Questions-réponses - Liste 2012 des interdictions

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Quels changements principaux la Liste 2012 des substances et méthodes interdites comporte-t-elle par rapport à la Liste 2011?


Ajout du formotérol à titre d’exception aux bêta-2 agonistes

L’une des modifications les plus importantes apportées à la Liste 2012 est le retrait du formotérol par voie inhalée à des doses thérapeutiques de la section 3 sur les bêta-2 agonistes.

À la suite des résultats de recherches et en réponse aux préoccupations exprimées par les membres de la communauté sportive, le formotérol par voie inhalée à des doses thérapeutiques n’est plus interdit.

La Liste interdit la prise de tous les bêta-2 agonistes, sauf le salbutamol (maximum 1600 microgrammes par 24 heures), le salmétérol par inhalation et désormais le formotérol (maximum 36 microgrammes par 24 heures).

La question des bêta-2 agonistes continuera de faire l’objet de recherches à l’AMA afin d’assurer que la prise de ces substances à fortes doses ou par voie systémique soit évitée et interdite, mais que les soins et traitements appropriés aux sportifs asthmatiques soient facilités.

La nicotine ajoutée au Programme de surveillance

Afin de déceler les tendances potentielles d’abus, la nicotine a été ajoutée au Programme de surveillance 2012 de l’AMA.

L’objectif de l’AMA n’est PAS de cibler les fumeurs, mais de surveiller les effets de la nicotine sur la performance lorsqu’elle est prise sous forme de produits du tabac comme le snus (tabac en poudre humide).

La nicotine constitue l’un des nombreux stimulants ajoutés au Programme de surveillance, en plus des narcotiques suivants : l’hydrocodone et le tramadol. Les glucocorticostéroïdes hors compétition ont a également été ajoutés au programme.

En vertu de l’article 4.5 du Code mondial antidopage, l’AMA doit établir un programme de surveillance portant sur des substances ne figurant pas sur la Liste des interdictions, mais qu’elle souhaite néanmoins surveiller pour pouvoir en déterminer la prévalence d’usage dans le sport.

Alcool et bêta-bloquants

À la suite de la demande de la Fédération internationale des Quilleurs (FIQ), l’alcool n’est plus interdit dans la discipline des neuf quilles et dans la discipline des dix quilles.

À la suite d’évaluations par l’AMA et de discussions avec les partenaires, le bobsleigh et le skeleton, le curling, le pentathlon moderne, le motocyclisme, la voile et la lutte ont également été retirés de la liste des sports dans lesquels les bêta-bloquants sont interdits.

Substances non approuvées

La section S0 – Substances non approuvées – a été déplacée dans la section « Substances interdites » afin de préciser qu’elle n’englobe pas les « Méthodes interdites ».

Afin d’étendre la portée de cette section et de préciser les substances couvertes, des exemples ont été ajoutés.

L’inclusion de substances dans la section S0 ne s’appliquera que lorsque toutes les autres catégories auront été considérées comme non pertinentes. Les substances incluses dans la section S0 sont considérées comme spécifiques.

Quel est le statut du clenbutérol?

Le clenbutérol est une substance interdite en permanence qui ne comporte pas de niveau seuil.

À l’heure actuelle, et à la lumière des avis d’experts, l’AMA ne prévoit pas d'introduire de niveau seuil pour cette substance.

Il se peut que, dans certaines circonstances, la présence d’un faible niveau de clenbutérol dans l’échantillon d’un sportif puisse être le résultat d’une contamination alimentaire. Cependant, chaque cas est différent et tous les facteurs doivent être pris en compte selon le contexte.

En vertu du Code mondial antidopage, la gestion des résultats des cas prévoit qu’un sportif a la possibilité d’expliquer comment une substance interdite a pénétré dans son organisme.

L’AMA collabore étroitement avec les pays, les fédérations internationales et les organisations responsables de grandes manifestations sportives afin de réduire les risques de contamination en analysant la viande des restaurants et hôtels officiels. Cette responsabilité incombe aux gouvernements et non à l’AMA.

Quel est le statut de la méthylhéxaneamine?

La méthylhéxaneamine (MHA), parfois présentée comme de la diméthylamylamine, reste interdite en compétition à titre de stimulant spécifié dans la section 6.b.

