11 Mai 2008
Bookmark and Share

L’AMA réalise des avancées dans la mise en place de sa stratégie liée aux enquêtes et renforce les aspects techniques des programmes de lutte contre le dopage

L’Agence mondiale antidopage (AMA) a réalisé des avancées importantes dans la mise en place de diverses stratégies dans le cadre de la lutte contre le dopage dans le sport, à l’occasion des réunions de son Comité exécutif et de son Conseil de fondation ce week-end.

Le Conseil de fondation a notamment discuté de l’importance des enquêtes dans le cadre du renforcement de la lutte contre le dopage. « Notre stratégie liée aux enquêtes, lancée en 2006, se fonde sur la constatation que les contrôles ne suffisent pas à démasquer tous les tricheurs, et que les preuves obtenues par des agences chargées de l’application de la loi et d’autres agences gouvernementales, partagées de manière légale et appropriée avec les autorités sportives et antidopage, peuvent contribuer à la découverte de violations des règles antidopage qui pourraient autrement échapper à la détection », a commenté le président de l’AMA, John Fahey.

A cette fin, l’AMA a organisé au début du mois de mai à Sydney, en collaboration avec le gouvernement australien, un troisième symposium sur les enquêtes, qui a réuni des représentants du monde du sport, de gouvernements et d’agences chargées de l’application de la loi, et d’autres participants de haut niveau de différents pays, afin de poursuivre le développement de protocoles pour le partage de preuves et d’informations entre les diverses parties. Ces protocoles seront finalisés au cours des prochains mois.

Rôle des gouvernements dans la lutte contre le dopage

L’importance de l’engagement actif des gouvernements dans la lutte contre le dopage a été soulignée une nouvelle fois au cours des réunions. « Les autorités publiques prennent à cœur la responsabilité qu’elles ont de lutter contre le dopage », a reconnu John Fahey. « Elles en font la preuve par leurs contributions et leur participation au travail de l’AMA, mais aussi par de nombreuses autres activités au niveau national. Les gouvernements reconnaissent que les sportifs d’élite ne sont pas les seules victimes des effets délétères du dopage, et que le dopage touche aussi les jeunes et la société au sens large, dans le monde entier. Nous avons affaire à un problème de santé publique qui doit être combattu vigoureusement. »

Au 10 mai 2008, les gouvernements avaient versé plus de 87% de leurs contributions financières pour 2008 à l’AMA—un chiffre en ligne avec le versement de leurs contributions en 2007 et 10% plus élevé que le montant reçu à cette même période en 2006. Le Comité international olympique (CIO), au nom du Mouvement olympique, verse dollar pour dollar l’équivalent des contributions gouvernementales.

L’AMA a également annoncé le lancement d’un projet mené en collaboration avec l’UNESCO, visant à obtenir les législations des pays qui proscrivent la production, la distribution et la possession de substances améliorant la performance. « Tous les pays ne traitent pas la fabrication, l’utilisation et la distribution de substances dopantes de la même façon », a noté le président de l’AMA. « Cette disparité ralentit les efforts internationaux visant à lutter contre le trafic des substances interdites par la communauté internationale dans le cadre de la Liste des interdictions. Le projet commun AMA-UNESCO nous aidera à avoir une image plus claire de la situation actuelle et à encourager les pays ne disposant pas aujourd’hui de mécanismes adéquats dans ce domaine à réviser leurs lois. »

La Convention internationale de l’UNESCO contre le dopage dans le sport—approuvée à l’unanimité par 191 pays lors de la Conférence générale de l’UNESCO en octobre 2005, et ratifiée à ce jour par 83 États—stipule que les gouvernements doivent s’assurer que des lois contre la production et la distribution de substances dopantes soient en place, que les sanctions contre les contrevenants soient suffisamment dissuasives et que celles-ci soient appliquées adéquatement.

Dans le même cadre, le Comité exécutif de l’AMA a approuvé la signature d’un protocole d’entente avec Interpol, la plus grande organisation de police du monde, visant à formaliser la collaboration entre les deux organisations et à identifier des domaines de coopération plus spécifiques dans la lutte contre le trafic de substances améliorant la performance. Ce protocole d’entente sera maintenant renvoyé à Interpol pour être signé par les organes exécutifs de cette dernière organisation.

