2 Décembre 2009
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L’AMA approuve des protocoles et des lignes directrices harmonisés pour le Passeport biologique de l’Athlète

Stockholm – L’Agence mondiale antidopage (AMA) a renforcé de manière importante la lutte contre le dopage dans le sport en introduisant des stratégies supplémentaires lors des réunions de son Comité exécutif et de son Conseil de fondation les 1er et 2 décembre à Stockholm (Suède).

« Alors que l’AMA fête ses dix ans, j’ai été heureux de constater que toutes les parties impliquées dans la lutte contre le dopage reconnaissent le besoin de prendre des mesures additionnelles pour protéger la santé des sportifs et l’intégrité du sport dans le monde entier », a déclaré le président de l’AMA, John Fahey. « Si nous voulons atteindre notre objectif commun d’éradiquer le dopage dans le sport, nous devons continuer d’agir avec détermination et d’innover. Les discussions au cours de ces deux jours de réunions ont indiqué très clairement que toutes les parties sont déterminées à renforcer encore les activités antidopage pour offrir aux sportifs propres une plateforme leur permettant de poursuivre leurs rêves. »

Passeport biologique de l’Athlète

Le Comité exécutif de l’AMA a approuvé des protocoles et des lignes directrices opérationnelles harmonisés pour le Passeport biologique de l’Athlète. Ces protocoles et lignes directrices, qui entrent en vigueur immédiatement, offriront aux organisations antidopage du monde entier un cadre robuste et harmonisé pour mettre en place cette stratégie complémentaire prometteuse dans le cadre de la lutte contre le dopage dans le sport.

Le principe fondamental du Passeport biologique de l’Athlète est basé sur le suivi longitudinal d’un certain nombre de variables biologiques d’un sportif permettant de faciliter la détection du dopage, plutôt que sur la détection directe traditionnelle du dopage. Des variations anormales peuvent mener à l’ouverture de procédures pour violation des règles antidopage ou à des contrôles ciblés, le cas échéant.

« Le Passeport biologique de l’Athlète ajoute un nouvel outil important dans la lutte contre le dopage dans le sport », a déclaré le directeur général de l’AMA, David Howman. « Nous sommes convaincus que ce modèle, jumelé à d’autres stratégies existantes et futures, rendra l’utilisation de substances et méthodes interdites beaucoup plus difficile pour les sportifs qui pourraient encore prendre le risque de se doper. Nous savons que les effets des substances restent détectables plus longtemps dans le corps que les substances elles-mêmes. Le Passeport biologique de l’Athlète permettra à la communauté antidopage de tirer parti de cette situation au travers d’une approche toujours plus biologique et plus globale, similaire à celle utilisée en sciences forensiques. »

En tant qu’organisation internationale indépendante responsable de coordonner et de superviser la lutte contre le dopage dans le sport, l’AMA a pris l’initiative de développer le concept du Passeport de l’Athlète dès 2002. À la suite d’une procédure de consultation étendue impliquant des experts et les organisations partenaires de l’AMA, l’Agence a préparé des lignes directrices, ainsi que des protocoles harmonisés pour la collecte, le transport et l’analyse des échantillons sanguins, de même que pour la gestion des résultats.

Le document qui a résulté de cette consultation – les lignes directrices opérationnelles pour le Passeport biologique de l’Athlète de l’AMA – fournit une vue d’ensemble des principes scientifiques appuyant le module sanguin du Passeport biologique de l’Athlète, ainsi que des conseils pratiques pour la mise en place d’un tel programme. Ce document inclut également des exigences obligatoires pour la collecte, le transport et l’analyse des échantillons sanguins, de même que pour la gestion des résultats – exigences que les organisations antidopage désirant adopter le modèle de l’AMA devront suivre pour assurer une cohérence dans l’application du Passeport et le respect du Code mondial antidopage (Code) et des Standards internationaux associés. Ces documents techniques obligatoires seront incorporés dans les Standards internationaux de contrôle et le Standard international pour les laboratoires de l’AMA.