Cette substance fait partie de la catégorie des stimulants depuis 2004, année où l’AMA est devenue responsable de la Liste. Elle avait été classée à nouveau sur la Liste 2011 à titre de substance spécifiée.

La méthylhéxaneamine a été vendue comme médicament jusqu’au début des années 70. Elle possède des propriétés médicinales, mais, à la connaissance de l’AMA, n’a pas été vendue comme telle depuis.

Quel est le rapport entre l’essence de géranium et la méthylhéxaneamine (MHA)?

De récentes études ont clairement démontré que l’essence de géranium naturelle ne contient pas de méthylhéxaneamine (MHA) et que son utilisation ne peut être considérée comme étant la source de MHA, ou de ses métabolites apparentés, dans un échantillon d’urine prélevé aux fins d’antidopage.

La méthylhéxaneamine (MHA) est une substance pharmacologique classée comme stimulant qui a été commercialisée jusqu’au début des années 70. Elle est réapparue il y a quelques années en vente libre sur certains marchés et en ligne comme composant de suppléments alimentaires.

La MHA est interdite en tant que stimulant dans la section S6.b. de la Liste des substances et méthodes interdites 2012.

Les sportifs doivent être conscients que la MHA a été mise en vente sous plusieurs appellations, notamment essence de géranium.

Quel est le statut de la caféine?

Aucune modification n’a été apportée au statut de la caféine depuis l’année passée. La caféine a été retirée de la Liste des interdictions en 2004. Son utilisation dans le sport n’est pas interdite.

La caféine est incluse dans le  Programme de surveillance de l’AMA. Ce programme présente les substances qui ne sont pas interdites dans le sport, mais que l’AMA souhaite surveiller pour pouvoir en déterminer la prévalence d’usage dans le sport.

Les Programmes de surveillance de l’AMA 2010 et 2011 n’ont pas révélé de tendance globale de mésusage de la caféine dans le sport, bien qu’on observe une augmentation significative de sa consommation au sein de la population sportive.

Quel est le statut de l’actovegin?

Aucune modification n’a été apportée au statut de l’actovegin depuis l’année passée. L’actovegin n’est pas interdite dans le sport hormis si elle est utilisée par perfusion intraveineuse.

Les perfusions intraveineuses sont interdites en conformité avec la section M2  de la Liste des interdictions de l’AMA (Manipulation chimique et physique).

Les injections intraveineuses sont autorisées si la substance injectée ne figure pas sur la Liste des interdictions, si le volume n’excède pas 50 mL et si les injections intraveineuses sont effectuées à des intervalles équivalents ou supérieurs à six heures.

Des informations supplémentaires se trouvent dans le document intitulé « Informations médicales - Perfusions intraveineuses » (en anglais), accessible ici.

L’actovegin est du sérum de veau déprotéinisé et filtré et ne contient pas de cellules sanguines susceptibles d’augmenter le transport sanguin. Cette substance a été testée par des laboratoires antidopage et ni de l’hormone de croissance ni des hormones interdites n’y ont été trouvées.

L’Agence est au courant de son utilisation dans certains sports, possiblement en conjonction avec d’autres substances qui pourraient être interdites. L’AMA continuera de surveiller de près l’actovegin.

Qu’est-ce qu’une substance spécifiée?

Une substance spécifiée est une substance qui permet, sous des conditions définies, de justifier une réduction plus importante d'une suspension de deux ans lorsque le contrôle du sportif quant à cette substance est positif.

Le but est de reconnaître qu'il est possible qu’une substance se retrouve dans le corps d'un sportif par inadvertance, ce qui accorde au tribunal une certaine souplesse pour déterminer la sanction.

Les substances spécifiées ne sont pas nécessairement des agents de moindre gravité à des fins de dopage que les autres substances interdites. Leur présence ne dégage pas le sportif du principe de la responsabilité objective qui signifie que chaque sportif est objectivement responsable des substances décelées dans son échantillon.

Cependant, il est plus vraisemblable que la présence de ces substances puisse s’expliquer par une cause crédible non liée au dopage, tel que spécifié dans l'article 10.4 du Code mondial antidopage.

Cette plus grande probabilité est écartée dans le cas de certaines substances comme les stéroïdes et les hormones de croissance humaine. C’est pourquoi ces dernières ne font pas partie de la catégorie des substances spécifiées.