7 Janvier 2019
Bookmark and Share

Une équipe d'experts de l'AMA retournera à Moscou

Une équipe de trois experts de l’Agence mondiale antidopage (AMA) doit arriver en Russie le 9 janvier avec la mission d’accéder aux données du Système de gestion de l'information des laboratoires et aux données analytiques sous-jacentes de l’ancien laboratoire de Moscou et de les extraire.

L’accès à ces données ainsi que leur authentification et leur analyse subséquentes demeurent cruciaux pour ce qui est de monter des dossiers solides contre les tricheurs et d’exonérer les autres sportifs soupçonnés d’avoir participé au dopage généralisé, sur la base des enquêtes antérieures soutenues par l’AMA et dirigées par Richard W. Pound et le professeur Richard H. McLaren.

Le 31 décembre 2018 était la date d’échéance avant laquelle l’Agence antidopage de Russie (RUSADA) et les autorités russes devaient donner accès à ces données, comme condition assortie à la décision du 20 septembre 2018 du Comité exécutif de l’AMA de réintégrer RUSADA dans la liste des signataires conformes au Code mondial antidopage. Cette échéance n’a pas pu être respectée, du fait que les cinq membres de la mission précédente, menée du 17 au 21 décembre, ont été incapables d’accéder aux données en raison d’un enjeu soulevé par les autorités russes, soit que l’équipement utilisé pour l’extraction des données devait être conforme à la loi russe. Cet enjeu a depuis été réglé par les autorités russes.

Le Comité indépendant de révision de la conformité (CRC) doit se réunir les 14 et 15 janvier afin d’examiner le statut de conformité de RUSADA. La recommandation du CRC sera ensuite étudiée par le Comité exécutif dans le cadre d’une réunion extraordinaire qui se tiendra par conférence téléphonique au cours des jours suivants.

« Durant l’élaboration du Standard international pour la conformité au Code des signataires (SICCS), tous les partenaires tenaient à ce que la déclaration de non-conformité d’un signataire soit une mesure de dernier ressort, à prendre seulement après qu’on aura donné toutes les occasions au signataire de se conformer et qu’il aura omis de les saisir, indique le président du CRC, Jonathan Taylor, c.r. Le processus énoncé dans le Standard, entré en vigueur en avril 2018, reflète cette ferme volonté des partenaires. Par conséquent, sachant que le CRC reçoit régulièrement des informations tardives de la part de signataires avant ses réunions, informations qui peuvent ou non démontrer leur conformité à des exigences en suspens, ce cas ne sera pas traité différemment des autres. Le Comité examinera en détail toutes les informations soumises par RUSADA et les autorités russes, l’équipe d’audit de l’AMA ayant visité RUSADA à la mi-décembre, les équipes d’experts en extraction de l’AMA, ainsi que le Groupe de travail interne sur la conformité de l’AMA. Il émettra ensuite sa recommandation au Comité exécutif de l’AMA, de façon entièrement indépendante, sans aucune influence extérieure, comme nous l’avons toujours fait. »

« Bien que l’AMA soit tenue, en vertu du SICCS, de donner toutes les occasions à RUSADA de se conformer, nous continuons d’agir sur la base du non-respect de l’échéance du 31 décembre, avec toutes les conséquences que cela pourrait entraîner a déclaré le président de l’AMA, Sir Craig Reedie. La mission de cette semaine à Moscou ne découle pas seulement de notre volonté de suivre la procédure et les façons de faire établies. Si l’équipe de mission réussit à extraire les données, elle dénouera une impasse de longue date et pourrait permettre de donner suite à de nombreux dossiers. Quoi qu’il en soit, dans un premier temps, le Comité exécutif déterminera si RUSADA doit conserver son statut de conformité au Code, aux côtés des autres organisations antidopage et grandes nations sportives qui bénéficient de ce même statut. »

En ce qui concerne les prochaines étapes du processus, comme il est prévu dans le SICCS, si le CRC recommande au Comité exécutif que RUSADA soit déclarée non conforme et que le Comité exécutif est d’accord, l’AMA doit en aviser RUSADA. Si RUSADA devait contester la déclaration de non-conformité de l’AMA, elle aura 21 jours pour en informer l’AMA, et le dossier sera ensuite porté à l’attention du Tribunal arbitral du sport, qui rendra une décision définitive.