 24 juillet que son mandat serait prolongé pour qu’il puisse accomplir la tâche 3 ci-dessus, soit « identifier tout sportif ayant pu bénéficier d’actes de falsification visant à dissimuler des résultats de contrôle du dopage positifs ». Comme pour la première partie de l’enquête, cela comprenait, sans s’y limiter, les Jeux de Sotchi 2014.

La deuxième partie du Rapport publiée aujourd’hui, qui compte 144 pages, présente les principales conclusions suivantes (telles qu’extraites du Rapport) :

Faits saillants

Conspiration de dopage et dissimulation institutionnalisée

  •   Une conspiration institutionnelle s’est ourdie entre des athlètes de sports d’hiver et de sports d’été et des représentants du ministère des Sports de la Russie et de ses organismes, tels que l’Agence antidopage de Russie (RUSADA), le Centre de préparation sportive des équipes nationales de Russie (CSP), le laboratoire de Moscou et le Service fédéral de sécurité (FSB), dans le but de manipuler les procédures de contrôle du dopage. Les athlètes n’agissaient pas seuls, mais dans le cadre d’un système organisé tel que présenté dans la première partie du rapport.
  •   Ce stratagème systématique et centralisé de manipulation des procédures de contrôle du dopage et de dissimulation a évolué et s’est perfectionné au fil de son utilisation aux Jeux d’été de Londres 2012, aux Universiades de 2013, aux Championnats du monde d’athlétisme (IAAF) de Moscou, en 2013, et aux Jeux d’hiver de Sotchi 2014. L’évolution de ce système a également été provoquée par des changements réglementaires et des interventions surprises de l’AMA.
  •    L’échange d’échantillons d’urine de sportifs russes qui s’est produit à Sotchi, ce que confirme cette deuxième partie du rapport, ne s’est pas arrêté à la clôture des Jeux d’hiver. La technique d’échange d’échantillons utilisée à Sotchi est devenue une pratique mensuelle courante au laboratoire de Moscou pour le traitement des échantillons des athlètes d’élite de sports d’hiver et de sports d’été. Des tests additionnels d’ADN et de sel confirment cette technique, tandis que la méthode de dissimulation des résultats positifs a été utilisée dans d’autres cas.
  •   Les principales conclusions de la première partie du rapport demeurent inchangées. Les analyses médicolégales, qui sont fondées sur des faits irréfutables, sont probantes. Les preuves ne dépendent pas de témoignages verbaux et les conclusions sont tirées des résultats de preuves physiques. Les résultats des analyses médicolégales et des analyses de laboratoire menées à l’initiative de la personne indépendante établissent que la conspiration s’est tramée entre 2011 et 2015.

Rôle des sportifs dans la conspiration et la dissimulation

  •   Plus de 1 000 athlètes russes de sports d’été, de sports d’hiver et de sports paralympiques peuvent être identifiés comme ayant participé à des manipulations visant à dissimuler des résultats de contrôle du dopage positifs ou comme en ayant bénéficié. On compte 600 athlètes de sports d’été (84 %) et 95 athlètes de sports d’hiver (16 %) selon les informations transmises à l’AMA par la personne indépendante dans le but d’être mises à la disposition des fédérations internationales (FI).

Jeux olympiques d’été de Londres

  •   Quinze médaillés russes ont été dénombrés parmi les 78 figurant sur les Washout Lists de Londres. Dix d’entre eux se sont vu retirer leur médaille.

Championnats du monde d’athlétisme (IAAF) de Moscou

  •   Dans le cadre des Championnats du monde d’athlétisme (IAAF) de Moscou, en 2013, quatre échantillons d’athlètes ont été échangés. Des contrôles ciblés additionnels sont en cours.

