18 Septembre 2010
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Le Comité exécutif de l’AMA approuve la Liste 2011 des interdictions et le financement de nouveaux projets de recherche

Réuni aujourd’hui à Montréal, le Comité exécutif de l’AMA a approuvé la Liste 2011 des substances et méthodes interdites.

Cette Liste sera maintenant officialisée, puis diffusée avant le 1er octobre 2010. Elle entrera en vigueur le 1er janvier 2011.

La Liste des interdictions est l’une des pierres angulaires de la lutte harmonisée contre le dopage. Elle indique les substances et les méthodes interdites dans le sport. Sa mise en place est obligatoire pour les organisations ayant adopté le Code mondial antidopage.

La révision de la Liste s'effectue chaque année sur la base d'un processus de consultation facilité par l’AMA. Une première version de la Liste est envoyée aux parties prenantes pour commentaires. Les commentaires reçus sont ensuite examinés par le Groupe d’experts Liste de l'AMA. Celui-ci présente ses conclusions au Comité Santé, médecine et recherche, lequel soumet ses recommandations finales au Comité exécutif, qui à son tour discute des recommandations et prend une décision finale lors de sa traditionnelle réunion de septembre. (Cliquez ici pour davantage d'information sur le processus de révision de la Liste.)

« Grâce à l’apport d’experts scientifiques internationaux et des divers partenaires, la Liste 2011 reflète à nouveau les avancées scientifiques les plus récentes et un vaste consensus dans la communauté antidopage », a déclaré  le président de l’AMA, John Fahey. « Comme cela a été le cas lors des années passées, les changements approuvés sont basés sur la réalité du terrain et les connaissances croissantes des pratiques et des tendances en matière de dopage. Ce processus dynamique fonctionne bien. En tant qu’organisation facilitant ce processus, l’AMA remercie toutes les personnes et organisations qui ont offert leur expertise et leurs commentaires. »

Nouvelle section pour les substances non approuvées

La Liste 2011 contient un certain nombre de modifications par rapport à la Liste 2010. En particulier, une nouvelle section – intitulée « Substances non approuvées » – a été ajoutée. Cette section « ouverte » vise à contrer l’abus potentiel, à des fins d’amélioration de la performance, de substances pharmacologiques qui ne sont pas incluses dans d’autres sections de la Liste et qui ne sont pas approuvées par une autorité gouvernementale réglementaire de la santé à des fins d’usage humain thérapeutique (par exemple des substances en développement préclinique ou clinique ou dont le développement a été stoppé). Ces substances seront interdites en tout temps (en et hors compétition).

Par ailleurs, les préparations dérivées des plaquettes, dont l’utilisation par voie intramusculaire est actuellement interdite, seront retirées de la Liste en 2011, en raison du manque actuel de preuves concernant l’utilisation de ces méthodes à des fins d’amélioration de la performance. Les études actuelles sur les préparations dérivées des plaquettes ne démontrent pas de potentiel d’amélioration de la performance allant au-delà d’un effet thérapeutique potentiel. L’AMA continuera cependant de suivre de près les développements dans ce domaine.

Déclarations d’usage

Parmi les autres changements notables, les sportifs n’auront plus à déclarer l’usage de certaines substances non interdites.

Les déclarations d’usage, qui doivent être distinguées des autorisations d’usage thérapeutique (ces dernières autorisant l’utilisation d’une substance interdite), sont actuellement requises pour le salbutamol et le salmétérol par inhalation, les glucocorticoïdes administrés par voie intra-articulaire, périarticulaire, péritendineuse, péridurale, intradermique et par inhalation, ainsi que les préparations dérivées des plaquettes administrées autrement que par voie intramusculaire.

Un sportif qui ne remplit pas de déclaration d’usage ne risque pas de sanction actuellement. Cette exigence administrative a donc été abandonnée.

Nouveaux projets de recherche scientifique

Comme chaque année lors de sa réunion de septembre, le Comité exécutif a approuvé le financement de nouveaux projets de recherche scientifique.

L’AMA a reçu cette année 82 projets impliquant des chercheurs de 24 pays provenant des cinq continents. Après examen, les comités scientifiques et le Comité exécutif ont décidé d’en subventionner 34 à hauteur de 4,6 millions $ US. Depuis 2001, l’AMA aura engagé un total de plus de 54 millions $ US dans des bourses de recherche scientifique.

Les projets sélectionnés contribueront à faire avancer la recherche dans des domaines tels que la détection du dopage génétique, le profilage stéroïdien, les manipulations sanguines, l’identification et la détection de nouvelles tendances en matière de dopage, ainsi que le développement de nouvelles technologies de détection et la mise en place de moyens complémentaires d’analyse de certaines substances et méthodes dopantes actuellement utilisées ou potentiellement intéressantes pour les tricheurs. Les descriptions des projets subventionnés seront publiées sur le site Web de l’AMA quand les contrats auront été signés.

