21 Juillet 2015
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Lettre d’opinion du président de l’AMA : « Le système Informations sur la localisation est appuyé par des sportifs du monde entier »

Informations sur la localisation : une initiative importante qui favorise le sport sans dopage

Avec l’essor de la promotion d’un sport propre et la lutte contre le dopage menée par un grand nombre de membres du milieu sportif, le rôle d’ambassadeur des athlètes est tout à fait crucial pour cet enjeu véritablement mondial. L’une des priorités de l’AMA est de fournir aux sportifs du monde entier de meilleurs outils pour préserver l’intégrité de leur sport, leur permettant ainsi de rivaliser dans un contexte équitable pour tous. Compte tenu de tout ce qui s’est dit récemment dans les médias sur les contrôles manqués et les exigences des Informations sur la localisation de l’AMA, nous estimons que le moment est bien choisi pour insister sur l’importance de ces Informations sur la localisation et sur le Système d’administration et de gestion antidopage (ADAMS) de l’Agence, un système Web sécurisé qui permet de stocker les résultats des analyses de laboratoire, les autorisations d’usage à des fins thérapeutiques et l’information sur les violations des règles antidopage. L’AMA continue d’améliorer le système ADAMS, au bénéfice de tous les intervenants du milieu de la lutte contre le dopage, et elle procédera à une importante refonte en 2016.

« ADAMS est un système qui s’améliore continuellement, au bénéfice de tous. »

L’AMA a lancé le système Informations sur la localisation en 2004; il exige des sportifs qu’ils fournissent à leur organisation antidopage des détails sur l’endroit où ils se trouvent pendant une heure tous les jours (entre 5 h et 23 h). Ainsi, ils peuvent être contrôlés en dehors des périodes de compétition à leur domicile, dans leur chambre d’hôtel ou même sur leur lieu d’entraînement. Les organisations antidopage peuvent alors détecter les habitudes de dopage de ceux qui essaient de priver de leur gloire la majorité des sportifs, c’est-à-dire les sportifs propres. En vertu du Code de 2003, chaque pays ou sport avait ses propres règles : certaines organisations estimaient que trois contrôles manqués en 18 mois constituaient une violation et pour d’autres, c’était trois en cinq ans; la période de suspension en cas de violation était comprise entre trois mois et deux ans. Depuis, l’AMA a resserré les exigences – le Code de 2015 a introduit une sanction uniforme de deux ans et la "règle des trois manquements en 12 mois" – et, comme pour toutes les règles antidopage, elle les a rendues plus cohérentes et plus équitables, alors qu’elles étaient disparates auparavant.  

« Depuis 2004, l’AMA n’a cessé de resserrer les exigences liées aux Informations sur la localisation, et elle a rendu les règles plus cohérentes et plus équitables, alors qu’elles étaient disparates auparavant. »

Avec les Informations sur la localisation, c’est avant tout une sélection de sportifs d’élite – que nous appelons « groupe cible de sportifs soumis aux contrôles » – qui doit entrer ses données de localisation dans le système ADAMS. Ils contribuent ainsi à simplifier le travail de la communauté antidopage. Le fait de savoir où se trouvent les sportifs pour pouvoir effectuer des contrôles – inopinément – est tout à fait crucial pour assurer l’efficacité des programmes antidopage. C’est cet élément de surprise qui maximise les possibilités d’attraper les tricheurs.

« C’est l’élément de surprise [dans les Informations sur la localisation] qui maximise les possibilités d’attraper les sportifs qui se dopent. »

En fournissant ses informations sur la localisation, le sportif donne une preuve qu’il est propre. Ces informations permettent aux organisations antidopage de localiser les athlètes sans préavis, ce qui est primordial pour attraper les sportifs qui choisissent de tricher et de trahir ainsi leur sport, tous ceux qui aiment le sport et ce qu’il représente. 

