26 Février 2014
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Une étude révèle que les entraîneurs jouent un rôle essentiel dans les comportements antidopage des sportifs

Une étude portant sur la perspective des entraîneurs écossais sur le dopage souligne l’influence que ces derniers exercent sur les attitudes des sportifs.

Commandée par l’AMA, cette étude – menée par l’Université de Stirling en Écosse – est entre autres fondée sur des entrevues menées à la faculté pour l’excellence sportive (University for Sporting Excellence) par des experts de l’entraînement et de l’antidopage auprès d’entraîneurs de sportifs de haut niveau de ce pays. Au terme de l’étude, les chercheurs concluent que le bilan de l’Écosse en matière d’antidopage est étroitement lié aux attitudes des entraîneurs et suggèrent par ailleurs que les sportifs ne tirent pas pleinement parti de leur influence.

« Notre étude a révélé que les entraîneurs écossais sont résolument contre le dopage. Leur éthique se fonde sur le principe que c’est en travaillant dur et non en prenant des raccourcis que les sportifs atteignent la gloire », explique la Dre Justine Allen, conférencière spécialisée dans l’entraînement sportif et auteure principale de l’étude.

« Malgré ces bases solides, plusieurs entraîneurs affirment que leurs connaissances en antidopage sont insuffisantes. Certains considèrent même la question comme secondaire en raison de la culture antidopage qui règne au Royaume-Uni et du nombre restreint d’incidents de dopage dans leur sport.

« Il existe de très bons exemples de pratiques exemplaires en antidopage et de programmes intégrés dans certaines instances dirigeantes, mais ils concernent généralement les sports qui ont été associés au dopage à l’échelle internationale. Or, tous les sports devraient être visés par ce type de pratique et de programme. Les rôles et les responsabilités des instances dirigeantes de chaque sport en matière de lutte contre le dopage doivent donc être précisés.

« La responsabilité peut reposer sur un entraîneur, un représentant de l’antidopage ou un physiothérapeute. C’est à l’instance dirigeante de choisir ce qui lui convient, mais l’essentiel est de préciser les responsabilités, car la lutte contre le dopage est un effort continu et non une activité ponctuelle qui s’exerce lors d’un tournoi ou d’un rendez-vous chez le médecin.

« Quand les responsabilités sont clairement établies, les assumer devient une priorité. Les intervenants sont alors plus susceptibles de se demander si leurs connaissances sont suffisantes et de s’informer », ajoute la Dre Allen.

Sir Craig Reedie, président de l’AMA, a déclaré : « Cette étude a fait valoir l’importance des politiques antidopage et a souligné l’influence que les entraîneurs et l’entourage peuvent avoir sur le sportif.

« Même si l’étude ne donne qu’un aperçu de la situation dans un pays, ses conclusions corroborent le point de vue de l’AMA sur le personnel d’encadrement du sportif et confirment que l’entourage du sportif, y compris les entraîneurs, peut avoir une influence considérable sur ses décisions. Cette influence est un sujet dont l’AMA a tenu compte dans le Code mondial antidopage révisé, qui entrera en vigueur le 1er janvier 2015.

« Les résultats de cette étude révèlent que l’éducation des sportifs et de leur personnel d’encadrement est un élément crucial de tout programme antidopage. À l’AMA, nous offrons de nombreuses ressources visant à informer les sportifs, les entraîneurs et les autres intervenants du milieu, dont les professeurs et les médecins, afin que les personnes concernées puissent prendre de bonnes décisions. »

Au nombre des recommandations, on propose de réaliser d’autres études de cas pour déterminer comment et quand discuter de dopage avec les sportifs et les entraîneurs ; et d’intégrer l’information antidopage à des sujets plus vastes comme l’optimisation de la performance et du rétablissement au moyen d’une saine nutrition et de compléments alimentaires.

Par contre, les données de l’étude ont également révélé que l’influence des entraîneurs est limitée. À cet égard, la Dre Allen a déclaré ce qui suit : « Comme tous les entraîneurs que nous avons interrogés, je ne crois pas qu’ils puissent être affranchis de toute responsabilité en matière d’antidopage. Le public pense peut-être que la lutte contre le dopage devrait relever des entraîneurs, mais ceux à qui nous avons parlé affirment sans l’ombre d’un doute que les faits et gestes des sportifs sont indépendants de leur volonté.

« En Écosse, la plupart des sportifs ne sont pas des athlètes professionnels à temps plein. Les entraîneurs n’exercent pas nécessairement à temps plein non plus. Par conséquent, ils ne sont pas forcément toujours ensemble quand le sportif consulte son médecin traitant. Il incombe donc au sportif de signifier au médecin qu’il est un athlète de compétition pour ne pas qu’on lui prescrive de médicaments contenant une substance interdite. »