11 Septembre 2015
Bookmark and Share

Déclaration du directeur général de l'AMA

L’Agence mondiale antidopage (AMA) a consulté les rapports des médias qui ont suivi la tenue, le 8 septembre dernier, des audiences de la commission d’enquête sur le dopage sanguin du Parlement britannique. Ces audiences ont été motivées par les reportages de la chaîne ARD et du Sunday Times au début du mois d’août, concernant une base de données appartenant à l’IAAF, renfermant les résultats de plus de 12 000 tests sanguins pratiqués sur quelque 5 000 athlètes entre 2001 et 2012.

Dans les rapports des médias qui ont suivi les audiences, Paula Radcliffe a instamment demandé à l’AMA de l’aider à « blanchir sa réputation », s’estimant injustement mise en cause dans les discussions tenues lors des audiences de cette semaine.

Il est très malheureux qu’un athlète se sente concerné et doive défendre sa réputation. L’AMA dispose d’un processus clair et établi dans le Code mondial antidopage pour protéger les athlètes. Si un athlète devait répondre à des accusations, ce processus lui accorde le droit à une audience complète et la possibilité de se faire entendre. Nos actions doivent demeurer impartiales.

Je tiens à dire clairement et à réitérer ce que la Commission indépendante a déjà affirmé à l’égard des reportages de l’ARD et du Sunday Times concernant les résultats sanguins des athlètes : aucune information contenue dans la base de données et antérieure à 2009 – année d’adoption du Passeport biologique de l’Athlète (PBA) – ne saurait être utilisée pour conclure, légalement ou autrement, à un recours au dopage. Ternir le nom d’un athlète en se basant sur des données antérieures à 2009 serait totalement irresponsable. Ces résultats pourraient tout au plus servir d’indicateurs dans le cadre de contrôles futurs ciblés pour des sportifs présentant des valeurs anormales ou inhabituelles. Et même des résultats postérieurs à l’introduction du PBA ne sont pas nécessairement des indicateurs de dopage. L’efficacité du PBA est due au fait qu’il surveille, sur une certaine période, des variables hématologiques sélectionnées qui révèlent indirectement les effets du dopage. Les règles de l’AMA qui régissent le PBA visent à assurer un examen complet et juste des profils PBA et exigent l’opinion unanime de trois experts.

L’AMA n’a pas accès à la base de données ayant fait l’objet de la fuite, mais elle sait qu’une copie a été remise à la Commission indépendante. Toute autre information pertinente a été présentée à la Commission, qui est seule responsable de l’examiner.

Le 7 août, le président de l’AMA a urgemment soumis la question à sa Commission indépendante, dirigée par le président fondateur de l’Agence, Richard W. Pound, dans le cadre d’un élargissement de son mandat initial établi à la suite de la diffusion du premier reportage de l’ARD le 3 décembre 2014. La responsabilité de l’analyse des données sanguines des athlètes pouvant être concernés appartient entièrement à la Commission indépendante. La Commission continue d’examiner toute l’information de manière totalement indépendante de l’AMA.

L’AMA s’est engagée à protéger la confidentialité des athlètes, en particulier leurs renseignements médicaux personnels. Si un athlète estime que ses droits sont affaiblis ou indûment bafoués du fait des reportages de l’ARD et du Sunday Times, il doit en informer la Commission, voie de recours sans conteste plus appropriée que les médias.