La mise en place des lignes directrices opérationnelles pour le Passeport biologique de l’Athlète de l’AMA permettra une harmonisation des résultats de suivi de variables dans le cadre du Passeport biologique de l’Athlète, assurant une robustesse scientifique et juridique. Le concept du Passeport biologique de l’Athlète de l’AMA ne diminue cependant en rien la validité et l’efficacité d’autres programmes de suivi longitudinal actuellement menés par un certain nombre d’organisations antidopage. L’objectif du modèle du Passeport biologique de l’AMA est de fournir aux organisations antidopage un cadre robuste et harmonisé pour la poursuite de violations des règles antidopage selon l’article 2.2. du Code (Usage ou tentative d’usage par un sportif d’une substance ou méthode interdite) et d’appuyer des stratégies de contrôles ciblés.

« Nous avons désormais un modèle solide en place », a commenté David Howman. « Nous nous réjouissons de sa mise en application par les organisations antidopage à plus large échelle au cours des prochains mois et des prochaines années. Entretemps, nous continuerons à développer le Passeport en travaillant sur un module endocrinien incluant un profilage stéroïdien. »

Les lignes directrices opérationnelles pour le Passeport biologique de l’Athlète et un document « Questions-réponses » peuvent être consultés dans la section Science & Médecine de notre site Web.

Stratégies d’avenir

Les réunions de Stockholm ont aussi été une occasion pour les membres du Comité exécutif et du Conseil de fondation de l’AMA de discuter d’un certain nombre de stratégies d’avenir pour la lutte contre le dopage, tout en reconnaissant les progrès importants réalisés sous l’égide de l’Agence.

Dans son discours lors du repas du jubilé organisé par l’AMA et le gouvernement suédois le 1er décembre, en présence de leurs Majestés le Roi et la Reine de Suède, le président de l’AMA a mis en garde contre toute autosatisfaction et complaisance, et souligné quelques-unes des priorités pour l’avenir.

« Nous devons mettre au centre de nos efforts un programme d’éducation basé sur des valeurs », a dit M. Fahey. « Les jeunes d’aujourd’hui seront les dirigeants de demain, et nous devons leur transmettre des valeurs indélébiles qui leur permettront de ne pas céder à la tentation d’utiliser des substances dangereuses pour la santé et pour leur vie en général. »

« Nous devons nous concentrer sur des programmes de contrôles plus intelligents. La dernière décennie nous a montré que la qualité est plus importante que la quantité de contrôles. La qualité des contrôles provient de la collecte d’informations, qui repose en grande partie sur les agences chargées de l’application de la loi. Nous devons collaborer avec ces agences et travailler avec nos partenaires des gouvernements pour changer et réformer les lois nationales afin de permettre l’élimination de la production et du trafic de substances interdites au travers des frontières et d’utiliser les codes criminels nationaux pour agir contre les fournisseurs. »

« Nous devons également collaborer avec nos partenaires des gouvernements pour incorporer nos messages dans les programmes scolaires. Et nous devons continuer d’accorder une grande importance à la recherche scientifique ciblée. »

Recherche en sciences sociales

Au cours de sa réunion du 1er décembre, le Comité exécutif a approuvé des bourses de recherche en sciences sociales. Le programme de recherche en sciences sociales de l’AMA, lancé en 2005, vise à appuyer le développement de programmes d’éducation antidopage en utilisant une approche scientifique.

« Il est essentiel que les programmes et les initiatives antidopage de l’AMA soient basés sur des connaissances scientifiques », a expliqué le directeur général de l’AMA David Howman. « Comprendre les aspects comportementaux et les jugements de valeur liés au dopage nous aideront à développer et à diffuser des programmes d’éducation antidopage basés sur des valeurs. »

Dans le cadre de son programme de recherche en sciences sociales, l’AMA a reçu cette année 30 demandes de subventions pour 30 projets provenant de 21 pays. Le Comité exécutif a approuvé des bourses à hauteur de 145 000 $ US au total pour les projets sélectionnés, ainsi qu’un montant de 50 000 $ US pour la recherche ciblée en 2010.

Budget

Le Conseil de fondation a approuvé un budget de 25,9 millions $ US pour l’AMA en 2010. Cette augmentation mineure de 4 % par rapport au budget de 2009 résulte de l’accroissement d’un certain nombre d’activités, et notamment des responsabilités accrues de l’AMA en relation avec le Code, telles que la supervision de la conformité au Code et les appels au Tribunal arbitral du sport.

À ce jour, l’Agence a reçu 99 % de son budget 2009 (24,9 millions $ US). Le financement de l’AMA provient à parts égales des gouvernements et du Mouvement sportif. Le Comité international olympique (CIO), au nom du Mouvement olympique, verse dollar pour dollar l’équivalent des contributions des gouvernements.