12 Mars 2012
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Entrevue avec la responsable du service des renseignements de l’UKAD

Gabriella Re, de l'Agence antidopage du Royaume-Uni (UKAD), parle des principes du modèle national de renseignements adopté par l'Agence

Quand le service de renseignements de l’UKAD a-t-il été créé?

Le service de renseignements fait partie de la Direction des opérations de l’Agence antidopage du Royaume-Uni (UKAD). Il a été créé en janvier 2010 et en juillet de la même année, les sept membres de son personnel avaient été embauchés. Pour que l’unité puisse remplir son mandat avec succès, il a fallu établir un processus d’échange d’informations avec des partenaires externes. Cet échange de renseignements a été formalisé au moyen d’ententes de partage d’informations.

Parmi les principaux partenaires au Royaume-Uni, on compte la SOCA (Serious Organized Crime Agency), la UKBA (United Kingdom Border Agency), la MHRA (Medicines and Healthcare Products Regulatory Agency), ainsi que des agences axées sur le sport telles l’AMA, les organisations antidopage et les instances dirigeantes sportives nationales.      

Quel est l’objectif principal de ce service et quels processus suit-il?

L’UKAD adopte les principes du National Intelligence Model – le modèle national de renseignements du Royaume-Uni ou NIM. Le NIM est un modèle de gestion utilisé par les forces de l’ordre et, de plus en plus, par d’autres partenaires au Royaume-Uni (notamment les organisations des droits de propriété intellectuelle, les agences de protection des animaux et les organismes de réglementation publique) pour s’assurer que les décisions que prend l’organisation soient fondées sur des processus efficaces et efficients de collecte, de consignation, d’analyse, de diffusion et de rétention de l’information.

Le modèle est utilisé pour établir les priorités et pour affecter les ressources nécessaires à ce chapitre. Par exemple, les renseignements obtenus ont pour but d’aider l’UKAD à élaborer des stratégies efficaces de contrôle et des programmes d’éducation.   
 
L’équipe du service des renseignements acquiert une connaissance approfondie des activités de dopage en gérant les informations émanant d’une grande variété de sources. Les informations qui arrivent à l’UKAD sont soumises au processus NIM. Elles sont comparées avec des données existantes et sont soumises à une recherche et une analyse plus poussées avant que des mesures soient prises ou que ces informations soient diffusées aux instances pertinentes telles que les agences gouvernementales ou les partenaires sportifs.

Comment l’UKAD a-t-elle démarré au Royaume-Uni ? Comment l’équipe a-t-elle été constituée et quel est le parcours de ses membres ?

L’Agence antidopage du Royaume-Uni (UKAD) a été créée en décembre 2009 après avoir démontré au gouvernement britannique que la gestion des cas et la prise en compte de toutes les violations des règles antidopage prévues par le Code mondial antidopage exigeaient la mise en place d’une organisation nationale indépendante chargée de la lutte contre le dopage au Royaume-Uni.

Gabriella Re a été recrutée comme responsable du service des renseignements à l’UKAD en janvier 2010. Son mandat : mettre en place un programme de renseignements conforme au modèle national de renseignements en vigueur au Royaume-Uni. Gabriella peut s’appuyer sur une expérience de plus de sept ans dans le domaine au cours desquelles elle a notamment créé une unité régionale de renseignements pour 19 ministères locaux de normalisation dans le sud-est de l’Angleterre et a également travaillé pour les forces policières du Surrey et pour le Réseau national antifraude.

Mme Re reçoit l’appui de deux spécialistes de la recherche de renseignements, d’un agent de renseignements, de deux analystes et d’un coordonnateur. Cette équipe chevronnée, dont les membres sont issus des domaines de l’application de la loi ou de l’administration antidopage, peut miser sur un bagage équilibré lié au sport et à la lutte contre le dopage, ainsi que sur expérience dans les renseignements et l’application des principes du Modèle national de renseignements.

Quels outils utilisez-vous ?

L’UKAD dispose d’un système de gestion des renseignements et des cas favorisant une approche transversale et intégrée des informations au sein de l’organisation. L’équipe Renseignement utilise également un logiciel comme i2 notebook, une référence mondiale dans sa catégorie, qui offre des capacités d’analyse et de visualisation permettant aux analystes de convertir rapidement des ensembles importants d’informations en renseignements admissibles de qualité supérieure. En outre, l’équipe utilise un logiciel capable d’établir des données géographiques permettant d’évaluer les tendances et les schémas généraux utilisés par l’équipe.

La collecte de renseignements constitue-t-elle la voie à adopter par les ONAD?

Le recours au partage des informations comme moyen pour lutter contre le dopage reflète le tournant international en faveur de méthodes de détection axées sur les renseignements. L’UKAD possède un service de renseignements éprouvé, mais rien n’empêche les OAD moins bien pourvues à cet égard d’amorcer un virage similaire.

L’essentiel est de mettre en place un système qui permet de recueillir des informations à la grandeur de l’organisation. Inviter le personnel à enrichir la somme des renseignements sur une discipline sportive, un sportif, etc., que la source en soit une séance de formation ou de contrôle, le journal local ou Internet, favorise la mobilisation et la responsabilisation partagée de tous les intervenants.

Le simple fait de recueillir des informations des rapports de contrôle du dopage et de regrouper les données que détient chaque organisation sur un sport particulier constitue un premier pas dans l’utilisation des informations dont nous disposons dans une approche axée sur les renseignements. Un tel processus permet de repérer les données manquantes, puis d’élaborer des moyens proactifs de combler les lacunes cernées.

Avez-vous un message à transmettre aux sportifs et aux autres personnes impliqués dans le dopage? 

Le renseignement permet à une organisation d’allouer et d’utiliser ses ressources efficacement dans une démarche axée sur les résultats. Elle peut ainsi recueillir les informations et les analyser dans le but de bien cerner le problème et de trouver le moyen le plus efficace d’y remédier. Non seulement les sportifs doivent ils s’attendre à voir se déployer une diversité de stratégies de contrôle, mais leur personnel de soutien doit comprendre que nous sommes désormais beaucoup mieux armés pour sévir contre eux.