9 Mai 2010
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Le Comité exécutif et le Conseil de fondation de l’AMA approuvent le principe de laboratoires hématologiques pour le Passeport de l’Athlète et soutiennent le système de localisation des sportifs

Le Comité exécutif de l’Agence mondiale antidopage (AMA) a accepté samedi la possibilité d’approuver des laboratoires non accrédités par l’AMA (par exemple des laboratoires de médecine légale ou d’analyse clinique) pour réaliser des analyses de sang dans le cadre du Passeport biologique de l’Athlète.

Cette décision, prise dans le cadre des réunions du Comité exécutif et du Conseil de fondation de l’AMA tenues respectivement samedi et dimanche, fait suite à un certain nombre de demandes de partenaires souhaitant utiliser des laboratoires dûment approuvés par l’Agence mais non accrédités, pour augmenter le nombre de laboratoires dans le monde en mesure de réaliser des analyses de sang dans le cadre du programme du Passeport.

« Cette décision est un pas en avant important que la communauté antidopage saluera », a déclaré le président de l’AMA, John Fahey. « Compte tenu des exigences rigoureuses en place pour assurer les plus hauts standards de qualité dans les laboratoires antidopage, le réseau de laboratoires accrédités par l’AMA est relativement petit. Il n’existe aujourd’hui que 35 laboratoires accrédités dans le monde. L’approbation de laboratoires non accrédités qui satisferont à des standards appropriés offrira aux organisations antidopage qui ont mis en place, ou qui mettront en place, un programme de Passeport biologique de l’Athlète, la possibilité de faire analyser des échantillons de sang dans des régions du monde qui ne disposent pas actuellement de laboratoire accrédité, sans avoir à transporter les échantillons dans d’autres régions. »

Afin de recevoir l’approbation de l’AMA pour réaliser des analyses de sang dans le cadre du Passeport biologique de l’Athlète, les laboratoires hématologiques existants devront satisfaire à un certain nombre de critères. Ceux-ci incluent notamment le soutien d’au moins une organisation antidopage, une accréditation ISO valide, la participation au programme de contrôle de qualité externe de l’AMA, la conformité aux standards de l’AMA pour les analyses de sang, et le respect des exigences en matière de chaîne de sécurité.

Localisation des sportifs
Au cours de leurs deux jours de réunion, le Comité exécutif et le Conseil de fondation se sont également penchés sur l’étude en cours sur la mise en place pratique par les Fédérations Internationales (FI) et les organisations nationales antidopage (ONAD) des règles liées aux informations sur la localisation des sportifs, et ont soutenu le système actuellement en place.

L’étude en cours, que l’AMA a constamment indiqué vouloir réaliser après une année d’application des Standards internationaux de contrôle révisés, vise à évaluer la manière dont les signataires du Code mondial antidopage (le Code) appliquent les règles sur la localisation et exercent la latitude qui leur est laissée dans la gestion de leurs groupes cibles de sportifs soumis aux contrôles. Cet exercice doit permettre à l’AMA de déterminer si des recommandations pratiques sont nécessaires pour aider les partenaires à collecter des informations sur la localisation appuyant des programmes antidopage efficaces.

Les résultats d’un sondage envoyé plus tôt cette année par l’AMA aux organisations antidopage a révélé que l’immense majorité des signataires du Code soutiennent le principe de la localisation et rapportent avoir mis en place les règles en la matière avec succès. En outre, ce sondage a également indiqué qu’il règne encore une certaine incompréhension de la part de certaines organisations antidopage quant à l’objectif des exigences sur la localisation.

« Les informations sur la localisation des sportifs sont un élément essentiel d’un programme de contrôles hors compétition efficace », a commenté le président de l’AMA. « Mais ces informations doivent être utilisées par les organisations antidopage pour mettre en place des programmes de contrôles hors compétition réellement efficaces ciblant des sportifs de pointe, et non pour recevoir des renseignements de la part d’un nombre déraisonnablement haut ou bas de sportifs qu’elles n’utiliseront pas. Les résultats provisoires de l’étude en cours indiquent clairement un besoin de créer des lignes directrices faciles à utiliser pouvant aider les FI et les ONAD à appliquer les règles sur la localisation. Un groupe de travail composé de représentants de divers groupes de partenaires va continuer de consulter les sportifs et les signataires du Code et présentera de possibles recommandations d’améliorations pratiques lors des réunions de novembre du Comité exécutif et du Conseil de fondation de l’AMA. »

Responsabilités en matière de contrôles
Le Comité exécutif a approuvé un protocole visant à renforcer la collaboration entre les organisations antidopage dans le cadre du processus de contrôle du dopage.