Conformité au Code mondial antidopage

L’AMA a présenté au Conseil de fondation un rapport provisoire sur la conformité au Code mondial antidopage. 2008 est la première année au cours de laquelle les signataires du Code doivent rendre compte officiellement de leur respect du Code à l’AMA. L’AMA attribue à ses signataires la responsabilité de rendre compte de leur situation tous les deux ans et d’expliquer, s’il y a lieu, les motifs de leur non-conformité. En novembre de cette année, l’AMA rapportera pour la première fois, par l’intermédiaire de son Conseil de fondation, les cas de non-conformité à ses partenaires ayant juridiction pour imposer des sanctions, notamment le Comité international olympique (CIO). La Charte olympique a été amendée en 2003 pour stipuler que l’adoption du Code par le Mouvement olympique est obligatoire, et que seuls les sports respectant le Code peuvent être inclus ou rester dans le programme des Jeux olympiques.

« L’AMA collabore étroitement avec ses partenaires pour leur fournir des informations et des modèles les aidant à combler les possibles lacunes dans leurs programmes, et notre objectif est que tous les partenaires mettent en place des programmes antidopage entièrement conformes au Code pour protéger et servir les sportifs propres dans le monde entier », a expliqué John Fahey. « Nous espérons que toutes les organisations antidopage qui ne sont pas encore entièrement conformes au Code effectueront les adaptations nécessaires pour remplir leurs responsabilités envers les sportifs. »

Code révisé et Standards internationaux

Le président de l’AMA a loué le travail considérable réalisé par les partenaires et l’équipe de l’AMA dans le cadre de la vaste consultation menée pour la révision du Code et des Standards internationaux. « Tous les efforts ont été faits au cours des deux dernières années pour encourager les partenaires à nous faire partager leur expérience et leurs conseils, afin de renforcer les règles et procédures antidopage. Cette tâche monumentale a été menée à bien en respectant tous les avis, et avec pour objectif de servir toutes les personnes et organisations intéressées à protéger l’intégrité du sport et la santé des sportifs », a souligné John Fahey.

Depuis son adoption en 2003 par le Mouvement sportif et les gouvernements comme le cadre de la lutte contre le dopage harmonisée dans le sport, le Code s’est révélé être un outil juste et efficace pour lutter contre le dopage. L’AMA a lancé en avril 2006 une procédure de révision du Code et des Standards basée sur l’expérience accumulée afin de les adapter à la pratique et à l’évolution de la lutte contre le dopage et de renforcer les programmes antidopage dans le monde entier. La procédure de révision du Code a duré 18 mois et inclus trois phases de consultation formelles et la publication de trois versions provisoires successives du Code pour commentaires. En outre, des représentants de l’AMA ont tenu plus de 40 réunions avec divers partenaires ou groupes de partenaires et donné plus de 70 présentations. La procédure de consultation a été publiée et s’est déroulée de façon transparente, au travers notamment du site Internet de l’AMA et de communications directes avec les partenaires, et les commentaires reçus par l’AMA ont été publiés sur le site Internet de l’Agence.

En parallèle à la révision du Code, l’AMA a lancé une mise à jour des Standards internationaux, destinés à assurer une harmonisation entre les organisations antidopage (OAD) responsables des différentes parties techniques et opérationnelles des programmes antidopage. Le respect de ces Standards internationaux est obligatoire pour les signataires du Code mondial antidopage.

Le Comité exécutif a approuvé les Standards internationaux de contrôle (SIC) révisés. Ceux-ci sont destinés à assurer une approche standardisée des OAD en matière de planification de contrôles efficaces et de préservation de l’intégrité et de l’identité des échantillons. Les SIC couvrent les éléments suivants des contrôles: planification de la distribution des contrôles; notification aux sportifs; préparation et réalisation des prélèvements d’échantillons; sécurité et administration post-contrôles; et transport des échantillons. En outre, les SIC révisés précisent plus spécifiquement les exigences pour les OAD pour l’établissement de groupes cibles de sportifs soumis aux contrôles et la collecte des informations sur la localisation des sportifs, essentiels pour l’efficacité des contrôles hors compétition sans préavis.

Le Comité exécutif a également approuvé le Standard international pour l’autorisation d’usage à des fins thérapeutiques révisé.

Ces Standards internationaux révisés, ainsi qu’un nouveau Standard international pour la protection des renseignements personnels qui sera présenté au Comité exécutif lors de sa prochaine réunion en septembre 2008, entreront en vigueur le 1er janvier 2009, en même temps que le Code révisé.

