28 Septembre 2015
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Lettre d’opinion du président de l’AMA : l’étau se resserre sur les tricheurs

Par Sir Craig Reedie

Depuis l’introduction du premier contrôle antidopage fiable et des contrôles complets des sportifs lors des Jeux olympiques de Munich, dans les années 1970, les méthodes utilisées pour démasquer les tricheurs et imposer des sanctions ont beaucoup évolué. Aux traditionnelles analyses d’urine et de sang s’ajoutent maintenant des techniques d’enquête proactives. Grâce à l’appui d’une communauté antidopage engagée qui regroupe sportifs, partisans, entraîneurs, gouvernements et forces de l’ordre, l’AMA a été en mesure de mettre en place des règles antidopage novatrices qui permettent aux organisations antidopage d’imposer des sanctions dans des cas sans contrôle positif, mais où des éléments permettaient de prouver qu’il y avait eu violation des règles antidopage. L’AMA et le mouvement antidopage ont gagné en maturité au fil des ans, et nous sommes maintenant encore plus déterminés à accomplir notre mission, soit protéger farouchement les sportifs propres du monde entier, en ayant recours à de nouvelles méthodes d’enquête pour démasquer les tricheurs : notre champ d’action n’a jamais été aussi large.

« L’AMA et le mouvement antidopage ont gagné en maturité au fil des ans, et nous sommes maintenant encore plus déterminés à accomplir notre mission, soit protéger farouchement les sportifs propres du monde entier, en ayant recours à de nouvelles méthodes d’enquête pour démasquer les tricheurs : notre champ d’action n’a jamais été aussi large. »

Les contrôles scientifiques traditionnels sont maintenant utilisés de concert avec pas moins de neuf autres méthodes pour sanctionner les sportifs qui se dopent. Le message adressé aux tricheurs est donc clair : si vous pensez que la seule façon d’être suspendu pour cause de dopage est d’échouer à un contrôle, vous vous trompez. Les sportifs qui refusent de fournir un échantillon, font le trafic de substances interdites ou aident d’autres sportifs à violer les règles antidopage s’exposent aussi à des sanctions en vertu du Code mondial antidopage. Avec notre souci accru de l’éducation, le Système d’administration et de gestion antidopage (ADAMS) et le Passeport biologique de l’athlète (PBA), un dossier électronique individuel qui détecte le dopage en faisant le suivi de variables biologiques, les enquêtes sont plus essentielles que jamais à nos efforts.

« Les contrôles scientifiques traditionnels sont maintenant utilisés de concert avec pas moins de neuf autres méthodes pour sanctionner les sportifs qui se dopent. Le message adressé aux tricheurs est donc clair : si vous pensez que la seule façon d’être suspendu pour cause de dopage est d’échouer à un contrôle, vous vous trompez. »

Le Code mondial antidopage est l’arme des sportifs propres contre le dopage. Il fournit de l’information claire sur la manière de se conformer aux règles antidopage, notamment comment éviter le personnel d’encadrement des sportifs faisant l’objet d’une suspension. De nombreux cas fortement médiatisés de sportifs ayant continué de travailler avec des entraîneurs ou du personnel d’encadrement qui avaient été suspendus ou condamnés pénalement pour avoir fourni des substances interdites aux sportifs ont été répertoriés au cours des dernières années. Nous sommes conscients que les sportifs ne se dopent pas tout seuls, et que des membres de leur entourage les poussent à tricher. C’est pourquoi l’AMA a publié en septembre, en vertu de la nouvelle règle d’« association interdite », une liste du personnel d’encadrement ayant un « statut disqualifiant ». Les sportifs sauront ainsi de qui se méfier lorsqu’ils cherchent un entraîneur ou des médecins consultants afin d’éviter de contrevenir eux-mêmes aux règles antidopage.

« En septembre, l’AMA a publié une liste du personnel d’encadrement ayant un “statut disqualifiant”. Les sportifs sauront ainsi de qui se méfier lorsqu’ils cherchent un entraîneur ou des médecins consultants afin d’éviter de contrevenir eux-mêmes aux règles antidopage. »

Dans le but d’affiner ses stratégies d’enquête, l’AMA travaille constamment avec les forces de l’ordre et les organismes gouvernementaux résolus à proscrire la production, le trafic et la possession de substances dopantes. Les informations recueillies dans le cadre de ces enquêtes sont extrêmement utiles aux autorités sportives et antidopage, qui sont ensuite mieux outillées pour établir si des violations des règles antidopage ont été commises. En septembre, des représentants de la DEA (Drug Enforcement Administration) aux États‑Unis ont annoncé une série de mesures à l’échelle nationale visant les stéroïdes anabolisants et d’autres substances améliorant la performance. Une telle alliance entre plusieurs organismes est efficace pour décourager la production et le trafic de substances illégales ainsi que pour éviter que de telles substances ne se retrouvent entre les mains des consommateurs, souvent des sportifs d’élite. Il s’agit d’un excellent exemple de ce que nous faisons pour protéger les sportifs propres. Les enquêtes majeures menées par les forces de l’ordre et l’instauration de lois et de peines pertinentes par les gouvernements ont pour effet d’accroître l’efficacité de la lutte contre le dopage dans le sport.

« Une telle alliance entre plusieurs organismes (les forces de l’ordre et les organisations antidopage) est efficace pour décourager la production et le trafic de substances illégales ainsi que pour éviter que de telles substances ne se retrouvent entre les mains des consommateurs, souvent des sportifs d’élite. Il s’agit d’un excellent exemple de ce que nous faisons pour protéger les sportifs propres. »

L’AMA collabore aussi étroitement avec l’industrie pharmaceutique pour identifier les substances médicales légitimes dont les sportifs ont tendance à abuser pour se doper. Notre travail consiste à alerter les sociétés pharmaceutiques pour qu’elles puissent ensuite informer les organisations antidopage des médicaments qu’elles développent dont les tricheurs pourraient abuser. Ce type de collaboration active aide la communauté antidopage à mettre au point de nouvelles méthodes de détection et nous permet de garder une longueur d’avance sur les tricheurs.

« Ce type de collaboration active aide la communauté antidopage à mettre au point de nouvelles méthodes de détection et nous permet de garder une longueur d’avance sur les tricheurs. »

Beaucoup plus évoluées que les contrôles traditionnels, ces nouvelles méthodes d’enquête se révèlent très efficaces dans la lutte contre le dopage, montrant que l’étau se resserre sur les tricheurs. Les règles du Code mondial antidopage révisé exigent des organisations antidopage du monde entier qu’elles respectent les normes les plus élevées pour obtenir et traiter des renseignements antidopage émanant de toutes les sources disponibles, par exemple sur la planification efficace des contrôles et les enquêtes sur le dopage. La « pratique antidopage » continue de s’améliorer parce que les intervenants sont déterminés à rester en avance sur les tricheurs. C’est grâce à cette détermination et à des techniques nouvelles et améliorées que nous pourrons continuer à protéger les droits des sportifs propres.