14 Janvier 2016
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L’AMA accueille favorablement les conclusions de sa Commission indépendante sur le dopage dans l’athlétisme international

Le rapport indique un mépris flagrant des droits des sportifs propres par la direction de l’Association internationale des Fédérations d’athlétisme (IAAF)

La Commission confirme que les résultats sanguins ayant fait l’objet d’une fuite ne constituent pas une preuve de dopage et que les actions de l’IAAF ne doivent pas donner lieu à une déclaration de non-conformité

L’Agence mondiale antidopage (AMA) accueille favorablement le deuxième rapport de sa Commission indépendante sur le dopage dans l’athlétisme international, publié aujourd’hui. Ce rapport présente les conclusions de la Commission sur des manœuvres de nature criminelle qui contreviennent au Code mondial antidopage. Il traite également d’allégations concernant une base de données appartenant à l’IAAF, renfermant les résultats de plus de 12 000 tests sanguins pratiqués sur quelque 5 000 athlètes entre 2001 et 2012, qui a fait l’objet d’une fuite.

Dans ses conclusions, la Commission indépendante révèle certains comportements au sein de la direction de l’IAAF, qui ont débuté par des violations des règles antidopage et sont allés jusqu’à des actes criminels de complot et de corruption. L’AMA craint que cette situation ait longtemps permis à des sportifs dopés d’échapper à des sanctions.

« Il est extrêmement troublant d’apprendre que de hauts dirigeants de l’IAAF ont conspiré et caché des cas de dopage pour en retirer un avantage financier, a affirmé Sir Craig Reedie, président de l’AMA.

« Ce mépris flagrant pour la loi et les règles antidopage mine la confiance des sportifs propres comme celle du public, et ce, à l’échelle mondiale. Compte tenu de la nature criminelle des actions commises, la justice française a été saisie du dossier. »

Selon le rapport, des membres de l’instance dirigeante ont soutiré de l’argent à des sportifs et, en échange, ont caché les résultats de contrôles positifs. Leurs actions ont fait en sorte que des sportifs qui auraient dû être sanctionnés ont continué de participer à des compétitions.

Outre les éléments concernant la lutte contre le dopage, le rapport contient d’importantes recommandations sur la gouvernance et la réforme que l’IAAF devrait appliquer en vue de mettre en place des contrôles qui empêcheront cette situation de se reproduire. La Commission n’a toutefois pas recommandé que les actions de l’IAAF fassent l’objet d’une déclaration de non-conformité par l’AMA. En effet, le rapport souligne que l’IAAF faisait partie des organisations antidopage les plus actives du domaine.

Après avoir examiné la base de données ayant fait l’objet d’une fuite – qui avait fait l’objet de reportages dans les médias allemands et britanniques en août 2015 –, la Commission a confirmé l’opinion de l’AMA, à savoir que la base de données était incomplète, et que les « résultats de tests sanguins suspects » ne pouvaient être considérés comme des cas de dopage.

« Je tiens à remercier les lanceurs d’alerte et les journalistes d’enquête courageux qui ont transmis cette information à l’AMA, a déclaré Sir Reedie. Je félicite également la Commission indépendante pour le travail rigoureux et utile qu’elle a accompli depuis un an. À présent, sous la direction de Sebastian Coe, l’IAAF doit absolument mettre en œuvre toutes les recommandations du rapport. Quant à l’AMA, elle se réjouit à l’idée de collaborer avec l’IAAF afin de renforcer ses activités antidopage et, ainsi, de redonner confiance aux sportifs propres du monde entier. »

À PROPOS DE LA COMMISSION INDÉPENDANTE (CI) DE L’AMA

Le 11 décembre 2014, l’AMA a donné à la CI le mandat de mener une enquête sur le bien-fondé des allégations de dopage, les manœuvres frauduleuses dans le contexte du prélèvement des échantillons et de la gestion des résultats, et les autres méthodes de gestion inefficace des procédures antidopage. Sont visés dans cette affaire la Russie, l’Association internationale des Fédérations d’athlétisme (IAAF), des athlètes, entraîneurs, soigneurs, médecins et autres membres du personnel d’encadrement des sportifs, ainsi que le laboratoire accrédité établi à Moscou et l’Agence antidopage de Russie (RUSADA). Ce mandat a fait l’objet d’un rapport le 9 novembre 2015.

Le rôle de la CI a été élargi par l’AMA en août 2015 par suite de la diffusion du reportage intitulé «Dopage – Top secret : Le monde obscur de l’athlétisme », qui contenait de nouvelles allégations concernant le dopage massif dans le monde de l’athlétisme international. Il était en effet allégué dans ce reportage que la chaîne ARD et le Sunday Times avaient mis la main sur une base de données appartenant à l’IAAF et renfermant les résultats de plus de 12 000 tests sanguins pratiqués sur quelque 5 000 athlètes entre 2001 et 2012. L’annonce d’aujourd’hui renvoie à ces allégations.