12 Novembre 2012
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La Conférence sur l’industrie pharmaceutique se penche sur le dopage dans le sport

Les représentants de l’industrie pharmaceutique et de la communauté antidopage se sont réunis lors d’une conférence novatrice à Paris afin d’explorer les moyens de renforcer la lutte contre le dopage dans le sport et de restreindre le mésusage de médicaments homologués et non homologués.

La Conférence internationale « L’industrie pharmaceutique et la lutte contre le dopage dans le sport : Nouveaux partenariats pour un sport propre », tenue à l’Assemblée nationale française, était la première en son genre et a permis d’établir les bases d’une collaboration étroite entre l’industrie pharmaceutique et la communauté antidopage du monde entier.

L’événement était organisé par le ministère français des Sports, de la Jeunesse, de l’Éducation populaire et de la Vie associative, conjointement avec le Conseil de l’Europe, l’UNESCO et l’Agence mondiale antidopage (AMA).

La ministre française des Sports, Mme Valérie Fourneyron, a accueilli quelque 250 participants à la Conférence, à laquelle d’autres invités de marque ont également pris part, notamment Mme Gabriella Battaini-Dragoni, Secrétaire générale adjointe du Conseil de l’Europe, M. Getachew Engida, Directeur général adjoint de l’UNESCO, le Dr Jacques Rogge, président du CIO et M. John Fahey, président de l’AMA.

Dans son discours inaugurant la session du matin, la ministre Fourneyron a déclaré: « Ce symposium marque un moment fort pour prendre conscience de l’impérieuse nécessité d’une collaboration importante entre l’industrie pharmaceutique et les autorités de lutte contre le dopage.

« De notre capacité collective à apporter des réponses satisfaisantes à un certain nombre de questions, dépendra l’ampleur et le rythme des avancées en matière de coopération entre des partenaires qui doivent conjuguer intérêts particuliers et collectifs.

« Je suis convaincue que nous pourrons trouver des réponses positives, et que ce symposium constituera à l’avenir une étape fondatrice pour la mise en rapport de deux mondes qui n’ont pas toujours l’habitude de travailler ensemble mais dont l’association sera clé pour façonner et imposer un sport plus propre à l’avenir. »

Parmi les représentants de l’industrie participant à la réunion, notons la Fédération internationale de l'industrie du médicament (FIIM), l’Organisation de l’industrie des biotechnologies (OIB) et d’autres leaders mondiaux de l’industrie pharmaceutique.

Le dopage dans le sport est un problème qui perdure et qui s’est étendu au-delà du milieu sportif au cours des dernières années, et la Conférence a exploré les moyens de former des partenariats entre l’industrie pharmaceutique et les autorités antidopage afin de renverser cette tendance.

L’AMA a déjà conclu des ententes semblables avec F. Hoffmann-La Roche Ltée, GlaxoSmithKline et la FIIM, et la Conférence a évalué les possibilités de contracter de nouvelles alliances.

« L’une des composantes essentielles de la stratégie de l’AMA consiste à former des partenariats avec des organisations qui, en plus d’avoir un intérêt direct, détiennent l’expertise pour l’aider à mettre fin à l’abus de substances interdites », déclarait M. Fahey.

« Je suis enthousiaste devant le potentiel énorme de telles collaborations et je félicite les efforts responsables de l’industrie pharmaceutique de limiter l’abus de ses produits. Un tel débat est crucial pour la communauté antidopage. »

L’un des moyens incontestable et éprouvé, adopté par l’industrie pharmaceutique pour soutenir la communauté antidopage, passe par le partage de renseignements sur les médicaments en développement présentant des risques de mésusage.

De telles informations se sont avérées extrêmement utiles dans le développement précoce de méthodes de détection, et ont notamment permis à l’AMA d’être à l’origine de sanctions de sportifs qui avaient utilisé la substance interdite CERA lors des Jeux olympiques de Beijing en 2008.

Le CERA, un agent stimulant de l’érythropoïèse de troisième génération, a été développé par Roche, et cette dernière a collaboré avec l’AMA dans le développement d’un test pour analyser les échantillons de sportifs de Beijing.

« Cette Conférence Internationale a également démontré l’importance de renforcer les liens entre le Conseil de l’Europe, l’UNESCO, et l’AMA, notamment au travers d’une reconnaissance mutuelle des différents cadres juridiques disponibles », déclarait Mme Battaini-Dragoni.

« En impliquant les acteurs industriels, cette initiative viendra compléter utilement le dispositif de la Convention du Conseil de l’Europe sur la contrefaçon de médicaments, pour le plus grand bénéfice de tous les partenaires. En effet, l’application de la Convention MEDICRIME contribuera à éviter l’érosion des revenus de l’industrie pharmaceutique qui, en retour, permettra à l’AMA une meilleure réactivité face aux nouveaux développements.

« Travailler main dans la main, dans le cadre d’un partenariat où chacun apportera sa valeur ajoutée tout en reconnaissant et en tirant parti de tous les autres instruments disponibles rendra la lutte contre le dopage encore plus efficace et encore plus crédible. »

La Conférence comprenait deux sessions au cours desquelles les participants ont évalué les risques sociétaux et économiques du dopage, ainsi que l’impact de ce dernier sur le milieu de la santé.

Les représentants ont également examiné les moyens d’accroître la sensibilisation au sein des sociétés pharmaceutiques qui ne sont pas encore impliquées dans la lutte contre le dopage dans le sport.

D’autres initiatives pour contribuer à la cause de l’antidopage ont également été discutées lors de la Conférence, notamment la création d’un cadre de collaboration future entre l’AMA et le secteur de la santé, ainsi que le financement éventuel de recherches antidopage pertinentes.