L’article 15.1 du Code attribue la responsabilité des contrôles lors des manifestations sportives internationales à l’organisation internationale sous l’égide de laquelle la manifestation est organisée (par ex. le Comité international olympique pour les Jeux olympiques, les Fédérations internationales sportives pour les championnats du monde), alors que les organisations nationales antidopage sont responsables des contrôles lors des manifestations nationales. Par ailleurs, cet article stipule qu’une organisation antidopage peut demander l’autorisation de réaliser des contrôles lors d’une manifestation qui ne se déroule pas sous son égide.

Afin d’encourager une collaboration efficace entre les diverses organisations antidopage, le Comité exécutif a approuvé un protocole formalisant la procédure permettant à une organisation antidopage de demander l’autorisation de réaliser des contrôles. Cette procédure comprend une demande par l’organisation intéressée à l’organisation responsable au moins 35 jours avant le début de la manifestation. En cas de refus ou d’absence de réponse par l’organisation responsable, l’organisation intéressée peut faire une demande à l’AMA au moins 21 jours avant la manifestation, suivie par un contact entre l’AMA et l’organisation responsable, puis une décision finale de l’AMA.
Pour rendre sa décision, l’AMA prendra en compte un certain nombre d’éléments, et notamment le nombre de contrôles prévus pour cette manifestation, la distribution des contrôles, les substances analysées, ainsi que le programme antidopage global de l’organisation responsable. Si l’AMA donne son autorisation à des contrôles supplémentaires, l’AMA pourra offrir à l’organisation responsable la possibilité d’effectuer ces contrôles, à moins que l’Agence ne juge que cette démarche n’est pas réaliste ou inappropriée dans les circonstances du cas.

« Nous pensons que ce protocole fournira à la communauté antidopage un outil supplémentaire allant dans le sens de l’efficacité des contrôles du dopage en compétition », a déclaré le directeur général de l’AMA, David Howman. « En tant qu’organisation indépendante responsable de superviser la lutte contre le dopage dans le sport, l’AMA s’efforce constamment d’encourager la collaboration entre ses divers partenaires. La formalisation de ces lignes directrices est un pas de plus dans cette direction. »

Autres sujets
Les membres, représentant les gouvernements de toutes les régions du monde et le Mouvement olympique, ont également reçu des informations sur les développements les plus récents des activités de l’AMA. En particulier :

• L’AMA a reçu 99% de son budget (24,9 millions US$) en 2009.

• 138 des 193 États membres de l’UNESCO ont désormais ratifié la Convention internationale contre le dopage dans le sport, entrée en vigueur en 2007 – un record de vitesse pour un traité de l’UNESCO.

• La collaboration de l’AMA avec Interpol continue de s’intensifier à la suite de la nomination par le gouvernement français d’un officier de liaison basé au quartier général d’Interpol à Lyon. Cette collaboration comprend notamment l’échange d’informations et d’expertise dans la lutte contre le dopage dans le sport, ainsi que des actions visant à encourager les gouvernements à adopter des lois efficaces contre la distribution et le trafic de substances dopantes.

• A la suite de nouvelles informations reçues par l’AMA quant au possible mésusage de la substance CERA par des sportifs lors des Jeux olympiques d’hiver de 2006, avant que la substance ne soit mise sur le marché, l’AMA a fait parvenir ces informations au Comité international olympique, qui a décidé d’effectuer des analyses supplémentaires sur un certain nombre d’échantillons recueillis lors des Jeux de 2006. Ces analyses sont en cours.

• L’AMA a lancé la semaine passée une nouvelle campagne d’éducation et de sensibilisation, Dis NON! au dopage. L’équipe d’éducation de l’AMA aura une présence importante aux premiers Jeux olympiques de la jeunesse en août à Singapour.

• L’AMA enverra des équipes d’Observateurs indépendants et de sensibilisation aux Jeux du Commonwealth à New Delhi en août et aux Jeux asiatiques à Guangzhou en novembre.

La prochaine réunion du Comité exécutif se déroulera le 18 septembre à Montréal. Le Comité exécutif et le Conseil de fondation se réuniront également les 20 et 21 novembre, respectivement.