Jeux de Pékin

Le président de l’AMA a rendu compte de sa visite en Chine en avril 2008. « Sur la base de nos observations et de nos discussions, je dois dire que les autorités chinoises et le CIO sont bien avancés et préparent un programme antidopage étendu et de haute qualité pour Pékin. L’AMA se réjouit de jouer un rôle de soutien en participant au groupe de travail chargé de coordonner les contrôles pré-Jeux avec le CIO et le comité d’organisation, et en envoyant aux Jeux une mission d’Observateurs indépendants chargés de superviser les procédures de contrôle du dopage pendant les Jeux. Par ailleurs, notre programme de sensibilisation des sportifs sera présent à Pékin durant les Jeux pour sensibiliser les sportifs et les officiels aux dangers et aux conséquences du dopage et promouvoir le sport propre. »

Science et médecine

Dans le domaine de la science, l’AMA a initié la collaboration avec des organisations externes telles que des sociétés pharmaceutiques et des agences du médicament, pour améliorer l’identification précoce de substances potentiellement dopantes parmi les nouveaux médicaments en développement. De même, un partenariat a été mis en place avec la Fédération internationale de médecine du sport (FIMS) pour la sensibilisation des médecins du sport aux substances dopantes.

Passeport de l’Athlète

Le Comité exécutif de l’AMA a recommandé la poursuite de la stratégie de l’AMA dans le cadre du Passeport de l’Athlète. Plus précisément, l’AMA poursuivra sa triple approche dans ce domaine, comprenant la recherche, l’harmonisation et la supervision. En matière de recherche, l’AMA continuera son engagement dans divers programmes de recherche et de développement pour faire avancer la science derrière ce concept. Conformément à son mandat général d’harmonisation de la lutte contre le dopage, l’Agence fournira une aide et une assistance aux organisations antidopage intéressées à mettre en place cette méthode de suivi de paramètres biologiques de sportifs en continuant à affiner, renforcer et harmoniser divers éléments pratiques liés à cette méthode (par exemple des protocoles d’analyse et un module spécifique dans le système ADAMS pour la gestion des données). Enfin, l’AMA supervisera la mise en place de ces programmes pour assurer leur conformité au Code.

Responsabilités en matière de gestion des résultats

Le Comité exécutif a demandé à la direction de l’AMA de formaliser avec les Fédérations internationales et les organisations nationales antidopage une procédure liée aux responsabilités en matière de gestion des résultats, et d’examiner notamment les critères assurant une cohérence et une harmonie dans les procédures gérées par les OAD, y compris en matière de sanctions et d’appels. Cette question a été soulevée lors d’une discussion à propos des coûts de procédures judiciaires assumés par l’AMA dans des cas où des FI n’ont pas entièrement assumé leurs responsabilités antidopage dans leur sport et ont laissé l’Agence prendre en charge les coûts et les ressources nécessaires à un appel.

Éducation

L’AMA a annoncé une nouvelle initiative dans le domaine de l’éducation. Soulignant le fait que l’éducation, et notamment l’éducation destinée aux jeunes, est essentielle dans la prévention du dopage et un travail de longue haleine, l’AMA a initié le développement d’un programme d’éducation de la jeunesse fondé sur les valeurs de l’esprit sportif. Ce programme comprend des activités basées sur des scénarios permettant de prendre des décisions en ligne avec ces valeurs, dans un environnement interactif et ludique.

ADAMS

ADAMS, le système d’administration et de gestion antidopage sous forme de base de données en ligne, est utilisé par un nombre toujours croissant de partenaires. L’évolution du système et les améliorations régulièrement apportées ont fait l’objet de présentations lors des réunions de ce week-end.

Développement antidopage

Les membres du Conseil de fondation de l’AMA ont également été informés du développement des diverses organisations régionales antidopage (ORAD) dans le monde. Dans le cadre de ce programme, l’AMA facilite la création d’ORAD assumant la responsabilité des activités antidopage dans des régions du monde sans programmes antidopage établis ou développés jusqu’alors. Dans ces régions, l’AMA travaille en collaboration avec des partenaires pour regrouper les ressources et l’expertise nécessaires et lancer des activités d’éducation et de contrôles. A ce jour, 15 ORAD ont été créées dans diverses régions du monde, réunissant un total de 122 pays. Le but ultime est une couverture mondiale en termes de programmes antidopage harmonisés et de qualité.

Statuts

Le Comité exécutif de l’AMA a demandé à la direction de l’Agence d’examiner l’Article 7 des Statuts de l’AMA, afin de déterminer s’il existe une ambigüité nécessitant une révision.


Contact pour les médias:

Frédéric Donzé, Responsable, Relations médias & Communication
Téléphone : + 1-514-904-8820
Courriel : frederic.donze@wada-ama.org