9 Mars 2015
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Rapport de la Commission indépendante de réforme du cyclisme : Déclaration du DG de l’AMA

Le directeur général de l’AMA, David Howman, a déclaré : «  Le rapport fait état d’observations intéressantes et exige des mesures visant à éradiquer le dopage dans le cyclisme. » 

L’Agence mondiale antidopage (AMA) a pris connaissance du rapport de la Commission indépendante de réforme du cyclisme (CIRC) publié par l’Union Cycliste Internationale (UCI). Mise en place en janvier 2014, la Commission indépendante a complété son enquête de 13 mois sur les « pratiques de dopage au sein du cyclisme et les allégations voulant que l’UCI et d’autres instances dirigeantes et officiels n’aient pas pris les mesures adéquates pour mettre au jour de telles pratiques. » Il faut saluer la CIRC pour son vaste travail d’enquête sur les problèmes qui perdurent au sein du cyclisme, et pour la rigueur de son rapport.

Le rapport de la Commission a fait état d’observations intéressantes et d’informations utiles qui seront étudiées dans le détail par l’AMA, précisément à ce stade où elle souhaite renforcer son appui aux sportifs propres du monde entier. À la lumière des observations et des recommandations du rapport de la CIRC, l’AMA compte :

1.    Examiner les fautes commises par l’UCI dans l’application efficace d’autorisations d’usage à des fins thérapeutiques (AUT);

2.    Répondre au besoin d’améliorer le processus d’octroi de financement à la recherche; dans cet ordre d’idées, des informations sur le Fonds de recherche spécial de l’AMA seront révélées dans les prochains jours;

3.    Continuer de se prévaloir des pouvoirs d’enquête qui lui sont conférés en vertu du Code mondial antidopage révisé (comme elle le fait dans l’enquête de la Commission indépendante sur les allégations de dopage), et de collaborer avec l’UCI afin de renforcer leurs propres méthodes de collecte d’informations;

4.    Poursuivre la mise en œuvre de son nouveau plan sur la conformité, notamment en collaborant avec un nouveau comité de révision indépendant en matière de conformité, chargé d’assurer l’efficacité des programmes antidopage de tous les signataires du Code.

Le rapport formule une série de recommandations pour aider le cyclisme à pallier ses problèmes de gouvernance et à améliorer ses efforts antidopage dans le futur. De plus, la CIRC considère qu’il y a toujours une culture du dopage dans le cyclisme et recommande à l’UCI de mener des études de prévalence qui permettraient de mesurer le niveau actuel de dopage au sein de ce sport dans différents pays, équipes, niveaux et disciplines. Dans son rapport, la CIRC pointe sévèrement du doigt les coureurs en avançant que ceux-ci auraient soudoyé des officiels (au moyen d’une « taxe antidopage ») pour échapper aux tests antidopage. L’AMA est convaincue que l’UCI s’attaquera à ces problèmes dans un proche avenir; l’AMA continuera de travailler en étroite collaboration avec l’UCI pour mettre en œuvre les mesures qui s’imposent à ce chapitre.  

En outre, le rapport démontre clairement que l’ancienne direction de l’UCI a intentionnellement préservé l’image emblématique du cyclisme et de coureurs vedettes comme Lance Armstrong, au détriment du sport et des cyclistes propres. À l’époque, les dirigeants de l’UCI n’ont pas hésité à dissimuler intentionnellement la vérité et à s’en prendre à tous ceux – y compris à l’AMA– qui ont osé soulever les pratiques de dopage dans leur sport. Rappelons que l’AMA a consacré beaucoup de temps et de ressources à se défendre contre les attaques de l’ex-direction de l’UCI, attaques qui se révèlent aujourd’hui totalement infondées et injustifiées.

L’AMA a été consternée d’apprendre que le rapport Vrijman – prétendument indépendant, selon les déclarations publiques de l’UCI – a en fait été partiellement rédigé par le président de l’UCI de l’époque avec l’aide des avocats de Lance Armstrong. Ceci n’est pas sans mettre en doute l’éthique, les principes et les valeurs des anciens hauts dirigeants de l’UCI.

Enfin, l’AMA tient à saluer le président actuel de l’UCI, Brian Cookson, qui a eu le courage de soumettre son organisation et son sport à un examen indépendant d’une telle rigueur et d’une telle transparence. J’ai bon espoir que de nombreuses conclusions de ce rapport permettront au cyclisme de tourner la page sur cet épisode malheureux et préoccupant de son histoire.