10 Novembre 2017
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L'AMA en possession de nouvelles informations concernant le laboratoire de Moscou

Aujourd’hui, l’Agence mondiale antidopage (AMA) a informé son Comité exécutif et son Conseil de fondation qu’à la fin d’octobre, son département indépendant Renseignements et enquêtes a acquis de nouveaux éléments d’information concernant le laboratoire de Moscou qui était accrédité par l’AMA auparavant. Plus précisément, le département Renseignements et enquêtes est en possession d’un fichier électronique qu’il croit fermement être la base de données du Système de gestion de l’information des laboratoires (SGIL) du laboratoire de Moscou, c’est-à-dire l’ensemble des données sur les contrôles effectués de janvier 2012 à août 2015.

Le 18 juillet 2016, l’enquête indépendante McLaren de l’AMA a confirmé les allégations selon lesquelles il y avait eu manipulation institutionnalisée des procédures de contrôle du dopage avant, durant et après les Jeux olympiques et paralympiques de Sotchi 2014, allégations qui avaient été faites par Grigory Rodchenkov, ancien directeur du laboratoire de Moscou. Dans son rapport, le professeur Richard McLaren explique la manière dont le laboratoire de Moscou, en totale violation du Standard international pour les laboratoires (SIL) de l’AMA, signalait toutes les analyses positives au ministère des Sports qui, en retour, émettait un ordre « sauver » ou « mettre en quarantaine ». En cas d’ordre « sauver », le laboratoire enregistrait l’échantillon comme étant négatif dans le Système d’administration et de gestion antidopage (ADAMS), et le sportif concerné voyait ses résultats positifs ainsi dissimulés. En recoupant ces nouveaux renseignements, les conclusions de l’Enquête McLaren et ce qui a été enregistré dans ADAMS, l’AMA a pu étayer son dossier de preuves.

« L’AMA continue d’appuyer fermement les conclusions de l’enquête indépendante McLaren, affirme Craig Reedie, président de l’AMA. Ces nouveaux renseignements renforcent notre démarche visant à ce que les autorités russes reconnaissent elles aussi publiquement ces résultats, de sorte que nous puissions tous aller de l’avant pour regagner la confiance du public à l’égard du sport en Russie. »

Actuellement, le département Renseignements et enquêtes de l’AMA finalise l’analyse criminalistique de l’énorme fichier de sauvegarde et évalue la pertinence des informations qu’il contient. Il prévoit être en mesure de fournir de plus amples renseignements aux réunions du Comité exécutif et du Conseil de fondation de l’AMA, qui se tiendront respectivement les 15 et 16 novembre prochains.

Dans l’intervalle, l’AMA a informé de la situation les Commissions Schmid et Oswald du Comité international olympique (CIO), et s’engage à communiquer en temps opportun ces nouveaux renseignements ainsi que tout autre développement dans l’Enquête McLaren aux organisations antidopage concernées.

En ce qui concerne les prochaines étapes immédiates :

Aujourd’hui, le Comité indépendant de révision de la conformité (CRC) a pris connaissance de ces nouveaux renseignements, qui sous-tendront la recommandation qu’il entend présenter au Conseil de fondation de l’Agence le 16 novembre, à savoir s’il faut ou non déclarer l’Agence antidopage de Russie (RUSADA) conforme au Code mondial antidopage (le « Code »). 

Le Conseil de l’AMA a déclaré RUSADA non conforme en novembre 2015, à la suite de révélations sur un dopage étendu dans le sport en Russie par la Commission indépendante Pound de l’AMA. Depuis, l’Agence a travaillé assidûment avec RUSADA afin de bâtir un programme antidopage solide et durable en Russie. À cette fin, l’AMA a convenu d’une Feuille de route vers la conformité au Code, qui précise les critères de rétablissement auxquels RUSADA doit satisfaire avant que le CRC de l’AMA puisse recommander au Conseil de l’AMA de déclarer que RUSADA respecte de nouveau le Code. La plupart des critères ont été remplis, sauf pour les deux critères clés suivants :

  1. Les autorités responsables de la lutte contre le dopage en Russie doivent accepter publiquement les résultats publiés de l’Enquête McLaren.
  2. Le gouvernement russe doit donner aux entités appropriées l’accès aux échantillons et aux données électroniques conservés au laboratoire de Moscou, qui sont sous scellés en raison d’une enquête fédérale.

Comme il s’agit d’une enquête en cours, l’AMA ne fournira aucune information additionnelle pour le moment.