12 Août 2014
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Messagère du sport propre auprès des sportifs de demain

Par Kirsty Coventry

Kirsty Coventry, 30 ans, est une nageuse professionnelle de Harare, au Zimbabwe. Deux fois championne olympique et championne des Jeux du Commonwealth en dos crawlé et en quatre nages individuel, celle qui a déjà été nommée Athlète zimbabwéenne de l'année est généralement considérée comme un trésor national dans son pays, et pour cause : Kirsty est l’une des nageuses les plus titrées de tous les temps. Aujourd’hui, elle s’entraîne en Caroline du Nord, aux États-Unis, en vue de ses cinquièmes Jeux olympiques, qui auront lieu à Rio dans deux ans. Porte-parole active de la lutte contre le dopage et membre du Comité des sportifs de l’Agence mondiale antidopage (AMA), Kirsty sera à Nanjing (Chine) du 16 au 28 août 2014 à l’occasion des Jeux olympiques de la Jeunesse pour promouvoir le programme de sensibilisation des sportifs de l’AMA. 

Comme j’ai toujours eu une opinion très tranchée sur le dopage dans le sport, je n’ai pas hésité à me joindre au Comité des sportifs de l’AMA lorsque l’occasion s’est présentée en 2013. J’ai toujours cru qu’à titre d’athlète professionnelle, mon devoir était de me prononcer sur les sujets qui ont un impact direct sur le sport. Le dopage n’y fait pas exception.

À l’époque où j’étais une jeune athlète au Zimbabwe, mes parents m’ont transmis les valeurs morales fondamentales afin de distinguer le bien du mal. J’ai vite su ce qu’un sportif devait sacrifier pour réussir et compris qu’aucun raccourci ne me permettrait d’y arriver. Depuis, ma vision des choses n’a pas changé : comme toujours dans la vie, seul le travail peut mener au succès. Si je participe à des compétitions, c’est pour voir jusqu’où je suis capable d’aller. Autrement dit, peu importe les résultats que j’obtiens, mon classement est attribuable à mes efforts et non à la prise de quelconques substances.

À titre de membre du Comité des sportifs de l’AMA, je crois que les athlètes doivent être aussi nombreux que possible à se prononcer en faveur du sport propre. Grâce à ma carrière de nageuse, j’ai une plateforme qui me permet de partager mon point de vue sur divers sujets liés au sport. La Conférence mondiale sur le dopage dans le sport, qui a eu lieu à Johannesburg en novembre dernier, était la meilleure occasion pour moi d’intervenir devant l’ensemble de la communauté antidopage – pas seulement devant mes pairs, les sportifs, mais aussi devant des scientifiques, des médecins, des législateurs de même que des représentants des fédérations internationales et des gouvernements du monde entier. Le message que j’ai porté à la Conférence et auquel je crois fermement est celui que je transmettrai aux jeunes, ces sportifs de l’avenir, lors des Jeux olympiques de la Jeunesse à Nanjing.

Les sanctions imposées doivent être plus sévères pour décourager les sportifs qui songent à se doper et l’entourage des sportifs doit assumer sa part de responsabilité. Ces deux aspects en particulier contribueront à renforcer l’antidopage une fois que la version révisée de notre livre de règlements – le Code mondial antidopage 2015 – entrera en vigueur au début de l’année prochaine. Jeune athlète, j’accordais une grande confiance à mon entourage : mes parents, mes entraîneurs et les médecins. Heureusement, ils n’ont jamais abusé de ma confiance, ce qui n’est malheureusement pas le cas de certains sportifs qui auraient été incités à se doper par un membre malveillant de leur entourage. Ces deux points, les sanctions et l’entourage, sont ceux qu’il importe le plus d’expliquer aux jeunes sportifs.

De nos jours, il est possible d’obtenir n’importe quel renseignement instantanément, ce qui ne nous empêche pas de nous gaver de l’information qui nous convient en laissant le reste de côté. La pression exercée par les pairs est un gros problème. Les unes des magazines et les publicités habilement retouchées à l’aide de Photoshop et d’autres logiciels font croire aux sportifs qu’ils doivent se procurer ces nouveaux produits. Ces images incitent les sportifs à croire que « tout le monde le fait, pourquoi pas moi », ce qui est faux. Le dopage est contraire à l’esprit sportif. Aussi, les sanctions ont-elles été élaborées pour protéger le sport propre et, par le fait même, le rendre équitable pour les vrais sportifs.

Cette semaine, en Chine, j’aurai l’occasion d’échanger avec des centaines de jeunes sportifs de plus de vingt-huit disciplines sportives et de leur transmettre de l’information sur l’antidopage. Les jeunes sportifs doivent connaître leurs droits et responsabilités à ce sujet. Cette question peut être ardue, mais je considère que l’athlète d’élite que j’ai été depuis de nombreuses années doit partager son expérience et aider la prochaine génération à faire les bons choix. Les jeunes sportifs doivent surtout comprendre que le contrôle antidopage est un moyen de dissuasion essentiel. Il est fort possible que le jeune sportif se sente contraint de prendre une substance illicite, mais même s’il jette le blâme sur un membre de son entourage, il sera tenu pour responsable s’il se fait prendre. Ultimement, c’est le sportif qui est responsable. Il faut donc tenir tête à ceux qui tentent de nous convaincre de tricher et savoir distinguer le bien du mal.

Or, les moyens de dissuasion ne suffisent pas, loin de là. En effet, la prévention est essentielle à la réussite à long terme des programmes antidopage, et c’est pourquoi l’AMA déploie autant d’efforts en ce sens. Les fédérations sportives et les organisations antidopage du monde entier utilisent maintenant des programmes d’éducation fondée sur les valeurs pour faire de la prévention. Ces outils font désormais partie intégrante de tous les programmes antidopage. Ils rappellent aux sportifs qu’ils auraient tort de se doper, car le dopage est contraire à l’esprit sportif… et dangereux!

Au centre de sensibilisation de l’AMA, à Nanjing, les sportifs auront l’occasion de participer à une version pour jeunes du Quiz Franc Jeu, questionnaire amusant et stimulant qui vise à sensibiliser les sportifs aux questions antidopage. Ce quiz, qui a connu du succès aux quatre coins du monde dans le cadre du programme de l’AMA lors des grandes manifestations multisports, est traduit en plus de 30 langues.

Par-dessus tout, j’ai hâte de faire ma part en m’assurant que les jeunes sportifs de Nanjing – qui, rappelons-le, sont les athlètes de demain – ne répètent pas les erreurs de certains de leurs collègues. L’interaction avec les sportifs s’est avérée très efficace pour transmettre notre message aux générations futures de sportifs d’élite. À Nanjing, en représentant les sportifs propres, qui forment la majorité de la communauté sportive, je contribuerai au maintien de l’intégrité du sport pour les générations futures et j’encouragerai les jeunes à tenir tête aux tricheurs.