Un système amélioré et plus juste pour 2015

Des changements considérables ont été apportés au Code mondial antidopage 2015, notamment les suivants : périodes de suspension plus longues, contrôles de haute qualité, règles sur l’entourage des sportifs et importance accrue aux enquêtes. Nettement améliorée, la règle des Informations sur la localisation tient compte du fait que certains sportifs, loin de tricher intentionnellement, peuvent simplement avoir négligé de remplir les exigences. Selon le Code précédent, si un sportif manquait trois contrôles (ou avait trois manquements à l’obligation de transmission d’informations) en 18 mois, cela constituait une violation. Selon le nouveau Code, trois manquements en 12 mois constituent une violation. Ce changement montre que le système est proportionné et équitable, et qu’il est conçu en fonction du sportif.

« La modification de la règle des Informations sur la localisation – qui ramène la période des "trois manquements" de 18 à 12 mois – tient compte du fait que certains sportifs, loin de tricher intentionnellement, ont peut-être simplement été négligents.»

Un appui des sportifs du monde entier

Certains sportifs – et je suis heureux de pouvoir affirmer que ce n’est pas la majorité – ont critiqué les Informations sur la localisation parce qu’ils les trouvent envahissantes et contraignantes. Il reste que la plupart d’entre nous, dans le monde du sport, trouvent qu’il s’agit d’un moyen nécessaire et efficace pour assurer la prédominance du sport propre. L’appui des sportifs dans le monde entier est sans doute le meilleur baromètre du succès de règles antidopage quelles qu’elles soient, et c’est vrai aussi pour les Informations sur la localisation. Nous avons reçu tout un éventail de témoignages de sportifs de tous les niveaux, de toutes les disciplines et de tous les pays, qui voient les avantages et la très grande portée d’une telle exigence. Nombreux sont ceux qui ont affirmé que fournir des informations sur la localisation n’est pas un gros sacrifice à faire pour prouver qu’ils sont propres, et leur sport aussi. Je me souviens d’une entrevue avec Roger Federer en 2009 au cours de laquelle il avait dit :

« C’est un système exigeant, c’est certain. Il s’agit d’un changement considérable en comparaison de ce à quoi nous avons été habitués; il faut donc que nous nous accoutumions… Je crois bien que c’est de cette façon que vous les attraperez, n’est-ce pas? Ce n’est sûrement pas en les appelant et en leur disant : 'Au fait, je pensais vous contrôler dans deux jours, par exemple.' Ces gars-là trichent et ils sont malins, pas vrai? On parle d’une heure par jour. Je sais que c’est pénible, mais j’aimerais que le sport soit propre et c’est pourquoi je suis d’accord avec cette mesure. » 

« De nombreux sportifs conviennent que le fait de fournir des informations sur la localisation n’est pas un gros sacrifice pour prouver qu’ils sont propres, et leur sport aussi. »

Une tâche plus facile que jamais pour les sportifs

Aujourd’hui, il ne pourrait pas être plus facile pour les sportifs de mettre à jour leurs informations sur la localisation. Le système ADAMS leur permet de le faire en ligne, par message texte, dans l’application pour téléphone intelligent (iPhone ou Android) ou au moyen du « bon vieux » téléphone. Il n’y a donc pas d’excuse. 

Alors que l’application des Informations sur la localisation à elle seule est utilisée par plus de 25 000 sportifs dans le monde, ils sont plus de 50 000 (et ce nombre augmente rapidement) à se servir actuellement de la plateforme ADAMS. Le site web et l’application sont mis à jour régulièrement et offrent de plus en plus de fonctions conviviales. Cela a beaucoup contribué à élargir l’utilisation d’ADAMS et, comme l’AMA lancera en 2016 un système revu et amélioré, j’encourage les autres sportifs, qui ne tirent pas encore le maximum de la plateforme, à y avoir recours. 

Ils pourront ainsi continuer de démontrer leur engagement envers le sport sans dopage.