« La recherche scientifique est un domaine important de la lutte contre le dopage dans le sport », a déclaré John Fahey. « L’AMA s’efforce d’améliorer continuellement les méthodes de détection existantes et d’anticiper les tendances. Les récentes avancées en matière de détection du dopage génétique annoncées par des équipes de chercheurs subventionnées par l’AMA démontrent l’importance d’avoir en place un programme de recherche coordonné et global. L’AMA continuera d’investir des ressources importantes dans la recherche et de collaborer étroitement avec des experts externes, l’industrie pharmaceutique et biotechnologique, ainsi que les agences du médicament et les organismes d’évaluation, pour faire progresser davantage la science antidopage. »

Cinq villes candidates à l’organisation de la Conférence mondiale 2013

Les membres ont été informés que l’AMA a reçu cinq candidatures formelles de villes intéressées à organiser la quatrième Conférence mondiale sur le dopage dans le sport à la fin de 2013. Ces villes sont (par ordre alphabétique) Dallas (États-Unis), Johannesburg (Afrique du Sud), Koweït City (Koweït), Ljubljana (Slovénie) et Sotchi (Russie).

Les dossiers de candidature feront l’objet d’un examen de la part de la direction de l’AMA et un rapport sera présenté au Conseil de fondation. Le Conseil de fondation choisira la ville hôte lors de sa réunion du 21 novembre 2010.

La Conférence de 2013 sera l’aboutissement de la prochaine révision du Code mondial antidopage, que l’AMA lancera en 2012. La procédure de révision sera basée sur le modèle de consultation utilisé pour la révision du Code en 2006 et 2007, qui s’est achevée lors de la troisième Conférence mondiale sur le dopage dans le sport tenue à Madrid (Espagne) en novembre 2007.

Localisation des sportifs

Au cours de la réunion d’aujourd’hui, les membres du Comité exécutif ont révisé une nouvelle Note d’introduction sur les exigences en matière de localisation des sportifs. Ce document a été créé par l’AMA pour aider les organisations antidopage à développer et mettre en place des programmes équitables et appropriés de localisation des sportifs et de contrôles.

Au cours des derniers mois, l’AMA a examiné la mise en place pratique par les fédérations Internationales (FI) et les organisations nationales antidopage (ONAD) des règles liées aux informations sur la localisation des sportifs. Cet examen vise à évaluer la manière dont les signataires du Code mondial antidopage appliquent les règles sur la localisation et exercent la latitude qui leur est laissée dans la gestion de leurs groupes cibles de sportifs soumis aux contrôles.

Les résultats d’un sondage envoyé plus tôt cette année par l’AMA aux organisations antidopage a révélé que l’immense majorité des signataires du Code soutiennent le principe de la localisation et rapportent avoir mis en place les règles en la matière avec succès. Cependant, ce sondage a également indiqué qu’il règne encore une certaine incompréhension de la part de certaines organisations antidopage quant à l’objectif des exigences sur la localisation.

La Note d’introduction contribue à clarifier davantage les raisons pour lesquelles la collecte d’informations sur la localisation des sportifs est importante. Cette Note vise également à aider les organisations antidopage dans la mise en place pratique de ces règles. L’AMA continuera de consulter les sportifs et les signataires du Code et présentera de possibles recommandations d’améliorations pratiques lors des réunions de novembre du Comité exécutif et du Conseil de fondation.

Séminaire de réflexion

Le 17 septembre, veille de sa réunion, le Comité exécutif a tenu un séminaire de réflexion pour examiner de manière critique les progrès et les défis de la lutte contre le dopage dans le sport.

Ce séminaire, qui faisait suite à une première réunion de ce type tenue à Oslo en juin 2009, a permis aux membres, à la direction de l’Agence et à des intervenants externes de débattre d’idées qui aideront la communauté antidopage à forger l’avenir.

« L’AMA cherche constamment à améliorer et à renforcer la lutte contre le dopage dans le sport », a expliqué le directeur général de l’AMA, David Howman. « C’est pourquoi nous devons nous remettre en question et pousser les divers acteurs de la lutte contre le dopage à le faire également. Par exemple, que pourrait faire l’AMA différemment? Comment les programmes antidopage peuvent-ils être améliorés dans le monde? Et avec quels moyens? Que peut-on faire pour s’assurer que l’argent investi dans la lutte contre le dopage soit utilisé de manière efficace? Ce séminaire a généré des discussions et des idées fructueuses qui, nous l’espérons, aideront la communauté antidopage à s’améliorer et à se renforcer davantage. »

Ces idées seront discutées plus en détail lors de la prochaine réunion du Comité exécutif.

Prochaines réunions

La prochaine réunion du Comité exécutif de l’AMA se tiendra le 20 novembre 2010 à Montréal. Le Conseil de fondation se réunira le lendemain.