Jeux Olympiques d’hiver de Sotchi

  •   Il a été établi que deux échantillons de joueuses de hockey sur glace avaient été échangés puisque leur échantillon contient de l’ADN masculin.
  •   Il a été établi que l’échantillon original de deux sportifs en [sport], gagnants de quatre médailles d’or aux Jeux olympiques de Sotchi, et celui d’une médaillée d’argent en [sport] avaient été falsifiés, les concentrations de sel étant impossibles sur le plan physiologique.
  •   Sur 44 échantillons examinés, des rayures et des marques ont été observées à l’intérieur des bouchons de flacons d’échantillon B de 12 sportifs médaillés (y compris les trois ci-dessus), ce qui indique qu’il y a eu falsification.
  •   Les échantillons d’urine de six gagnants de 21 médailles paralympiques ont été falsifiés à Sotchi.

« Une fois de plus l’AMA remercie vivement Richard McLaren et son équipe pour ce travail long et ardu, qui reconfirme les manipulations et la dissimulation institutionnalisée des procédures de contrôle du dopage en Russie, a déclaré le président de l’AMA, Sir Craig Reedie. Le Rapport et les éléments de preuve publiés aujourd’hui montrent bien l’ampleur de la subversion et mettent l’accent sur le nombre de sportifs ayant profité de cette subversion pendant une longue période. Il est alarmant de lire que 1 000 sportifs russes – participant aux Jeux d’été, d’hiver et paralympiques – ayant été impliqués dans des manipulations visant à dissimuler des résultats de contrôle du dopage positifs ont été identifiés. »

Ces preuves, qui sont décrites par l’équipe d’enquête comme « fondées sur des faits irréfutables », ont une valeur immédiate pour les FI, le Comité international olympique (CIO), le Comité international paralympique (CIP) et d’autres organisations responsables du processus de gestion des résultats et de décision lié aux violations des règles antidopage (VRAD) potentielles en vertu du Code mondial antidopage (le « Code »).

En termes de prochaines étapes, l’équipe d’enquête a fourni à l’AMA un sommaire des preuves pour chaque sportif mentionné dans le Rapport au moyen d’un code alphanumérique. À partir d’aujourd’hui, l’AMA remettra ces sommaires à toutes les FI dont des sportifs sont cités dans le Rapport, ainsi qu’au CIO, au CIP et aux autres organisations concernées. Une fois en possession de ces sommaires, ces organisations seront responsables de passer en revue les preuves disponibles pour chaque cas et de déterminer si celles-ci sont suffisantes pour justifier des poursuites pour VRAD ou si l’enquête doit être approfondie. Conformément aux exigences du Code, l’AMA supervisera la gestion des résultats qui sera effectuée par les autorités compétentes.

« Le Rapport publié aujourd’hui  constitue l’aboutissement de l’enquête McLaren et, encore une fois, de nouveaux faits troublants ont été exposés au grand jour, a affirmé Olivier Niggli, directeur général de l’AMA. Bien que l’agence russe antidopage RUSADA ait déployé des efforts pour redevenir conforme au Code et accompli des progrès à cet égard, il reste un certain nombre de problèmes à régler avant que cet objectif soit atteint. RUSADA doit démontrer que ses procédures sont véritablement autonomes, qu’elles ne sont soumises à aucune ingérence et qu’elles s’appuient sur des ressources adéquates pour pouvoir protéger les sportifs propres en Russie et ailleurs dans le monde. Ce n’est qu’une fois que RUSADA et ses organes de gouvernance auront réussi à faire la preuve qu’ils peuvent atteindre une telle indépendance que les sportifs et le public en général pourront de nouveau accorder leur confiance au sport russe. Dans cette optique, l’AMA est fermement résolue à continuer d’appuyer ces efforts. »

« L’enquête McLaren et la Commission indépendante de l’AMA  présidée par Richard Pound en 2015, a poursuivi M. Reedie, ont clairement démontré la valeur des enquêtes, autant comme instrument réglementaire que comme moyen de dissuasion. Grâce aux pouvoirs d’enquête conférés à l’AMA par le Code 2015, celle-ci est désormais mieux outillée pour protéger les sportifs propres. En 2017, le Département Enquêtes de l’AMA sera encore renforcé, notamment avec le lancement en janvier de  notre programme delanceurs d’alerte, qui encouragera les sportifs et les autres intervenants à se manifester s’assurer que les VRAD, soient poursuivies sans relâche, quels que soient le sport et le pays. »

                                                                                                  - FIN -

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