31 Juillet 2012
Bookmark and Share

Laboratoire antidopage de Londres 2012 : l’accréditation expliquée

Le laboratoire antidopage des Jeux de Londres 2012 prévoit effectuer plus de contrôles qu’à toute autre édition des Jeux olympiques et paralympiques. Franc Jeu passe en revue  le processus d’accréditation d’un laboratoire olympique.

Le laboratoire antidopage de Londres 2012 a été accrédité par l’AMA le 16 avril 2012. Ce laboratoire, situé à Harlow, Essex (Nord-Est de Londres), et dont les installations sont fournies par GlaxoSmithKline, est un laboratoire-satellite du King’s College Drug Control Centre, également accrédité par l’AMA.

Durant les 27 jours de compétition des Jeux olympiques et paralympiques, le laboratoire analysera jusqu’à 6 250 échantillons, comparativement aux  7 500 analyses annuelles que réalise généralement  le King’s College. En outre, les résultats d’analyse  seront remis dans un délai de 24 heures.

Pour satisfaire à un tel volume d’échantillons en une  si courte période, le King’s College Drug Control Centre a temporairement déplacé ses installations au nouveau site, à Harlow, expressément pour les contrôles aux Jeux.

Un tel déménagement implique la mise en branle d’un processus d’accréditation complet afin de s’assurer du respect des standards obligatoires – l’ISO/IEC 17025 et le Standard international pour les laboratoires (SIL) de l’AMA. Et ce n’est pas  une mince tâche.

Le responsable de l’accréditation des laboratoires à l’AMA, Thierry Boghosian, connaît bien toutes les étapes de préparation d’un laboratoire-satellite antidopage pour les Jeux olympiques.

M. Boghosian a non seulement été impliqué dans  le processus d’accréditation des laboratoires pour des Jeux olympiques et paralympiques dans le cadre de ses fonctions à l’AMA, mais il a aussi été chargé de la relocalisation du laboratoire UCLA Olympic Analytical Laboratory (situé à Los Angeles), déplacé temporairement à Salt Lake City pour les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2002.

« Un laboratoire-satellite doit augmenter ses ressources en termes d’espace, d’équipement et de personnel. S’ajoute à cela la difficulté de déménager les équipements et le personnel – y compris les experts externes – dans les nouveaux locaux », explique M. Boghosian.

« L’accréditation d’un laboratoire pour les Jeux olympiques et paralympiques est un processus complexe », ajoute M. Boghosian, qui effectue la deuxième de trois visites dont un laboratoire relocalisé doit faire l’objet pour conserver son accréditation.

Cette visite se fait dès que le laboratoire a reçu la plupart de ses équipements et qu’il a mis en place ses méthodes d’analyse. Elle est menée afin de déterminer si le laboratoire a respecté les exigences du SIL et des documents techniques associés.

Une évaluation technique implique l’évaluation du statut  du laboratoire en matière d’équipement, de personnel et de  capacité à respecter les exigences de contrôles aux Jeux.

À ce stade, le laboratoire devrait déjà être au courant de la planification de la répartition des contrôles – à savoir le nombre, la fréquence et le type d’échantillon, la sélection des disciplines sportives, ainsi que le lieu des contrôles – qui lui permettra de prévoir le personnel et l’équipement requis durant la période des Jeux.

Le nombre d’échantillons (y compris les prélèvements sanguins) qui doivent être analysés durant les Jeux olympiques et paralympiques d’été a constamment augmenté d’une édition à l’autre.

« La science de l’antidopage évolue constamment et en réponse à cela, les laboratoires mettent en place les technologies de pointe. Il devient ainsi de plus en plus complexe pour les laboratoires de se préparer pour les contrôles aux Jeux », explique M. Boghosian.

L’ISO/IEC 17025 et le SIL de l’AMA sont des standards reconnus internationalement, ce qui laisse très peu de place à l’interprétation.

Afin de s’assurer de la précision des résultats, chaque échantillon prélevé est divisé en deux échantillons, A et B. En cas de résultats d’analyse anormaux, on utilise l’échantillon B pour confirmer les résultats de l’échantillon A.

« Les règles en matière d’analyse d’échantillons par  les laboratoires antidopage accrédités sont plus strictes que celles dans plusieurs autres secteurs. Dans le milieu de la science médico-légale, par exemple, il n’y  a pas d’échantillon B pour valider les résultats »,  ajoute M. Boghosian.

Dans le cadre du processus normal d’accréditation, une fois l’accréditation accordée, il n’est pas nécessaire de visiter le laboratoire à nouveau, à moins que ne survienne un problème qui nécessite l’intervention  de l’AMA.

À cet égard, M. Boghosian commente, avec le sourire :  « Je suis heureux de ne pas avoir eu à visiter le laboratoire de Londres plus d’une fois. »