9 Octobre 2013
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Une étude révèle que la responsabilité envers les coéquipiers joue un rôle dissuasif dans la décision de se doper

Une étude réalisée auprès de 200 athlètes d’élite écossais révèle que le sentiment de responsabilité à l’égard des coéquipiers ainsi que les éventuelles répercussions négatives constituent pour les sportifs d’équipe des facteurs dissuasifs au dopage.

L’objectif de cette étude, commandée par l’AMA et menée par l’Université de Stirling, était de savoir si le fait de faire partie d’une équipe – par opposition au fait de concourir seul – protégeait les sportifs contre les risques du dopage.

L’attitude des membres influents de son entourage et les comportements de dopage de ses coéquipiers constituent également des facteurs importants contribuant à prémunir le sportif du dopage. Autre fait intéressant : les résultats des sportifs aux compétitions n’influencent pas leur décision de se doper.

L’étude démontre que l’appartenance à un réseau organisationnel plus vaste – au-delà de faire partie d’une équipe sportive – compte beaucoup pour les sportifs; leur sentiment de responsabilité vis-à-vis d’un grand groupe est plus fort que lorsqu’il s’agit seulement des coéquipiers.

Une troisième catégorie d’athlètes – qu’on appelle les sportifs individuels+ – comprend ceux qui se définissent à la fois comme sportifs d’équipe et individuels, tel qu’un athlète de sport individuel qui participerait à une compétition par équipe (par ex., une course à relais). Les individus de cette catégorie – par opposition aux sportifs individuels ou d’équipe – présentent des risques plus élevés de dopage.

En outre, l’étude souligne la nécessité pour les sportifs de bien comprendre l’article 11 du Code mondial antidopage, qui stipule que des sanctions – comme la perte de points ou la disqualification – peuvent être imposées à une équipe si trois de ses membres ou plus ont enfreint une règle antidopage.

« Nous avons aussi découvert que le cadre collectif et le sentiment d’appartenance à une « équipe » protégeaient les sportifs, parce qu’ils craignaient de vivre la honte d’être démasqués, voire bannis, puis d’être éventuellement ostracisés sur le plan social », déclarait le Dr Paul Dimeo de l’Université de Stirling.

« Selon nos recherches, les pressions qui peuvent pousser un sportif à se doper – particulièrement l’influence de l’entraîneur – sont perçues différemment chez les sportifs individuels et les sportifs d’équipe. Certains sportifs d’équipe croient que l’influence d’un entraîneur peut différer légèrement au sein des sports individuels, vu la relation étroite entre les deux individus.

« La crainte d’être démasqué et la honte qui s’ensuit demeurent les principaux facteurs qui dissuadent les sportifs d’équipe d’utiliser des substances interdites. »

Le président de l’AMA, John Fahey, a déclaré : « Cette étude nous a grandement aidés à comprendre pourquoi certains sportifs choisissaient des voies différentes. Bien qu’elle ait été menée auprès d’un échantillon restreint d’athlètes écossais, cette étude dresse sans conteste un tableau intéressant des influences que les sportifs subissent et des façons dont ils se comportent avec leurs pairs. Les conclusions de cette étude nous aideront à mieux façonner l’avenir de l’antidopage. »